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Drouot Richelieu
SVV Binoche et Giquello
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Le Maréchal Ney (1769-1815) reste dans l’histoire et les mémoires celui qui fut nommé par l’Empereur « le brave des braves ». Michel Ney s’engagea dans les hussards à l’âge de dix-neuf ans et son intrépidité lui fit gravir rapidement tous les grades militaires jusqu’à être nommé général de brigade en 1796. Général de division en 1799, il fut élevé à la dignité de maréchal d’Empire lors de la première promotion en 1804. Napoléon le fit Grand Aigle de la Légion d’honneur en 1805, duc d’Elchingen en 1808 et prince de la Moskowa en 1813. Ce titre princier fut décerné à Michel Ney pour la bataille victorieuse mais meurtrière, livrée près de Borodino, et pour son commandement héroïque durant la retraite de Russie en 1812. En 1814, après l’abdication de Napoléon, Ney se rallia aux Bourbons. À l’annonce du retour de l’Empereur, il le rejoignit alors qu’il avait fait serment de l’arrêter. Après la défaite de Waterloo, Ney fut arrêté, jugé pour trahison, condamné à mort et fusillé le 7 décembre 1815. Il fut réhabilité qu’en 1831. Parmi les nombreux souvenirs historiques présentés lors de cette vente, plus d’une centaine proviennent de la collection Ney d’Elchingen et de la Moskowa et évoquent plusieurs membres de cette illustre famille. Le moment le plus attendu de la vacation sera sans doute la mise à l’encan de l’habit et du manteau de cour du Maréchal Ney. Cet habit, en velours de soie profusément brodé de fils dorés, accompagné d’un manteau en velours de soie bleu foncé à larges revers en soie damassée blanche également brodé de fils dorés forment une tenue qui était réservé aux les grandes cérémonies à la cour impériale. Cet ensemble, seul répertorié en mains privées, a été exposé au Musée de l’Armée à Paris de 1964 à 2008. Son importance artistique et historique est telle qu’habit et manteau ont été dernièrement classés Trésor National par le Ministre de la Culture et de la Communication. Ils sont mis en vente à la même estimation, 350 000 / 400 000 €, puis seront vendu avec faculté de réunion.
Autre souvenir emblématique, le célèbre portrait du Maréchal attribué à Jean Sébastien Rouillard, également exposé au Musée de l’Armée de 1964 à 2008, estimé 90 000/ 120 000 €. Jusqu’à présent, cette oeuvre était attribuée au baron François Gérard (1770-1837), célèbre portraitiste de la cour impériale ayant réalisé de nombreux portraits de maréchaux. Notre tableau fut peut être exécuté par Jean Sébastien Rouillard d’après un portrait du Maréchal Ney par le baron Gérard.
Parmi les prestigieuses décorations du Maréchal, les insignes de Grand-Aigle de la Légion d’honneur, étoile en or de la création dite du premier type, à cinq rayons doubles à pointes non pommetées, susciteront sans nul doute l’enthousiasme des collectionneurs. Récompense suprême, la grande décoration dans l’ordre de la Légion d’honneur instituait le retour aux usages des anciens ordres de chevalerie : un cordon, large ruban de soie moirée rouge porté en écharpe, auquel était attachée une étoile de grande dimension et, cousue sur le côté gauche de l’habit, une broderie d’argent reprenant la forme de l’insigne. L’étoile en or de Grand-Aigle de la Légion d’honneur était, à cette époque, de très grande dimension ; contrairement aux aigles d’or du 1er type, ses pointes étaient pommetées et la couronne végétale n’était pas apparente entre les doubles pointes de ses branches. Aussi l’étoile du Grand Aigle du maréchal Ney, en reprenant exactement l’aspect des aigles d’or du 1er type - pointes non pommetées et couronne végétale ininterrompue – semble être un modèle inédit. Elle est estimée 100 000 / 150 000 €. Cette décoration est accompagnée d’une plaque pour habit par Martin-Guillaume Biennais, orfèvre attitré de Napoléon Ier, en broderie d’applique en relief, formant une étoile à cinq branches à doubles pointes appliquées de paillettes en argent disposées en écaille. (30 000 / 40 000 €) Ces deux décorations provenaient de la célèbre collection L.B. , le plus important collectionneur français d’ordres de chevalerie, et avaient été acquises directement auprès Michel Georges Napoléon Ney (1905-1969), 5e duc d’Elchingen et 6e prince de la Moskowa (1933).
Parmi les souvenirs des autres membres de la famille Ney d’Elchingen et de la Moskowa figure un important tableau sur la campagne du Mexique durant le Second Empire, par Jean-Adolphe Beaucé (1818-1875). Cette huile sur toile intitulée « La bataille de Hierba-Buena (Mexique) », représente le 1er escadron de la contre-guérilla française, aux ordres du capitaine-commandant Michel Aloÿs Ney d’Elchingen, 3e duc d’Elchingen , engagé contre un régiment de lanciers mexicains au rancho Hierba-Buena, le 8 juin 1865. Signée et datée J.A. BEAUCÉ. 1867, en rouge en bas à droite, elle sera mise en vente à partir de 25 000 / 35 000 €. Plus émouvant, les amateurs remarqueront également un portrait miniature ovale peint à la gouache et aquarelle sur ivoire par Pierre-Louis Boubier (1765-1836), représentant la maréchale Ney, duchesse d’Elchingen (3 000 / 5 000 €). Ou encore un précieux petit cadre de la maison Karl Fabergé, offert à la princesse de la Moskowa, de forme carrée à pourtour en vermeil présentant une mèche de cheveux élégamment lovée et nouée en forme de C sur une plaque en ivoire (4 000 / 6 000 €). Cet encadrement porte les poinçons de la maison Karl Fabergé, de l’orfèvre Anders Nevalainen et de titre pour Saint-Pétersbourg 1896-1908.
Vente aux enchères publiques - Drouot Richelieu - salle 2 : Mercredi 20 juin 2012 à 14 h
Expositions publiques : Mardi 19 juin 2012 : 11h-18h Mercredi 20 juin 2012 : 11h-12h
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Calendrier des ventes
