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Oscar Wilde "Two tales". Laque de Dunand, d'après Schmied

Drouot RichelieuMercredi 5 décembre 2012

Binoche et Giquello

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Annonces de vente

UN EXCEPTIONNEL ENSEMBLE DE 100 VOLUMES RÉUNIS PAR L’UN DES MEILLEURS SPÉCIALISTES DE LA PÉRIODE NOUS RÉVÈLE LES SPLENDEURS DU LIVRE ILLUSTRÉ ART DÉCO.


En rupture radicale avec la conception du livre illustré d’avant-guerre, la révolution Art Déco du livre est le fait d’un artisan de génie, François-Louis SCHMIED (1873-1941).

Graveur sur bois, typographe, imprimeur, éditeur, concepteur de reliures, il est, à partir de 1924 et durant une dizaine d’années, le représentant essentiel d’une esthétique nouvelle. Il possède un atelier de reliures dont il conçoit les décors, en faisant intervenir, pour les plus abouties d’entre elles, son ami Jean DUNAND, qui en couvre les plats de précieux laques.

 

Hommage au groupe DUNAND-GOULDEN-JOUVE-SCHMIED, la collection dévoile l’exceptionnelle créativité de ces artistes, mise en commun au service du Livre et des reliures qui l’habillent de leur magnificence raffinée.

 

Sensible à leur magie, le collectionneur n’hésitera pas à rassembler plusieurs exemplaires du même livre, dans des reliures aux décorations subtilement diverses, faisant intervenir les techniques les plus variées : émail sur argent, laque sur cuivre, sur ivoire, sur ébonite, ou rarissimes plaques en dinanderie.

 

• 4 exemplaires du premier livre illustré par SCHMIED : VIGNY, « Daphné », 1924

- L’exemplaire de Schmied lui-même, dans une reliure exécutée d’après une de ses maquettes

- Deux autres exemplaires reliés par CREUZEVAULT et CRETTÉ, toujours d’après SCHMIED

- L’exceptionnel exemplaire apparu à la vente Manoukian, orné d’un grand décor émaillé de Jean GOULDEN, d’après SCHMIED, l’une des rarissimes reliures laquées sur cuir, plats et dos.

 

• Pas moins de 9 exemplaires du « Cantique des cantiques », 1925, le chef-d’œuvre de SCHMIED, dont l’un relié d’après Pierre LEGRAIN, les autres présentant divers spécimens de laques de DUNAND sur métal, ébonite et ivoire.

 

• 3 exemplaires de « Climats » de la Comtesse de NOAILLES, dont l’exemplaire de Jacques André, dans une reliure laquée, enrichie de 2 gouaches et 4 aquarelles originales.

 

• 2 exemplaires de « Histoire charmante de l’adolescente Sucre d’Amour », l’édition tirée sur Japon à 25 exemplaires, enluminés dans les ateliers de laquage de Jean DUNAND, et un autre avant la mise en couleurs.

 

• 2 exemplaires de « Peau brune », récit du voyage entrepris par DUNAND et SCHMIED, entre Saint-Nazaire et La Ciotat, sur le fameux bateau de SCHMIED décoré par DUNAND, dont l’un des exemplaires est orné d’un magnifique laque couvrant tout le plat et enrichi d’une somptueuse gouache originale de SCHMIED.

 

• 4 exemplaires des « Deux Contes » d’Oscar WILDE, deux de l’édition en anglais, tirée à 20 exemplaires, l’un avec deux magnifiques laques à la coquille d’œuf, et deux avec le texte français dans une très étonnante reliure dessinée par Paul BONET, et laquée par Dam Bui, indochinois spécialiste du laque, établi à Paris.

 

Citons encore, parmi les volumes les plus remarquables :

 

• MARDRUS, Ruth et Booz, décoré par SCHMIED, 1930, dans une spectaculaire reliure à décor en or martelé

 

• Charles GUÉRIN, « Le Centaure et la Bacchante », illustré par CHADEL, reliure de CRETTÉ, ornée aux contreplats de deux plaques en dinanderie de Jean DUNAND.

 

• HOMÈRE, « L’Odyssée », édition illustrée par SCHMIED, publiée par l’Automobile Club de France, 4 volumes imprimés sur vélin, ornés chacun d’un laque de Bernard DUNAND, fils de Jean, d’après les dessins de SCHMIED.

 

• HUYSMANS, « À rebours », illustré par LEPÈRE, 1903, dans une très précieuse reliure de Pierre LEGRAIN, à mosaïque de maroquin, laque, nacre et coquille d’œuf.

 

L’ensemble compose un extraordinaire panorama que les amateurs de la période Art Déco, bibliophiles ou non, découvriront avec étonnement et admiration.

 

En dehors des reliures de SCHMIED et de CRETTÉ, relieur attitré de l’artiste avant la création de son propre atelier, la collection réunit des reliures décorées de Pierre LEGRAIN, CREUZEVAULT, René KIEFFER, Paul BONET, CANAPE, Robert BONFILS, André MARE, MAROT-RODDE.

 

De nombreuses gouaches originales, dessins, ou rares suites de gravures, enrichissent encore les exemplaires.

 

FÉLIX MARCILHAC

 

Félix MARCILHAC, né à Paris le 20 novembre 1941, Chevalier de la Légion d’Honneur, est un spécialiste de réputation internationale dans le domaine de l’Art Nouveau et de l’Art Déco.

 

Licencié ès Sciences Économiques, ancien élève de l’Institut des Sciences Politiques, titulaire d’un DESS et d’un DEA en Histoire de l’Art, il est également l’un des professionnels assermentés auprès de la Cour d’Appel de Paris. Il est sollicité par la plupart des commissaires-priseurs français pour leurs ventes publiques, afin de rédiger et garantir les descriptifs des catalogues des spécialités Art Nouveau et Arts décoratifs du XXe siècle.

 

Il a organisé des expositions d’art français à l’étranger, en a rédigé les catalogues et a donné des conférences dans les musées tout en assurant, durant plusieurs années, un enseignement d’Histoire de l’Art dans des cours privés ou pour de futurs commissaires-priseurs, comme professeur auxiliaire à l’École du Louvre.

 

Initiateur du musée René LALIQUE à Suwa, Japon, il en a été l’expert et le conseiller accrédité et il a rédigé le catalogue raisonné de l’œuvre de verre de LALIQUE. De plus, il est l’auteur d’articles et d’études publiés dans des magazines français et internationaux et d’ouvrages de fond faisant autorité, avec des livres aussi différents et incontournables que ceux sur le peintre orientaliste Jacques MAJORELLE, le catalogue raisonné du sculpteur animalier Édouard-Marcel SANDOZ, et celui du sculpteur dinandier laqueur Jean DUNAND.

Il a rédigé également le catalogue raisonné du sculpteur Chana ORLOFF, un ouvrage consacré à André GROULT, une somme consacrée à Paul JOUVE, en 2005, ainsi que le catalogue raisonné du sculpteur cubiste Joseph CSAKY, en 2007, un livre sur l’œuvre de l’ensemblier décorateur des années 30, DOMINIQUE, en 2008. Il prépare actuellement un ouvrage sur Maurice MARINOT, maître verrier.

 

 

PIÈCES PHARE

 

- CANTIQUE DES CANTIQUES (Le). Traduction de Ernest Renan. Paris, F.-L. Schmied, Peintre-Graveur-Imprimeur, 74 bis rue Hallé, 1925. In-8, maroquin brun foncé, encastrant et recouvrant les plats, laques traités en matière rouge-brun, sur le premier plat grappe de raisins se détachant sur un fond coquille d’œuf surmontée d’un papillon vert à ornements argentés, doublure de maroquin gris foncé orné d’un décor géométrique de jeux de filets dorés, différent sur chaque contreplat, non rogné, gardes de soie vieux rose, couverture, chemise demi-maroquin, étui (G. Cretté succ. de Marius Michel – Laque de Dunand d’après F.-L. Schmied).

 

L’un des livres majeurs de la période Art Déco et le chef-d’œuvre de F.-L. Schmied, qui a entièrement conçu et réalisé l’édition.

 

Cette édition, établie par F.-L. Schmied sur l’initiative d’un groupe d’amateurs, a été tirée à cent dix exemplaires, les six premiers étant des exemplaires de collaborateurs et comportant une double suite des gravures.

 

L’ornementation, la composition et l’ordonnance de cet ouvrage sont l’œuvre de F.-L. Schmied qui en a également exécuté la gravure sur bois et l’impression sur ses presses à bras. Collaborateur : Pierre Bouchet, graveur et pressier.

 

L’illustration, lettrines, bandeaux et in-texte, se compose de bois originaux en couleurs, rehaussés d’or et d’argent.

 

Tirage à 110 exemplaires sur vélin. Celui-ci n° 35.

 

MERVEILLEUSE RELIURE ORNÉE DE LAQUES SUR ÉBONITE DE JEAN DUNAND D’APRÈS UNE COMPOSITION DE FRANÇOIS-LOUIS SCHMIED. LE RAFFINEMENT DE LA COMPOSITION EN PARTIE TRAITÉE À LA COQUILLE D’OEUF ET LA PROFONDEUR DONNÉE AU LAQUE TRAITÉ EN MATIÈRE EN FONT UN OBJET D’ART D’UNE EXCEPTIONNELLE SÉDUCTION.

 

Estimation : 50 000 €

 

- WILDE (Oscar). Two tales. Paris, F.-L. Schmied, Engraver-Printer, 74 bis, Hallé Street, 1926. 2 volumes in-4, dont l’un de suites, maroquin gris, décor géométrique différent pour chaque volume, dessiné par des listels de maroquin blanc, noir, bleu ou beige, quelques pièces bleues plus importantes, deux grands laques en doublure du volume de texte, gardes de faille bleue, non rognés, chemises demi-maroquin, étui (F. L. S. – Laque J. D.).

 

Édition avec le texte anglais, tirée à 20 exemplaires seulement, celui-ci un des 5 réservés aux collaborateurs (n° II).

 

Elle compte la même illustration que l’édition en français tirée à 162 exemplaires.

 

Exemplaire de François-Louis Schmied, relié pour lui-même dans son atelier. La reliure est ornée d’un décor géométrique dessiné par lui et enrichie sur les contreplats pour le volume de texte de deux importants laques à fond coquille d’œuf de Jean Dunand d’après ses compositions ; l’un d’entre eux porte sa signature. Ces laques représentent l’un le rossignol et l’autre la rose, sujets du second conte de Wilde.

 

Le second volume, qui comprend les suites en noir et en couleurs sur Japon de toutes les compositions, a reçu une doublure de maroquin bleu et des gardes de soie à décor de fleurs. Manque un hors-texte dans la suite en noir.

 

Chaque volume et l’étui portent l’ex-libris gravé de Schmied.

 

Est reliée en tête de ce volume LA GOUACHE ORIGINALE DE SCHMIED POUR LE LAQUE qui représente le rossignol.

 

Un exemplaire du même livre en reliure de Schmied, orné aux contreplats de deux laques de Dunand de même inspiration (hirondelle – rose), a fait partie des bibliothèques Daniel Sicklès (II, 1963, n° 273) et Henri M. Petiet (V, 1994, n° 199). Il n’est pas répertorié par Félix Marcilhac dans l’œuvre de Dunand.

 

Estimation : 30 000 €

 

- HUYSMANS (Joris-Karl). À rebours. Paris, pour les Cent Bibliophiles, 1903. In-8, maroquin camel, occupant les deux plats, organisée autour de trois points alignés verticalement, composition géométrique mosaïquée de portions d’arcs-de-cercles de matériaux divers : maroquin vert, beige ou bleu, laque noir, nacre, coquille d’œuf, quelques points dorés ; dos orné de fleurons de points dorés juxtaposés, doublure de maroquin noir orné de rangées de gros points dorés, gardes de moire noire, non rogné, couverture et dos, étui (Pierre Legrain).

 

CHEF-D’ŒUVRE D’AUGUSTE LEPÈRE, CE LIVRE MARQUE LE RENOUVEAU DE LA GRAVURE SUR BOIS EN COULEURS.

 

Pour cette entreprise à laquelle il consacra trois années, Lepère dessina et grava 220 bois qu’il dissémina sur toutes les pages du livre. Leur facture et leurs coloris, souvent en plusieurs teintes dégradées, se ressentent de l’influence du japonisme.

 

Pour ce livre qui se classa dès sa parution parmi les plus beaux livres illustrés jamais produits, Georges Auriol dessina le caractère typographique qui porte son nom et dont c’est la première apparition. Il a été gravé par Georges Peignot.

 

Huysmans écrivit pour cette édition, parue près de vingt ans après la première, la célèbre préface-manifeste, ici en édition originale, qui marque sa séparation d’avec l’École naturaliste, et dans laquelle il explique sa conception nouvelle de la littérature, et y revendique sa conversion.

 

Tirage à 130 exemplaires sur papier vergé.

 

Exemplaire imprimé pour Auguste Lepère (n° 106).

 

EXTRAORDINAIRE RELIURE DE PIERRE LEGRAIN, UNIQUE DANS TOUTE SON OEUVRE, mosaïque abstraite de matériaux aussi divers que la coquille d’œuf, le laque, la nacre et le maroquin.

 

Cette reliure, si différente de toutes les autres, nous incite à nous interroger sur sa conception : si du point de vue formel on peut, la rapprocher de certaines céramiques de Camille Fauré (voir vente Lesieutre 1968), il convient de nous remémorer cette profession de foi de Pierre Legrain : À mon avis, une reliure n’a pas en elle-même de signification, le plat d’un livre n’est qu’un frontispice qui en résume l’âme et nous prépare à sa lecture par le choix d’une nuance ou d’un signe.

 

Jugement particulièrement éclairant dans le cas de cette reliure baroque et précieuse, qui résume en effet l’univers de des Esseintes, et annonce son goût des matières rares et des objets mystérieux et sophistiqués ; le pendant en quelque sorte de sa célèbre tortue glacée d’or, à la carapace incrustée des pierres les plus rares dont, nous dit Huysmans, le mélange devait produire une harmonie fascinatrice et déconcertante.

 

Estimation : 40 000 €

 

- VIGNY (Alfred de). Daphné. Paris, chez F. L. Schmied Peintre-Graveur-Imprimeur, 1924. In-4, veau entièrement laqué, grand décor de quatre pyramides occupant le premier plat et débordant sur le dos et sur le second plat, l’une au palladium, l’autre grise et les deux restantes couvertes de motifs géométriques d’argent et de couleurs, titre en noir sur le premier plat, larges bandes de laque unie ocre, brune et noire passant sur le second plat, un astre en coquille d’œuf et limaille d’or se détache sur un ciel brun, doublure de soie mouchetée or, gardes de soie métallisée, non rogné, couverture et dos, chemise demi-maroquin, étui (G. Cretté succ. de Marius Michel).

 

Cette édition des quatre lettres de Daphné, due à l’initiative du docteur Amédée Baumgartner, a été établie par F.-L. Schmied qui en a conçu l’ordonnance et l’ornementation, gravé les planches sur bois et exécuté le tirage sur ses presses à bras à 140 exemplaires numérotés et signés. Pressier : Pierre Bouchet.

 

L’illustration de Schmied comprend une couverture, 49 bois en couleurs dont 5 à pleine page, 25 bandeaux et culs-de-lampe et 19 grandes lettres ornées, le tout en partie rehaussé d’argent.

 

Achevé le jour de la Noël 1924, c’est le premier livre important de Schmied, d’une architecture fortement affirmée, la typographie dans un très grand corps comprise entre deux listels monochromes ou quelques fins bandeaux. La majesté des lettres ornées, de tailles très diverses atteignant parfois jusqu’à la hauteur de la page, renvoie à celle des lettres ornées des manuscrits très anciens dont Schmied s’est toujours dit être un admirateur convaincu.

 

SUPERBE ET TRÈS EXCEPTIONNELLE RELIURE, ENTIÈREMENT LAQUÉE, PLATS ET DOS, PAR JEAN DUNAND, D’APRÈS UNE COMPOSITION DE FRANÇOIS-LOUIS SCHMIED, DONT ELLE PORTE LA SIGNATURE.

 

Cette technique de cuir laqué fut très vite abandonnée par Dunand à cause de la friabilité du laque aux charnières, et l’on ne connaît que de très rares spécimens. La collection de Félix Marcilhac n’en présente pas moins de trois.

 

Exemplaire n° 7, de Léon Comar (vente 1951, n° 143). Il est enrichi d’une gouache originale à pleine page de Schmied, signée, de la maquette originale pour les deux plats et le dos de la reliure, signée par Schmied, et conservée dans une chemise cartonnée à rabat placée dans l’étui, du prospectus et du bulletin de souscription ([qui] sera envoyé à Mr le Dr Baumgartner …). Le prix de souscription était de 700 francs.

 

Estimation : 40 000 €

 

- MARDRUS (Jacques-Charles). Le Paradis musulman, selon le texte et la traduction du Dr J. C. Mardrus. Paris, F.-L. Schmied, Peintre, Graveur, Imprimeur, 1930. In-folio, maroquin brun, sur tout le premier plat grande composition de multiples fleurs stylisées traitées en mosaïque de maroquin de diverses couleurs, or et argent, doublure et gardes de faille moirée bleue, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, chemise demi-maroquin, étui ( F. L. S.).

 

Édition originale, tirée sur Japon à 157 exemplaires, plus 20 exemplaires de collaborateurs. Celui-ci, exemplaire n° I, enrichi d’une suite en couleurs et d’une suite en noir de toutes les illustrations. Les deux suites, tirées à 25 exemplaires, sont justifiées par Schmied I/II.

L’illustration, l’ornementation et la typographie sont de F.-L. Schmied. La gravure sur bois, l’impression ont été exécutées dans ses ateliers et sous sa direction.

 

L’illustration en couleurs de Schmied comprend 31 illustrations, dont la couverture, 7 pleines pages, 23 dans le texte.

 

La souscription précise que la maquette du livre a été exposée à la galerie Georges Petit en décembre 1927, le livrée étant achevé d’imprimer le 31 octobre 1930.

 

EXTRAORDINAIRE RELIURE MOSAÏQUÉE SIGNÉE DE SCHMIED, représentant un grand parterre de fleurs stylisées multicolores évocation des jardins féériques du texte.

 

C’est, à notre connaissance, le plus important décor mosaïqué dû à l’atelier de Schmied, et l’une des plus étonnantes réalisations du genre, dont l’exécution, parfaite, n’a rien à envier à la richesse de l’invention.

 

Estimation : 30 000 €

 

- LOUŸS (Pierre). Les Chansons de Bilitis. Paris, Collection Pierre Corrard, 1922. Grand in-4, veau entièrement laqué, plats et dos de couleur verte, les plats divisés en quatre triangles se recouvrant comme une enveloppe, le supérieur noir, l’inférieur orné de morceaux de nacre, les deux latéraux de coquille d’œuf, dos orné du titre à l’or à la chinoise ; doublure présentant une composition géométrique à la coquille d’œuf sur fond noir, dans un large encadrement de coquille d’œuf sur fond rouge, sur le tout décoration de carrés, lignes et rayons à l’or mat ; gardes de soie noire brochée de fils métalliques dorés, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étui (René Kieffer – Jean Dunand).

 

La plus spectaculaire édition illustrée des Chansons de Bilitis, parfaitement conçue par Pierre Corrard.

 

Couverture et 38 illustrations en couleurs de George BARBIER, dont 18 à pleine page.

 

Cet ouvrage, dû à l’initiative de Pierre Corrard, mort pour la France en 1914, a été terminé par Madame Pierre Corrard, illustré et ornementé par George Barbier, gravé sur bois par François-Louis Schmied qui l’a achevé d’imprimer sur ses presses à bras le 30 septembre 1922, Pierre Boucher étant pressier.

 

La splendide composition du texte en lettres capitales, telles celles des stèles, et les ornements de Barbier tirés en ocre, vert ou bleu renforcent le caractère «antique» du texte.

 

Tirage à 125 exemplaires sur vélin d’Arches, celui-ci n° 124.

 

Exemplaire enrichi d’un bois érotique en couleurs tiré à 40 exemplaires, justifié et signé par Schmied, et d’une maquette de reliure non signée mais probablement de Schmied. Cette maquette, ornée d’une grande gouache représentant deux femmes, semble bien préparatoire à l’exécution d’un laque.

 

EXTRAORDINAIRE RELIURE EN VEAU ENTIÈREMENT LAQUÉ, PLATS, DOS, ET CONTREPLATS. SON DÉCOR DE COQUILLE D’ŒUF ET NACRE ET SES ADMIRABLES CONTREPLATS REHAUSSÉS D’OR EN FONT UN OBJET DU PLUS GRAND RAFFINEMENT ET DE LA PLUS GRANDE DISTINCTION, ET, CHEF-D’ŒUVRE DU GENRE, L’UNE DES PIÈCES MAITRESSES DE LA RELIURE DE SON ÉPOQUE.

 

Cette technique de cuir laqué fut très vite abandonnée par Dunand à cause de la friabilité du laque aux charnières, et l’on ne connaît que de très rares spécimens. La collection de Félix Marcilhac n’en présente pas moins de trois.

 

Estimation : 80 000 €

 

- KIPLING (Rudyard). Le Livre de la jungle, traduit de l’anglais par Louis Fabulet et Robert d’Humières. Paris, Société du livre contemporain, 1919.  In-4, maroquin brun, sur le premier plat grand médaillon en laque et coquille d’œuf représentant Mowgli et Bagheera, filet à froid intérieur, doublure et gardes de soie peinte de motifs évoquant des feuillages, tranches dorées sur témoins, couverture, chemise demi-maroquin, étui (G. Cretté succ. de Marius Michel – Laque de Dunand d’après F. L. Schmied).

 

Première édition collective réunissant le premier et le second livre.

 

Elle est illustrée de 130 compositions en couleurs de Paul Jouve, en collaboration avec François-Louis Schmied qui les a gravées sur bois et tirées sur ses presses à bras. Pierre Bouchet, pressier.

 

Éditée par le Livre contemporain, son exécution, commencée sous la direction de Pierre Dauze et Olivier Sainsère, fut terminée sous celle de H. Michel-Dansac.

 

Achevée d’imprimer le 11 novembre 1918, elle a été tirée à 125 exemplaires.

 

Il est décoré d’un splendide laque en coquille d’œuf, représentant Mowgli et Bagheera.

 

Il est enrichi de 2 dessins originaux de Paul Jouve (un aigle, un grand dessin aquarellé représentant un paon), un dessin au crayon signé de Schmied et légendé par lui croquis pour « chiens rouges » représentant Mowgli sur une branche. Il contient également 11 épreuves d’états, signées et légendées par Schmied : 5 épreuves d’essai, 2 gravures de première interprétation à recommencer, 2 gravures recommencées et 2 gravures tirées par Schmied.

 

Estimation : 40 000 €

 

- MARDRUS (Jacques-Charles). Histoire charmante de l’adolescente Sucre d’amour, grand Conte oriental inédit du Dr J. C. Mardrus. F. L. Schmied, Peintre. Graveur. Imprimeur, 74 bis rue Hallé, 1927. In-4, maroquin aubergine, sur le premier plat laque vertical représentant Sucre d’amour en pied, nue, jeu de filets dorés en bordure du laque, en pied deux filet dorés horizontaux, gras et maigre, passent sur le dos et le second plat, doublure de nubuc beige, gardes de faille à décor de fleurettes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, chemise demi-maroquin, étui (F. L. S. – Laque J. D.).

 

REMARQUABLE ILLUSTRATION EN COULEURS DE FRANÇOIS-LOUIS SCHMIED. Le trait des planches a été gravé sur bois ; la peinture en a été exécutée, d’après les originaux, dans les ateliers de laquage de Jean Dunand.

 

Cette illustration se compose d’une couverture illustrée, un frontispice, 7 illustrations à pleine page, une grande planche dépliante formant un triptyque, 29 bandeaux horizontaux dont 22 grands, la plupart en-tête, 32 lettrines ornées ou petites vignettes dans le texte, 6 petits bandeaux verticaux et de nombreux bandeaux et lettres mis en couleurs et dorés.

 

Cette édition a été entièrement réalisée par F.-L. Schmied, qui en a conçu la typographie et l’a imprimée sur ses presses.

 

Très beau laque de Jean Dunand, d’après une composition de François-Louis Schmied, signé de ce dernier. Il représente, sur un fond corail poudré d’or, Sucre d’amour en pied, nue, tenant une colombe exécutée en coquille d’œuf, d’après la composition de Schmied pour la couverture.

 

TIRAGE UNIQUE à 25 EXEMPLAIRES SUR JAPON, SIGNÉS PAR SCHMIED.

 

Exemplaire de Jacques André (n° IX), comprenant une suite en noir sur Japon de tous les bois. Les 7 grandes compositions, mais non le triptyque, portent la signature autographe de Schmied.

 

Estimation : 60 000 €

 

Dossier de presse disponnible sur demande

 

 

Vente aux enchères publiques - Drouot Richelieu - salle 2 :

Mercredi 5 décembre 2012

 

Expositions publiques :

 

12 Drouot

12 rue Drouot - 75009 Paris

Vendredi 30 novembre de 10h à 18h

Samedi 1er décembre de 10h à 18h

Lundi 3 décembre de 10h à 18h

 

Drouot Richelieu

Mardi 4 décembre 2012 : 11h-18h

Mercredi 5 décembre 2012 : 11h-12h

 

CONTACTS