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14 décembre 2016
Record mondial pour un cachet chinois adjugé 21 millions d'euros
Pierre Bergé & Associés
Expert : Alice Jossaume, Cabinet Portier

Très attendu, un cachet impérial chinois d'époque QIANLONG (1736-1795), le lot n° 36, vendu par la maison Pierre Bergé & Associés, s'est envolé. Devant une salle comble, de nombreux enchérisseurs se sont affrontés pour acquérir le précieux objet. Il fallut près d'un quart d'heure avant que le marteau conclut l'enchère à 21 000 000 € en faveur d'un collectionneur chinois. Cette adjudication constitue à ce jour un record mondial pour un cachet et la plus haute enchère de l'année 2016 pour un objet d'art.

Ce cachet impérial en stéatite beige et rouge comporte, au revers, l’inscription en zhuanshu 乾隆御筆之寶 (Qian Long Yu Bi Zhi Bao). Les quatre côtés sont sculptés en relief de kuilong et décorés de dragons stylisés et archaïques. Le cachet est surmonté de neuf dragons lovés les uns contre les autres. Parmi les nuages, ils pourchassent la perle sacrée, symbole du pouvoir impérial et de l’immortalité. Si le nombre « neuf » est associé au pouvoir masculin, le dragon, lui, symbolise l’autorité impériale.

La culture du cachet en Chine est devenue florissante au cours des dynasties Ming et Qing. Parmi les douze empereurs de la dynastie Qing, l’empereur QIANLONG (1736-1795) se distingua à la fois pour le grand nombre de ses cachets impériaux et pour leurs qualités d'exécution remarquables. Plus de 1800 cachets lui auraient appartenu, dont 700 ont disparu et un millier sont conservés au Musée de la Cité Interdite.

Les cachets varient par leur taille et leur forme et les matériaux dont ils sont composés. La stéatite dans laquelle celui-ci est travaillé provient de la ville de Shou shan dans la province de Fujian. Cette variété de pierre est restée longtemps sous-estimée ; néanmoins, depuis le milieu de la dynastie Ming, elle a été de plus en plus prisée par les lettrés pour la fabrication de leurs cachets, à tel point qu’à l’époque de l’empereur Qianlong la stéatite de Shou shan est devenue une des pierres de cachets les plus précieuses.

Provenant d'une collection particulière, il est demeuré dans la même famille depuis. En effet il a été acquis à la fin du XIXe siècle par un jeune collectionneur engagé médecin dans la Marine. Sa carrière le fera voyager à travers tous les océans et tous les continents, cela lui donnera l'occasion de séjourner à plusieurs reprises en Chine. Son goût, sa culture et les amitiés qu’il a nouées au fil des années lui ont permis de choisir des objets avec soin.

H_9 cm L_10,5 cm P_10,5 cm
Bande : H_4,2 cm
 

Autre belle adjudication avec un record mondial pour la vague Katsushika HOKUSAI (1760-1849) : l'oban yoko-e de la série «Fugaku sanjurokkei», une planche «Kanagawa-oki nami-ura» signée, représentant la grande vague à Kanagawafut fut adjugée 288 680 €. Réalisée vers 1830-32, elle fut éditée par Nishimuraya Yohachi (Eijudô) et le cachet de collectionneur est coupé. (Lot n° 58)

Puis, l'oban yoko-e de la série «Fugaku sanjurokkei», les trente-six vues du Mont Fuji, planche «Sanka haku-u», tempête au sommet du Fuji, trouva preneur pour 151 620 €. Elle fut éditée par Nishimuraya Yohachi (Eijudô) et le cachet de collectionneur est coupé. (Lot n° 59)

Une statuette de Guhyasamaja décupla son estimation et partit à 164 080 €. Ce bronze doré incrusté de cabochons de turquoises à trois têtes et six bras fut réalisé au Tibet, au XVIIIe siècle. (Lot n° 107)
 



© photos : Pierre Bergé & Associés