>>> Voir les catalogues des ventes aux enchères >>> Voir les résultats de ventes aux enchères >>> Avantages de l'abonnement à la Gazette Drouot
ameublement, objets de collection, tableaux anciens, tableaux modernes
672 000 euros frais compris. Suite de 3 flambeaux
672 000 euros frais compris. Suite de 3 flambeaux du XVIIe siècle, dits "à la financière"
528 000 euros frais compris. Lucio Fontana (1899-1968), Concetto spaziale, Attese, peinture à l'eau sur toile, 1963. 46,5 x 60,5 cm. Record français pour l'artiste.
Cette vacation qui rapportait 2,4 Meuros frais compris en moins de 70 lots était dominée par 2 résultats à 6 chiffres : les 560 000 euros obtenus par une suite de 3 flambeaux en argent doré, réalisés à Paris en 1677-1678 par Pierre Ier Masse (voir encadré p. 19), et les 440 000 euros recueillis par une peinture à l'eau sur toile de Lucio Fontana, Concetto spaziale, Attese. Les arts décoratifs du règne de Louis XV étaient également bien représentés. 528 000 euros frais compris. Lucio Fontana (1899-1968), Concetto spaziale, Attese, peinture à l'eau sur toile, 1963. 46,5 x 60,5 cm. Record français pour l'artiste.La moitié des 2,4 Meuros frais compris récoltés au cours de cette vente l'était par deux numéros du catalogue : une suite de 3 flambeaux en argent doré, réalisés à Paris en 1677-1678 par Pierre Ier Masse, qui était adjugée 560 000 euros (voir encadré page de droite), et la peinture à l'eau sur toile de Lucio Fontana reproduite, Concetto spaziale, Attese, vendue 440 000 euros. Selon la base de données Artnet, il s'agit du plus haut résultat enregistré en France par une œuvre de cet artiste. Cette toile, estimée 150 000 euros, obtient un prix de niveau international. En octobre dernier, à Londres, une toile de 1961 de mêmes dimensions, également rouge et lacérée cinq fois, décrochait 276 800 £ frais compris (409 710 euros, Christie's), le 2 décembre chez Lempertz, une toile rouge de 1967 légèrement plus grande (73 x 60 cm) s'échangeant contre 420 000 euros au marteau. En France, dans les années spéculatives, une toile de 1965, Concetto spaziale (66 x 55 cm), réalisait 1,1 MF (221 870 euros en valeur réactualisée, 7 octobre 1989, Verrières-le-Buisson, étude Martin du Nord- Bouvet). En juin 1995, une huile sur toile (65 x 50 cm) rouge, pourvue d'une lacération, suscitait 438 000 euros frais compris (76 623 euros en valeur réactualisée, Paris, Tajan). Retrouvons d'autres avant-gardes avec, à 56 000 euros, une estimation dépassée, Ard Matter (21,5 x 17 cm), le collage de 1947 de Kurt Schwitters reproduit dans l'encadré page 25 de la Gazette n° 4. Bascule (71 x 45,5 x 25 cm), une sculpture de Jean Tinguely en fer et bois, animée par un moteur électrique, respectait à 40 000 euros son estimation haute. Plus classique, le Pont de Paris avec grue et péniche sur le quai d'Austerlitz (54 x 75,5 cm), une huile sur toile réalisée vers 1875 par Armand Guillaumin, doublait à 70 000 euros son estimation. Pour les dessins, retenons à 35 000 euros le Portrait présumé de Sophie de Méneval, baronne Juan De Silveira (34,4 x 26,6 cm), exécuté à la mine de plomb en 1852 par Théodore Chassériau. Du côté du mobilier, la suite de 4 fauteuils du début de l'époque Louis XV reproduite dans l'encadré suscité générait 68 000 euros sur une estimation haute de 50 000. En noyer, ils sont recouverts d'une fine tapisserie d'époque, probablement de Beauvais, à décor fleuri à réserve bleue sur fond jaune. Une vive bataille d'enchères portait à 56 000 euros sur une estimation de 12 000 une paire d'appliques d'époque Louis XV en bronze doré à 2 lumières et aux fûts rocaille, surmontés d'une perruche. La virtuosité du modèle, notamment la manière dont les bras s'enroulent pour tenir le cul-de-lampe des binets, rappelle certaines réalisations de Charles Cressent. Le motif de perruche est de plus particulièrement rare. Un engouement similaire attendait à 52 000 euros un lustre à 16 lumières réalisé au XIXe siècle à partir d'éléments anciens du XIXe siècle (H. 133 cm). En bois tourné et doré et bronze doré, il est richement orné de pendeloques, de rosaces, de perles et de plaquettes pour la plupart en cristal de roche. Signalons encore les 50 000 euros d'une paire de porte-torchères vénitiennes du XVIIIe siècle en bois sculpté, laqué au naturel et doré figurant des Nubiens debout sur des rochers (H. 171 cm). 672 000 euros frais compris. Suite de 3 flambeaux en argent doré, fondu et ciselé. Paris, 1677, 1678. Orfèvre : Pierre Ier Masse. 1,970 kg, H. 20,6 cm.Voilà une adjudication, 560 000 euros, que l'on a plus l'habitude de voir s'afficher sur l'art moderne que sur l'orfèvrerie. L'objet de tant de convoitise est aussi somptueux que rare : une suite de 3 flambeaux «à la financière» de Pierre Ier Masse ayant survécu aux fontes somptuaires. L'un a été réalisé à Paris en 1677, un autre en 1678, le poinçon du troisième étant illisible. La richesse et la qualité de leur répertoire ornemental tout comme le fait qu'ils soient dorés ne sont pas non plus étrangers au résultat obtenu. D'un modèle beaucoup plus simple, une paire de flambeaux «à la financière» en argent (711 g), fondus à Troyes vers 1665-1670 par Nicolas Noël III, était décrochée à 540 000 F (87 475 euros frais compris, Paris, étude Beaussant-Lefèvre) le 28 novembre 2001. Le 5 décembre 2002, toujours «à la financière», une paire de flambeaux exécutés à Rouen, probablement vers 1683, partait à 70 000 euros. Les 560 000 euros remportés par nos 3 flambeaux sont à mettre en regard des 680 000 euros totalisés par 5 lots décrivant 62 pièces, majoritairement des assiettes, appartenant au célèbre service Orloff (14 décembre 2004, Christie's Paris). Cette provenance se distingue également par sa rareté. Sur plus de 3 000 pièces livrées au favori de la grande Catherine entre 1770 et 1772, seulement 169 sont conservées dans des musées russes, 230 étant répertoriées dans le reste du monde, dont les 62 vendues le 14 décembre 2004. La meilleure enchère, 240 000 euros, revenait alors à une paire de cloches avec leur présentoir. La cote d'un gramme de métal des cloches (6,37 kg) du service Orloff s'établit ainsi au marteau à 37 euros, contre 335 euros pour la suite de 3 flambeaux de Pierre Ier Masse. Et encore, le poids de ces derniers n'est pas composé que d'argent puisqu'il comprend des armatures en fer. Le modèle de nos flambeaux est appelé de manière erronée «à la financière». Au XVIIe siècle, leur appellation exacte était «flambeau carré» en référence à leur forme. L'expression «à la financière» désignait alors des petits flambeaux à fût balustre (voir l'encadré intitulé «En couverture» page 17 de la Gazette n° 4). Plusieurs «flambeaux au carré» de Pierre Ier Masse sont répertoriés, dont une suite de 4 exactement similaires, vendue chez Christie's Londres le 23 juin 1971. Des flambeaux de cet orfèvre sont également conservés au Louvre (donation Stavros S. Niarchos), au musée de l'Armée à Paris, au National Museum of Scotland d'Édimbourg, au château de Rosenborg à Copenhague, au musée des Beaux-Arts de Boston ou encore dans la collection Thyssen. C'est en 1730 que Pierre Ier Masse entre en apprentissage chez l'un de ses parents, l'orfèvre Daniel Masse. Il dépose son poinçon le 3 décembre 1640 et épouse deux ans plus tard Marie Ballot, la veuve de l'orfèvre Charles Bullot.