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Auction highlights

AGUTTES - Collection Grimm, hommage à Napoléon
Les 28 et 29 mai 2019
Expert : Alban Degrave

Les 28 et 29 mai, la maison Aguttes présentera aux enchères les souvenirs Napoléoniens et les armes anciennes réunis par Gilles Grimm. La dispersion de la collection de cet inlassable curieux avait commencé en décembre dernier avec une vente consacrée à l’archéologie. Une chemise de l’Empereur léguée par celui-ci au général Bertrand, une canne en rostre de narval fabriquée à Sainte-Hélène pour Napoléon et un masque mortuaire seront notamment proposés.

L’une des dernières chemises portées par l’empereur
La chemise portée à Sainte-Hélène par Napoléon et brodée d’un « N » couronné présentée dans cette vente est l’une des six chemises inventoriées dans le testament de l’empereur. Un billet manuscrit rédigé par le fils du général Bertrand, collé sur le devant de la chemise, atteste l’authenticité : « Chemise que l’Empereur Napoléon a porté à Ste Hélène. Elle a été / donnée à Henry Bertrand, par un article / du testament de son père, le général Bertrand. / Henry Bertrand/ 29bre 1844 / Souvenir de bonne amitié à Feisthamel ». Le vêtement est estimé entre 80 000 et 100 000 €.
La canne en dent de narval de Napoléon, œuvre d’un chinois de Sainte-Hélène 
En 1810, trois ans après l’abolition de la traite négrière dans l’Empire britannique, le colonel Patton, alors gouverneur de l’île de Sainte-Hélène, fait venir une main-d’œuvre chinoise destinée à remplacer la force de travail des esclaves. Envoyée par la Compagnie des Indes orientales, cette communauté chinoise assure le bon fonctionnement de l’île. Parmi ces exilés, figuraient d’anciens cuisiniers, des paysans mais aussi des artisans. Ces derniers réalisèrent plusieurs ouvrages pour Napoléon, certains modestes comme la petite boîte à thé de l'Empereur et sa grande volière, d'autres de véritables œuvres d’art, à l’instar de la canne proposée ici. Cette canne à système fonctionne au moyen d’une baguette escamotable, solidaire du pommeau. La baguette, taillée dans une dent de narval, avait pour but de pointer les cartes. Elle constitue donc un symbole fort, indissociable du grand homme et de son brillant parcours militaire. (Estimation 100 000 – 120 000 €)
 


L’une des premières copies en marbre du masque mortuaire de Napoléon
De nombreux masques mortuaires de Napoléon, dont les provenances et circonstances d’exécution demeurent souvent énigmatiques, sont aujourd’hui conservés dans les musées européens. En plâtre, cire, bronze ou marbre, ils furent mis en circulation dès le milieu des années 1820 et tout au long du XIXe siècle, contribuant à la diffusion de la légende napoléonienne.
La paternité de la première empreinte du visage de l’Empereur, exécutée en plâtre à l’instigation du général Bertrand et de son épouse, fait encore l’objet de débats passionnés parmi les historiens. Ce masque original, dont on a perdu la trace, fut soit l’œuvre de Francis BURTON (1784-1828), chirurgien militaire anglais dépêché à Sainte-Hélène le 31 mars 1821, soit celle de Francesco ANTOMMARCHI (1789-1838), anatomiste corse envoyé sur l’île en tant que médecin en 1819, soit encore le fruit de la collaboration des deux hommes. De nos jours, le moulage en plâtre conservé au musée de l’Armée à Paris, dit « Antommarchi-Burghersh », du nom du gouverneur de Florence à qui Antommarchi l’avait confié pour que le sculpteur Canova en fît une copie, demeure le masque mortuaire officiel.

En raison des difficultés rencontrées pour se procurer un gypse de qualité sur l’île, le premier moulage ne fut réalisé que le 7 mai 1821, soit deux jours après la mort de Napoléon. Les surmoulages en plâtre, exemplaires coulés en bronze et répliques sculptées d’après ce modèle nous présentent une figure émaciée au front et tempes dégarnis. Le mameluck Ali, fidèle serviteur présent lors de la prise d’empreinte, rapporte qu’afin de faciliter l’opération, « on coupa les cheveux qui garnissaient encore le front et les côtés », ce qui contribua sans doute à accentuer la sévérité des traits du visage. Dans ses mémoires qu’il rédigea après 1840, Louis Joseph Marchand, ancien valet de chambre, regrettait que le moulage n’eût pas été réalisé le soir même du décès : « Dans cet état, explique-t-il, l’Empereur avait sa figure de Consul ; la bouche légèrement contractée, donnait à sa figure un air de satisfaction, il ne paraissait pas avoir au-delà de trente ans. Le calme de cette figure laissait plutôt croire au sommeil qu’à la mort. Si dans ce moment, on eût pris son plâtre, il eût été beaucoup mieux que celui pris deux jours après, dont le caractère est vieillardé [sic] par l’affaissement des chairs qui alors étaient tendues . »

Après la mort du docteur Burton, Antommarchi se déclara le seul auteur et détenteur du plâtre original. Dans le Journal des artistes en date du 31 mars 1833, on lit ainsi : « Le docteur Antomarchi [sic] vient de rapporter de Londres le masque en plâtre, original et unique, qu’il a moulé lui-même à St.-Hélène sur la figure de Napoléon peu d’instants après sa mort ». La même année, le médecin lança une souscription nationale afin de dupliquer le masque en série. Il reçut le parrainage d’une petite commission composée de plusieurs anciens fidèles de l’Empereur, dont les généraux Bertrand, Gourgaud et Dommanger. Les exemplaires en plâtre étaient vendus 20 francs, ceux en bronze, fondus à Paris par l’entreprise Richard et Quesnel, 100 francs. Deux des masques que nous présentons, l’un en bronze, l’autre en plâtre peint, revêtus d’un cachet les authentifiant, font partie des modèles commercialisés par Antommarchi. Dans une lettre datée du 17 septembre 1833, ce dernier se montre très heureux des effigies de l’Empereur obtenues, en vante la ressemblance avec leur auguste modèle ainsi que la noblesse d’expression : « Les magnifiques traits de cette tête illustre n’ont rien perdu de ce calme, de cette dignité, de cette expression de génie qui, pendant tant d’années, ont commandé le respect, et l’admiration des hommes : on dirait, en le voyant, que l’empereur, ayant perdu son embonpoint, est tombé dans un profond sommeil. »

La souscription connut un certain succès et, sous le règne de Louis-Philippe, l’État français ne commanda pas moins de 25 épreuves en plâtre et 5 en bronze, aujourd’hui conservées dans les collections nationales.

Parallèlement aux éditions du docteur Antommarchi, il y eut en outre des copies exécutées en marbre, dont le modèle présenté dans cette vente. Gravé des initiales « R. B. », il fut vraisemblablement sculpté d’après le surmoulage en plâtre dit « Masque de Boys », du nom du pasteur de Sainte-Hélène qui le ramena en Angleterre vers 1829 et en confirma l’authenticité en 1862. Il s’agirait ainsi de l’une des toutes premières copies en marbre du masque mortuaire de Napoléon (dont elle diffère cependant par l’absence d’oreilles), sans doute réalisée dans les années qui suivirent le retour du révérend Boys en Angleterre. (Estimation : 3 000 – 5 000 €)
 
Vente aux enchères publique - Drouot - Salle 6
Souvenirs historiques - Mardi 28 mai - 14h30
Armes anciennes - Mercredi 29 mai - 14h30

Exposition publique - Drouot - Salle 6
Samedi 25 mai - 11h / 18h
Lundi 27 mai - 11h / 18h
Mardi 28 mai - 11h / 12h
Mercredi 29 mai - 11h / 12h
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G.GRIMM COLLECTION : PART II - WEAPONS AND MILITARIA

Lots exhibition: lundi 27 mai - 11:00/18:00 - mardi 28 mai - 11:00/12:00
Sale: Tuesday 28 May 2019 - 14:30
Salle 6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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