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Auction highlights

DE BAECQUE & ASSOCIÉS - Redécouverte majeure du portrait d'un ministre d'Henri IV
Wednesday 20 November 2019
Mercredi 20 novembre, la maison de ventes de BAECQUE & Associés proposera aux enchères le buste en bronze d'un ministre d'Henri IV, Paul Phélypeaux de Ponchartrain, réalisé par le virtuose Francesco BORDONI, Premier Sculpteur du Roi (1574-1654) et conservé 400 ans dans la même famille. Ce portrait inédit en bronze du XVIIe siècle, de grande qualité et remarquablement conservé, représentant une personnalité historique de cette importance est un événement pour le marché de l’art.

La vente aux enchères publique de ce buste à Drouot permet de rendre à l’homme portraituré en bronze, Paul Phélypeaux de Pontchartrain (1569-1621), sa place dans l’Histoire de France. Ce ministre d’Henri IV a en effet permis de stabiliser le pouvoir après l’assassinat d’Henri IV, et de maintenir la paix.
 


Attribué à Francesco Di BARTELOMEO BORDONI (1574 -1654), Dit aussi Francisque BOURDONNY
Paul Phélypeaux, seigneur de Pontchartrain (1569 -1621)
Buste en bronze à patine brune sur piédouche en marbre bleu turquin
Estimation : 500 000 - 800 000 €

 
Les analyses scientifiques et techniques, ainsi que les importantes recherches historiques menées par le cabinet d’expertise Sculpture & Collection ont permis d’attribuer le buste à Francesco Bordoni (1574-1654), artiste d’origine italienne devenu sculpteur officiel du roi de France. Cet artiste d’origine florentine, proche des Médicis, devenu Premier Sculpteur du Roi est également l’auteur d’un portrait en bronze de Louis XIII, actuellement conservé au musée du Louvre. La fonte virtuose de cette sculpture, à la fois théâtrale et incarnant les valeurs de droiture et d’humilité de son modèle, a été conservée pendant 400 ans par les descendants de Paul Phélypeaux de Pontchartrain.

« La première fois que j'ai vu le buste c'était au cours d'un inventaire dans une maison de campagne. Il m’a paru alors trop beau pour être vrai car il semblait dater du XVIIe siècle, mais tous les bronzes de cette époque se trouvent aujourd’hui dans des musées ou des institutions… Trouver un tel chef-d’œuvre chez un particulier était inespéré », révèle Maître Géraldine d’Ouince de la maison de ventes DE BAECQUE & Associés.

Une analyse scientifique permettra de confirmer l’ancienneté de la sculpture, qui a été réalisée pendant la première moitié du XVIIe siècle. « À cette époque, les portraits en bronze étaient réservés aux plus grandes personnalités du royaume, précisent Elodie Jeannest de Gyvès et Alexandre Lacroix du cabinet d’expertise Sculpture & Collection. Seule une dizaine de bustes datant de cette époque sont aujourd’hui connus et conservés dans les musées et les collections privées, et les modèles représentés sont essentiellement les rois Henri IV et Louis XIII ou le cardinal de Richelieu. »


Représenter la probité de Pontchartrain, garant de la stabilité du pouvoir et du maintien de la paix
 

 
a Une tenue sobre, en accord avec sa fonction de ministre du Roi
Les choix esthétiques et stylistiques de l’artiste, notamment dans la sobriété de la tenue de Pontchartrain et le souci de vérité apporté à sa physionomie, soulignent la droiture du personnage et l’autorité naturelle et bienveillante avec laquelle il réussit à préserver la stabilité du royaume et le maintien de la paix. Il arbore en effet un costume simple, sans bijou ni broderie étourdissante, composé d’un pourpoint à crevées (ou taillades) et d’un manteau de drap de laine.

« Si le port de la fraise peut sembler ostentatoire, il s’agit d’un accessoire extrêmement courant à l’époque. Et celle de Pontchartrain, dite à la confusion, n’est d’ailleurs pas du tout empesée. Cette simplicité vestimentaire fait écho à la charge politique du personnage, qui était Secrétaire d’état chargé en particulier de la religion dite réformée. Les huguenots critiquaient le maniérisme et la trop grande somptuosité des hauts personnages de l’époque », détaille Maître Géraldine d’Ouince.
 

 
Un charisme essentiel à la stabilité du pouvoir après l’assassinat d’Henri IV
Le mouvement apporté au manteau, qui donne de l’ampleur à sa silhouette en soulignant son charisme, ainsi que la taille imposante de la statue (86 centimètres avec le socle) et le regard protecteur, légèrement incliné vers le bas, que Pontchartrain porte sur ceux qui l’observent, tous ces éléments révèlent l’autorité naturelle et bienveillante de l’homme d’État. Paul Phélypeaux de Pontchartrain est nommé ministre trois semaines avant l’assassinat d’Henri IV. Il reste ensuite aux plus hautes fonctions du pouvoir, il facilite la mise en place de la régence de Marie de Médicis, puis il permet à Louis XIII d’installer son autorité. Pontchartrain a été le garant de la stabilité du pouvoir à une période particulièrement troublée, entre un roi assassiné, une régente italienne, un « premier ministre », Concino Concini, qui confisque le pouvoir ou encore l’avènement du cardinal de Richelieu alors évêque de Luçon... 
Un portrait naturaliste soulignant sa droiture et son honnêteté
Le sculpteur a eu à cœur d’offrir le portrait le plus réaliste possible de son modèle. Cette représentation naturaliste, qui correspond au goût de l’époque, tient compte de toutes ses caractéristiques physiques jusqu’au grain de beauté présent sur sa joue. « Ce détail nous semble important, car il souligne la probité du personnage, qui est ici représenté absolument tel qu’il était. En lisant les mémoires de Paul Phélypeaux de Pontchartrain, ce qui est frappant c’est sa conscience du bien public et son recul sur les événements. C’est en restant loin des intrigues et en conservant son objectivité qu’il réussit à pacifier les tensions religieuses qui ressurgissent au début du XVIIe siècle. Il obtient en effet la signature du traité de Loudun en 1616 qui maintient la paix entre les Grands du royaume, séparés en deux clans, les catholiques et les huguenots », ajoutent les experts.
 
 

Paul Phélypeaux de Pontchartrain (1569-1621) en 4 dates
 
1600aa
À l’âge de 31 ans, Paul Phélypeaux est nommé Secrétaire des commandements de Marie de Médicis au moment de son mariage avec Henri IV. Il sera donc chargé d’écrire et de faire appliquer les commandements de la reine.
 
1610
 
Paul Phélypeaux accède au titre de Secrétaire d’Etat. Il prend ses fonctions de ministre d’Henri IV trois semaines seulement avant l’assassinat du roi.
 
1616
 
Pendant la Régence, Paul Phélypeaux abandonne le portefeuille de la Guerre pour ne se consacrer qu’aux affaires de religion et veiller ainsi à maintenir la paix entre catholiques et huguenots.En 1616, alors que les tensions sont ravivées entre les plus hautes personnalités du royaume, Paul Phélypeaux réussit à obtenir la signature de la paix de Loudun, mettant fin aux velléités de guerre civile.
 
1621
 
Paul Phélypeaux accompagne le roi Louis XIII au siège de Montauban, où les armées royales affrontent les huguenots en rébellion. Paul Phélypeaux de Pontchartrain et se retire à Castelsarrasin, où il décède le 21 octobre.
 


Un chef d’œuvre dont tous les indices de réalisation mènent à Bordoni

 
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Une fonte virtuose forcément réalisée par un sculpteur italien
Au début du XVIIe siècle, le bronze est un matériau encore très peu employé en sculpture pour les portraits. Mal maîtrisé, il s’avère également particulièrement onéreux. « Seul un très grand artiste a pu fondre un bronze de cette ampleur », renchérit le cabinet Sculpture & Collection, en insistant sur le fait que la fonte a été coulée en un seul jet, ce qui constitue une véritable prouesse technique. « Notre première intuition nous porte vers un sculpteur italien, puisqu’à cette époque il n’existe pratiquement pas de bustes en bronze réalisés par des Français. Mais on trouve des portraits de la même prestance que le nôtre en Italie, à la cour des Médicis ».Les experts insistent sur la virtuosité de la fonte « qui semble reposer sur à peine un demi centimètre sur le piédouche. Une véritable prouesse technique qui donne de la légèreté au buste, et un côté théâtral, comme s’il allait s’envoler ».
 
Bordoni, sculpteur officiel de la cour et voisin de Pontchartrain
Certains détails anatomiques du portrait en bronze, comme ses cernes, ses rides, le dessin de ses paupières et de ses arcades sourcilières, sont détaillés avec un réalisme si précis que « l’artiste devait très probablement connaître Paul Phélypeaux de Pontchartrain. Or il y a à l’époque un sculpteur italien installé à Paris qui réunit tous les critères de réalisation du buste. Il s’agit de Francesco BORDONI (1574-1654), qui fréquente d’ailleurs la même paroisse que Pontchartrain : l’église de Saint-Germain l’Auxerrois, près du Louvre », ajoute le cabinet. Originaire de Florence, cet artiste a été formé dans l’atelier du plus grand sculpteur de l’époque, Jean de Bologne. Francesco Bordoni s’installe ensuite à Paris, où son talent lui confère la charge de sculpteur du roi de France. Du château de Fontainebleau au parvis de Notre-Dame en passant par la statue équestre d’Henri IV, située sur le Pont Neuf à Paris, Bordoni a participé aux plus importantes réalisations de l’époque, en grand spécialiste du bronze. Une technique qu’il maîtrise alors parfaitement.

Les analyses scientifiques et techniques confirment l’attribution
Des recherches scientifiques, dont une analyse par microfluorescence X et des comparaisons stylistiques avec le portrait en bronze de Louis XIII réalisé par Francesco Bordoni et conservé au Louvre, ont permis de confirmer l’attribution de l’œuvre à cet artiste. « L’alliage du bronze, composé principalement de cuivre, est tout à fait compatible avec une attribution à Bordoni. Par ailleurs, la patine brune translucide, aux reflets dorés, qui recouvre le métal correspond à la patine ancienne », rapporte la restauratrice diplômée de l’Istituto Centrale del Restauro à Rome, Marie-Emmanuelle Meyohas qui était en charge de l’examen technique du buste. La spécialiste tient également à ajouter qu’en plus d’être un grand fondeur, « Francesco Bordoni était un grand ciseleur, comme le montrent ses nombreuses reprises à froid. L’artiste a en effet ciselé chaque millimètre de cheveux, de barbe et de sourcils à l’aide d’un petit outil appelé un ciselet mat. Ces ciselures, qui contrastent avec l’aspect très lisse des chairs, donnent une véritable vibration au buste. » Les experts évaluent d’ailleurs à 6 mois environ, voire même une année entière, le temps de réalisation du buste par Bordoni.


Un buste resté dans le patrimoine familial des descendants de Pontchartrain
 
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Créé pour l’église du Palais du Louvre : Saint-Germain l’Auxerrois
Les recherches historiques menées ont permis de retracer le parcours du buste, depuis sa réalisation dans la première moitié du XVIIe siècle jusqu’à sa découverte 400 ans plus tard par Maître Géraldine d’Ouince. « La première information que nous avions était la plaque en laiton figurant au dos du buste et indiquant le nom de Paul Phélypeaux de Pontchartrain avec son titre « Secrétaire d’État » et l’année de sa nomination, 1610 », raconte Alexandre Lacroix. Les recherches permettent de retrouver une gravure de l’artiste Gérard EDELINCK(1640-1707) représentant Paul Phélypeaux de Pontchartrain dans la même posture et le même costume que sur le buste.
Le portrait en bronze du ministre d’Henri IV aurait donc directement inspiré Edelinck pour la réalisation de cette image gravée, qui illustre le passage sur Paul Phélypeaux dans l’ouvrage, Les Hommes illustres (1696), de Charles Perrault. « Nous retrouvons également le buste sur un dessin datant de 1694 et réalisé par un célèbre architecte du nom de Robert de Cotte. La statue est représentée à Saint-Germain l’Auxerrois, la paroisse du Louvre fréquentée par les plus grandes personnalités politiques et artistiques de l’époque, dont Bordoni, et où la famille Phélypeaux a sa chapelle privée. Le bronze figure en hauteur sur l’un des murs », ajoute Elodie Jeannest de Gyvès. Les experts comprennent alors pourquoi Paul Phélypeaux a le regard tourné vers le bas et pourquoi le buste est 20 % plus grand que nature : il était initialement placé en hauteur, et devait être vu de loin.

Sauvé de la destruction par la lignée de Pontchartrain
L’une des interrogations était de comprendre de quelle manière cette sculpture a pu échapper aux destructions de l’histoire, contrairement à la grande majorité des bronzes de l’époque. « Pour construire des canons en temps de guerre, ou pour détruire toute l’iconographie de l’Ancien Régime pendant la Révolution, les bronzes ont pratiquement tous été fondus », ajoute le cabinet Sculpture & Collection. Paul Phélypéaux a pu compter sur son petit-fils, Louis Phélypeaux de Pontchartrain, également Secrétaire d’État et donc ministre du roi comme lui. Louis tenait à valoriser sa dynastie, et à mettre en avant le parcours et l’influence de son aïeul. Car en accédant au titre de secrétaire d’État en 1610, Paul Phélypeaux de Pontchartrain ouvrit la voie à sa descendance. La famille Phélypeaux comptera onze ministres et secrétaires d'État pendant la monarchie française. À la fin du XVIIe siècle, Louis Phélypeaux de Pontchartrain décide de rendre hommage à son aïeul et de réunir l’ensemble du patrimoine familial au sein d’une grande collection exposée à l’intérieur du château de Pontchartrain. En transférant le buste, Louis Phélypeaux sauve la statue de son grand-père tout en l’exposant au cœur d’un prestigieux ensemble de sculptures des plus grands maîtres tels que Giambologna, François Girardon et Michel Anguier…

Une vente aux enchères historique
On retrouve ensuite la trace du buste à la fin du XIXe siècle, dans la maison de campagne de l’Ouest de la France où Maître Géraldine d’Ouince l’a récemment découvert. « Nous avons pu rapidement affirmer que Paul Phélypeaux seigneur de Pontchartrain était un ascendant direct de la famille. Mais les propriétaires ne soupçonnaient absolument pas la valeur de cette sculpture. » La commissaire-priseur assure aujourd’hui que la vente du 20 novembre 2019 sera historique : jamais un bronze XVIIe de cette qualité, aussi remarquablement conservé et représentant une personnalité historique de cette importance n’avait, été mis aux enchères jusqu’à ce jour. Le portrait en bronze de Paul Phélypeaux de Pontchartrain sera proposé aux enchères avec une estimation de 500 000 à 800 000 euros.


 
Vente aux enchères publique - Drouot - Salle 5
Mercredi 20 novembre - 14h

Exposition publique - Drouot - Salle 5
Samedi 16, lundi 18 et mardi 19 novembre - 11h / 18h

 
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Lots exhibition: samedi 16 novembre - 11:00/18:00 - lundi 18 novembre - 11:00/18:00 - mardi 19 novembre - 11:00/18:00 - mercredi 20 novembre - 11:00/12:00
Sale:
Salle 5 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
Auction house
De Baecque et Associés
Tel. 04 72 16 29 44 / 01 42 46 52 02

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