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Auction highlights

PIERRE BERGÉ & ASSOCIÉS - Collection Thomas Vroom, histoire de la perspective
Les 14 et 15 novembre 2019
Experts : Bernard et Stéphane Clavreuil

Jeudi 14 et vendredi 15 novembre, la maison Pierre Bergé & Associés dispersera la collection de Thomas Vroom. Esthète passionné de peinture italienne, à la recherche du fameux nombre d’or, il constitua un ensemble fascinant de traités dédiés à la perspective réalisés par les plus grands savants et artistes de la Renaissance au XXe siècle. À l’heure de sa dispersion, la collection compte près de 400 ouvrages estimés à hauteur de 2M€.

Les origines de ma passion de collectionneur se trouvent en Italie. Au début j’étais surtout intéressé dans « l’art de la surface plate » des alentours de Sienne. Lorsque j’avais quinze ans, j’ai visité avec mes parents le Palazzo Ducale à Urbino en Toscane où la merveilleuse fresque de Piero della Francesca - La Flagellation du Christ - m’a donné une fascination permanente pour la perspective. Comment des artistes arrivent-ils à créer avec des surfaces et des lignes, avec des couleurs et des figures, avec des formes et des proportions une perspective parfaite ? De cette fascination j’ai assemblé une collection de livres de savants et d’artistes du quinzième au vingtième siècle qui se sont intéressés au secret de la perspective. J’ai été très heureux de réunir cet ensemble pendant les quarante dernières années, et j’espère que tous ces beaux livres trouveront maintenant leur place chez d’autres collectionneurs passionnés. Thomas Vroom, Holten, novembre 2019

La vente, expertisée par Bernard et Stéphane Clavreuil, amis de longue date du collectionneur et qui l’ont aidé à constituer sa collection pendant 30 ans, propose en deux sessions des ouvrages artistiques et scientifiques retraçant l’évolution de l’histoire de la représentation en perspective par les plus grands savants italiens, hollandais, français, belges et allemands.

Traités à l’usage des peintres et architectes, manuscrits calligraphiés, jeux d’anamorphoses, livres d’artistes contemporains ou expérimentations optiques, cette vaste collection montre à elle seule les trébuchements, divergences et autres révolutions qui ont jalonné l’histoire de la perspective. Plus encore, elle est une histoire de la perspective, celle, personnelle, d’un collectionneur qui avant tout chercha à percer les mystères de la représentation, en s’intéressant à des domaines aussi variés que sont la scénographie théâtrale, les mathématiques, l’art des jardins, la géodésie, ou encore le pré-cinéma. Cette vente offre ainsi, par le prisme d’une quête partagée depuis le XVe siècle jusqu’à aujourd’hui, le récit mouvementé et fascinant de l’exploration de la trois-dimension.

PELERIN, Jean dit VIATOR (v. 1433-1440 - v. 1524). Artificiali P[e]rspectiva. Viator Secundo. Toul, Pierre Jacobi, 1509.
Deuxième édition originale du premier traité de perspective imprimé en Europe. Reliure du XIXe siècle.
 
Né à Vihiers, près de Saumur en Anjou entre 1433 et 1440, Jean Pèlerin est un personnage aux talents multiples. On sait qu’il entre très jeune dans les ordres, après des études de droit à Poitiers ou à Angers. En 1467, attaché à la cour du roi Louis XI, il est chargé de diverses missions diplomatiques, entretenant des rapports étroits avec les milieux artistiques de la cour de René d’Anjou et du prince mécène René II de Lorraine. Vers 1473, il devient chapelain de Philippe de Commynes et rencontre par son intermédiaire les peintres-enlumineurs les plus célèbres du temps tels que Jean Fouquet, Jean Colombe ou Jean Poyet. Mais c’est à partir de 1483, devenu chanoine de la petite ville de Saint Dié dans les Vosges, puis en 1498 lorsqu’il est nommé chanoine de la cité épiscopale de Toul, que Pélerin rencontre les plus grands esprits de son temps. En effet à cette époque, la ville de Saint-Dié devient un centre de la Renaissance française et l’une des plus importantes plaques tournantes de l’Humanisme en Europe. Située sur les routes reliant Paris aux villes de Strasbourg, Sélestat, Heidelberg et Fribourg, la petite ville avait créé une école des Frères de la vie commune – le Gymnase vosgien – sous la protection du duc de Lorraine René II et du Vatican. 
 
Outre son « école latine », le Gymnase vosgien est également une imprimerie. C’est en 1505 qu’est publié son premier ouvrage, De Artificiali Perspectiva de Jean Pelerin, en français et en latin. Il s’agit du premier traité de perspective publié en Europe – les travaux d’Alberti, Piero della Francesca, Filatere, Foppa, circulent alors uniquement sous forme de manuscrits.

La deuxième édition originale de ce traité, datant de 1509, est présentée dans cette vente. Jean Pélerin y ébauche une théorie de la perspective, d’après les techniques employées dans l’art franco-flamand. Ses notions d’horizon, de point de fuite des diagonales (« tiers-point »), de constructions bifocales (« cornuta ») ne sont plus seulement implicites, elles remplissent en quelque sorte une fonction opérationnelle, précocement moderne. Il écrit dans la préface que cette connaissance « élèvera l’esprit des observateurs » et « transportera leurs cœurs vers la vertu et l’action divine », car la perspective a la capacité de « consoler et transcender les chagrins de la vie humaine ».

Estimation : 400 000 – 600 000 €
 
 
PACIOLI, Luca (1445-1517). Divina Proportione. Opera a tutti glingegni perspicaci e curiosi necessaria ove ciascun studioso di Philosophia: Prospectiva Pictura Sculptura: Architectura: Musica: e altre Mathematice.
Édition originale. Venise, Paganino de Paganinis, 1509.

Rédigé par le moine franciscain et mathématicien Luca Pacioli et illustré par son ami Léonard de Vinci (1452-1519), ce traité décrit le monde visible en figures géométriques élémentaires, ce que l’auteur appelle la « Divine proportion » ou le « Nombre d’or ». Selon Pacioli, cette proportion est partagée par une grande variété de corps solides, de l’anatomie humaine aux formes architecturales en passant par la composition des lettres de l’alphabet romain. Les 61 illustrations de Léonard de Vinci font de cet ouvrage le premier imprimé de l’artiste. 

Estimation : 60 000 - 80 000 €
 

ALBERTI, Leon Battista (1404-1472). De re aedificatoria. Florence, Nicolaus Laurentius Alamanus, janvier 1485.

Homme de lettres, défenseur de la langue italienne, moraliste, mathématicien, mais surtout théoricien de l’art et architecte, Alberti fut le premier, au XVe siècle, à théoriser un nouveau langage architectural. L’architecture était à ses yeux l’art par excellence, celui qui contribue le mieux à l’intérêt public, la forme supérieure du Bien. Moins d’un siècle après sa mort, Vasari, dans la première édition des Vies, rend hommage au « Vitruve florentin ».
 
Alberti publie en janvier 1485 De re aedificatoria, le premier traité d’architecture de la Renaissance, antérieure d’au moins une année à la première édition du De architectura de Vitruve (1486-1487). Le De re aedificatoria ou L’Art d’édifier, comme le traité vitruvien, est divisé en dix livres. Dans l’introduction de l’ouvrage, Alberti aborde le rôle de l’architecture dans la vie sociale. Les trois premiers livres techniques sont consacrés respectivement au dessin, aux matériaux et aux principes de structure. Dans les livres IV à X, Alberti traite de l’architecture civile : choix du site, typologie des édifices civils, publics et privés. Il y décrit sa cité idéale conçue selon un plan rationnel, avec des édifices régulièrement disposés de part et d’autre de rues larges et rectilignes. Cette nouvelle conception de l’urbanisme, en rupture avec les pratiques médiévales, est liée sans doute à l’essor sans précédent de la cité-république. Le De re aedificatoria est aussi le premier texte moderne à parler clairement des ordres d’architecture.
 
Provenance : ex-libris et armoiries sur les plats de William Stirling (1818-1878), historien de l’art, homme politique, bibliophile et hispaniste ; ex-libris de KEIR. 

Estimation : 150 000 - 200 000 €
 
 
Vente aux enchères publique - Drouot - Salles 1 et 7
Jeudi 14 novembre – 17h
Vendredi 15 novembre –  14h30

Exposition publique - Drouot - Salles 1 et 7
Mercredi 13 novembre - 11h / 18h
Jeudi 14 novembre - 11h / 15h


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Lots exhibition: mardi 12 novembre - 11:00/18:00 - mercredi 13 novembre - 11:00/18:00 - jeudi 14 novembre - 11:00/16:00
Sale: Thursday 14 November 2019 - 17:00
Salle 1-7 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Tel. +33 (0)1 49 49 90 00

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