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Annonces de ventes

L'ART PRIMITIF Á L'HONNEUR
Le mercredi 2 décembre 2009 - Drouot Richelieu

SVV Enchères Rive Gauche


Le 2 décembre à Drouot Richelieu, la société de ventes volontaires Enchères Rive Gauche, assistée des experts Pierre Amrouche et Alain de Monbrison, organisera une importante vente consacrée à l’Art primitif.  Lors de cette vacation, deux anciennes collections françaises seront dispersées, celle du Docteur Fouks, et celle d’Armand Charles.

 

Deux collections françaises, deux regards « classiques »

Témoignant du goût des années soixante en France, ces deux collections, la collection Fouks et la collection Charles, sont le reflet de ce que les antiquaires spécialisés proposaient aux amateurs à l’époque, ainsi que la manifestation de la curiosité et de l’ouverture d’esprit de ces derniers. Chacun d’eux, à sa façon, s’étant intéressé à plusieurs domaines de l’art : l’art africain et océanien, mais aussi l’archéologie et la peinture. Parler d’un regard classique de ces collectionneurs fait référence à la catégorie et aux origines géographiques des objets collectionnables du moment, ils proviennent majoritairement, pour l’Afrique, d’anciennes colonies françaises.Ici peu d’objets avant-gardistes : masques Kono, Boli, ou autres fétiches nappés de patines croûteuses ou sacrificielles de sang issus du Soudan français d’alors.  En revanche abondent les laques végétales, retravaillées par les soins répétés attentifs des marchands ou des collectionneurs, jusqu’à l’apparition des fameuses laques « téléphone » en hommage aux bakélites des PTT, venant nimber les masques Dan et les figurines Baoulé d’un engobe épais luisant, ce que les amateurs américains appellent encore la « french patina ». Classiques encore les pièces Kongo, ces Saint Sébastien arrachés du cœur des ténèbres, statues exécrées des bonnes âmes coloniales, victimes si souvent d’autodafés ou dans le meilleur des cas de mutilations dont il est facile d’accuser l’indigène pour masquer sa propre pudeur et pourquoi pas sa propre crainte viscérale de l’inconnu du « Continent Noir ». Présents ici comme dans toutes les anciennes collections, les blancs masques « japonais », en réalité Punu ou Lumbo, avec leurs yeux obliques et leurs fards basanés ; ne murmurait-on pas qu’ils auraient été influencés par l’importation de masques Nô d’hypothétiques marins asiatiques venus fournir les comptoirs des factoreries ! D’ailleurs des nègres pourraient-ils avoir des traits aussi fins ? Classique objection coloniale ! Des îles lointaines d’Océanie, anciennement allemandes pour beaucoup, sont classiques aussi à leur manière, les totems oniriques aux polychromies flamboyantes de l’ex Nouveau Mecklenburg, si chers au cœur de Breton et ses amis surréalistes.

 

Le Docteur Fouks est l’exemple parfait des médecins collectionneurs de ces années, lorsque cette profession encore lucrative permettait d’acheter de l’art. Ses objets choisis proviennent souvent de galeries parisiennes connues,  Rasmussen, Le Corneur Roudillon ou Simone de Monbrison ou de grands experts-marchands comme Charles Ratton ; sans négliger l’apport des ventes publiques, la vente de la Korrigane par exemple dans les années 60 expertisée par Jean Roudillon ou les ventes spécialisées régulières Loudmer-Poulain des années 70. On trouve dans cette collection de la belle Océanie, comme un rare et impressionnant bouchon de flûte anthropomorphe Biwat de Nouvelle-Guinée au front vertigineux, un Ouli de Nouvelle-Irlande. Mais aussi de l’Afrique : un superbe masque Songié de RDC et une rare statuette féminine Bambara. De l’archéologie égyptienne : dont un élégant bois sculpté féminin polychrome, des pierres sculptées indiennes en grès rose et encore, chose rare, de l’art populaire en la présence d’un buste en granit Barbu-Müller à la toujours énigmatique provenance.  Amateur éclairé le Docteur Fouks est aussi connu par avoir entretenu une correspondance savoureuse avec Antonin Artaud dont il fut un des thérapeutes. Psychiatre, Fouks et son éclectisme, n’est pas sans évoquer son illustre prédécesseur, en collection comme en médecine : Sigmund Freud, dont la collection fut aussi, à l’instar de celle de Fouks, une compagne silencieuse omniprésente. En peinture il eut des goûts contemporains de son temps et aussi chose rare et preuve encore une fois de sa haute curiosité, des œuvres empreintes de symbolisme du peintre africain-américain Henry Ossawa Tanner (1859-1937) ayant trouvé refuge en France vers 1915 fuyant la ségrégation. Cet artiste est très recherché de nos jours en Amérique.Armand Charles, restaurateur de talent et autodidacte intuitif, monte à Paris et s’y installe vers 1955. Il trouve un logement - le hasard fait bien les choses - rue de Marignan, à deux pas de chez Charles Ratton le maître incontesté de l’art nègre, immortalisé déjà par Paul Morand dans l’Homme Pressé, et croqué avec humour par Jean Dubuffet. Son destin de collectionneur était donc tout tracé ! Il commence par investir ses premiers bénéfices de restaurateur dans la peinture impressionniste et post-impressionniste qui restera son « goût » en matière de peinture, puis rapidement il passe aux objets primitifs probablement à l’instigation de Ratton et de son entourage, son secrétaire de l’époque en particulier.

 

La collection Charles, est centrée sur l’Afrique et tout particulièrement sur les masques, nombreux, en provenance de la Côte d’Ivoire. Des objets d’une exceptionnelle qualité et ancienneté tel le masque portrait Baoulé ciselé comme un bronze, et des masques de l’ouest ivoirien, Dan et assimilés, aux patines laquées peut être séculaires. Au sein de cet ensemble un objet sans visage, probablement Temné ou Baga conserve derrière sa laque « téléphone » tout son mystère. Armand Charles avait aussi des choix audacieux.Autre exceptionnel ensemble distinct, les objets d’Afrique centrale, Gabon et Congo, provenant tous du fonds du Musée Missionnaire des Orphelins d’Auteuil regroupé à l’Abbaye de Mortain. Ces pièces collectées par des religieux au tout début du siècle dernier sont d’un intérêt majeur par leurs qualités plastiques et leur rareté, par leur ancienneté avérée par les documents d’archives qui les accompagnent, et qui nous apportent de précieux renseignements sur leurs noms vernaculaires, les fonctions rituelles et les localisations de l’époque (les objets ont de tout temps circulé).Souvent accusées des pires crimes iconoclastes, les Missions ont toutefois fait parfois, comme ici, preuve de discernement dans la collecte et la conservation d’objets, ce qui n’excluait pas concomitamment des destructions lors de campagnes d’évangélisation : on échangeait baptême contre fétiche. L’abbaye de Mortain a vendu ces objets pour restaurer ses vastes bâtiments, merci l’Afrique !Le cas de Mortain n’est pas unique, d’autres musées missionnaires existent en France et dans bien des pays d’Europe, à commencer par l’Italie et celui du Vatican, leur objectif n’était certes pas de faire l’éloge des arts primitifs, bien au contraire on y dénonçait les fétiches, les faux dieux.Du Gabon sont présents trois figures de reliquaire, Kota, Mahongwé et Tsogho : un rarissime Bumba Bwiti avec son panier reliquaire ornés de flots en lanières de peau de singe et un splendide masque blanc Punu Mukuyé rapporté vers 1890. Autre ensemble remarquable, les fétiches à clous, Nkondé et Nkissi, ainsi que le groupe des statuettes reliquaires Téké. Tous ces objets étant restés dans l’état où ils étaient lors de leur collecte. Ces deux collections riches et variées sont parmi les rares ensembles encore restés presque intacts jusqu’à nos jours, représentatifs du goût et des choix d’une période en France, l’après-guerre, riche en découvertes et redécouvertes et où l’activité créatrice fut intense aussi en peinture et en sculpture.

Parmi les plus belles pièces de la vente, on citera :

UN RELIQUAIRE BUMBA

Bois, cuivre, laiton, métal, nacre, fibre naturelle, peau animale, os. Patine d’usage

Masango, Centre Gabon, les Monts du Chaillou

Haut. : 50 cm

Provenance : rapporté en France au début du XXème siècle ; ancienne collection du Musée missionnaire des Orphelins d’Auteuil, ancienne collection du Musée missionnaire de l’Abbaye Blanche de Mortain ; ancienne collection Armand Charles

Estimation : 150 000 / 200 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UNE STATUE FEMININE

Bois dur. Belle patine

Suku, Congo

Haut. : 64 cm

Provenance : ancienne collection belge (Anvers) ; ancienne collection Armand Charles

Estimation : 90 000 / 130 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UNE STATUE MUNDUGUMOR

Bois à patine brune

Biwat, Nouvelle-Guinée, province du Sepik de l’Est, région de la rivière Yuat

Haut. : 55 cm

Provenance : ancienne collection M. Fouks

Estimation : 80 000 / 120 000 €

Expert : M. de Monbrison

 

UN MASQUE DE DANSE MUKUYE

Bois de fromager, kaolin, pigments. Patine d’usage

Punu, Gabon

Haut. : 33 cm

Provenance : rapporté en 1888 par un père de la congrégation des Pères du Saint-Esprit ; ancienne collection Armand Charles

Estimation : 100 000 / 160 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UN FÉTICHE A CLOUS NKONDE

Bois dur, métal, pigments, coiffe en plume et tissu. Patine d’usage

Vili, Congo

Haut. : 70 cm (avec la coiffe)

Provenance : ancienne collection Armand Charles

Estimation : 80 000 / 120 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UNE STATUE RELIQUAIRE NKISI

Bois, miroir, verre, matière rituelle, résine. Belle patine d’usage ancienne

Bakongo, Congo

Haut. : 19 cm

Provenance : ancienne collection Armand Charles

Estimation : 40 000 / 50 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UN MASQUE KIFWEBE

Bois clair et pigments. Belle patine d’usage

Songye-Luba, Congo

Haut. : 33 cm

Provenance : ancienne collection M. Fouks

Estimation : 70 000 / 90 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UN MASQUE-PORTRAIT

Bois dur. Magnifique patine d’usage ancienne

Baoulé, Côte d’Ivoire

Haut. : 27 cm

Provenance : ancienne collection Armand Charles

Estimation : 20 000 / 30 000 €

Expert : M. Amrouche

 

UNE STATUE MALANGAN

Bois, polychromie rouge, noire, blanche et bleue

Nord de la Nouvelle-Irlande

Haut. : 126 cm

Provenance : ancienne collection M. Fouks

Estimation : 30 000 / 40 000 €

Expert : M. de Monbrison

 

UN MASQUE FÉMININ BIA WE GE

Bois, métal, couronne de cauris et de fibres végétales, pâte de verre, cloches de laiton, tissu

Patine d’usage

Dan, Côte d’Ivoire

Haut. : 34 cm

Provenance : ancienne collection Armand Charles

Estimation : 15 000 / 20 000 €

Expert : M. Amrouche

 

 Expositions publiques:

Mardi 1er décembre 2009 de 11h à 18h

Mercredi 2 décembre 2009 de 11h à 17h30

 

Vente à Drouot Richelieu

Mercredi 2 décembre 2009 à 19h30

 

 

SVV  Enchères Rive Gauche : 01 43 26 17 15

 

Experts :

 

Pierre Amrouche – 01 42 22 12 51 – contact@espaceberggruen.com

 

Alain de Monbrison : 01 46 34 05 20 – courrier@monbrison.com

 

 Informations concernant la vente :

Madame Marie-Laure Terrin-Amrouche : 01 42 22 12 51

 

 

 


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