Jean-Philippe Charbonnier 1921 - 2004

Lots exhibition: jeudi 23 avril - 11:00/21:00 - vendredi 24 avril - 11:00/12:00
Sale: Friday 24 April 2020 - 14:00
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Yann Le Mouel
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Lot n°   - « La photographie est une excuse à la curiosité, un moyen de la satisfaire ; elle ne doit pas être une excuse à l’indiscrétion, inutile d’ailleurs, le photographe étant comme le confesseur, on lui dit tout. »
JEAN-PHILIPPE CHARBONNIER 1921-2004
Une forte personnalité, c’est ainsi que ceux qui ont côtoyé Jean-Philippe Charbonnier le décrivent. Et celle-ci transparaît dans chacune de ses photographies.
Un regard tranchant, un regard de côté, un regard empli d’humanité, tel est l’œil complexe, juste et sans complaisance du maître du magazine Réalités qui témoigna des changements du monde.
C'est pour le magazine Réalités que durant les années 1950, Jean-Philippe Charbonnier est un prolifique photographe de mode, faisant poser les mannequins à Paris en extérieur ou dans les coulisses des plus grands couturiers du moment comme Christian Dior.
Ses photographies de mode témoignent avec modernité de la Renaissance du Paris d’après-guerre, des fastes de la Haute Couture et de l'élégance si légère de cette époque.
Elles célèbrent également la femme dont Jean-Philippe Charbonnier s’attèle à révéler la nudité par la ligne, les jeux d’ombres et de lumières.
Un nu sur le sable, légendé « Six heures du soir en été » ; un buste dénudé accoudé à une table, intitulé « Une farouche jeune femme, profession ‘call girl’ » ; un corps se dorant au soleil devant une fenêtre un « dimanche de Printemps à Paris », ces photographies évoquent un amoureux des femmes et ces moments suspendus où l’intimité est offerte.
Arpenteur infatigable, Jean-Philippe traita des thèmes aussi variés que la mode, les nus, les vues de sa fenêtre rue du Pont Louis Philippe, la Creuse, l’Asie, l’Afrique, le Nord, Paris, les usines, l’île de Sein, les États-Unis, etc.
Ces tirages conservés jusqu’à aujourd’hui dans les boites de Jean-Philippe Charbonnier sont d’une qualité exceptionnelle. Les noirs y sont profonds, les angles de prises de vue et les compositions y sont audacieux, les nuances de gris y apportent la douceur si nécessaire pour rendre compte du monde qui l’entourait.
Jean-Philippe CHARBONNIER
Né à Paris en 1921, Jean-Philippe Charbonnier est issu d’une famille d’intellectuels et d’artistes - son père, Pierre Charbonnier, était peintre et sa mère, Annette Vaillant, écrivain, son grand- père maternel, Alfred Natanson, l’un des quatre frères fondateurs de la Revue Blanche, écrivait des pièces de théâtre.
Jean-Philippe Charbonnier entre en 1939, après avoir terminé ses études secondaires, chez le portraitiste et photographe de plateau Sam Levin. Depuis 1937, il pratique la photographie en amateur mais ignore tout encore des « mystères de la chambre noire ». Au studio des Buttes-Chaumont, il découvre « l’envers du décor » et les « vedettes-monuments » de l’époque : Gaby Morlay, Françoise Rosay et la très jeune Micheline Presle. Très vite il réalise son premier film de photographe de plateau (La mer en flammes, Léo Joannon, 1940).
La guerre interrompt cette carrière débutante et il se retrouve à Lyon dans les laboratoires de Blanc et Demilly dont il dit avoir apprécié l’extrême professionnalisme. Il passe quelques mois à Jeunesse et Montagne en Savoie puis deux années en Suisse. Fin 1944, il devient metteur en page à Libération et à France-Dimanche.
En 1945, il rejoint Albert Plécy à Point de Vue assurant textes et photos, il fait partie de ceux qui « inaugurent » le photojournalisme. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Robert Doisneau.
De 1950 à 1974, Jean-Philippe Charbonnier est photographe au mensuel Réalités, auquel collabore aussi Édouard Boubat. Il effectue des reportages sur « la vie quotidienne » (Le médecin de campagne, Creuse 1950, L’étude du notaire, Amboise 1951, Le pharmacien d’Aubusson 1953, La famille du mineur, Lens 1954, etc...), devenus avec le recul du temps, d’inappréciables scènes de la vie quotidienne des années cinquante en France. Il fait un bref passage comme premier metteur en page à l’éphémère Temps de Paris.
Parallèlement, il voyage dans le monde entier : Afrique, Turquie, Canada, Japon, Moyen-Orient, Thaïlande, Ex-URSS, Chine, Mongolie Extérieure, États-Unis. De ces voyages sortiront trois numéros spéciaux de Réalités : La Chine, La France, Le monde.
Il réalise par la suite des reportages pour les albums de prestige (organisation mondiale de la santé, Bourse de Paris, Régie Renault, Carrefour, Royal Air Maroc), ainsi que des publicités radiophoniques, écrites par lui, pour Fujicolor. En 1968, on lui demande une « Marianne » photographique qu’il tire sur aluminium sensibilisé pour les mairies françaises.
Jean-Philippe Charbonnier est à l’initiative de la création de l’agence Top regroupant des archives de Réalités, au sein même de l’agence Gamma Rapho, qui le représente toujours aujourd’hui.
En 1976, il inaugure avec Denis Brihat et Jean-Pierre Sudre le premier Festival d’Arles qu’animent Lucien Clergue et Michel Tournier.
La rencontre avec Agathe Gaillard marque un tournant dans sa vie : il dit s’être dès lors davantage investi dans une photographie personnelle, libéré de l’angoisse inhérente au travail des commandes, et collabore activement à la réalisation du projet d’Agathe Gaillard : créer une galerie de photographie. Celle-ci ouvre en juin 1975, au 3 rue du Pont Louis Philippe, Paris, avec une exposition de Ralph Gibson.
Parmi les expositions de Jean-Philippe Charbonnier, on peut citer celles de Photographers Gallery de Londres, en 1972, de la Galerie Agathe Gaillard, 1976, 1978, 1993, du Musée de l’Élysée de Lausanne, 1984, du Musée Niepce de Chalon-sur-Saône, 1990, et trois importantes rétrospectives, l’une au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1983, et l’autre au Bunkamura à Tokyo, 1996 et au Crédit Municipal de Paris en 2014.
En 2020, le Pavillon Populaire de Montpellier organise une grande exposition rétrospective.
Il obtient le Grand Prix de la Ville de Paris pour la photographie en 1996.
Jean-Philippe Charbonnier décède à Grasse le 28 mai 2004 à l’âge de 82 ans.
BIBLIOGRAPHIE
« Jean-Philippe Charbonnier – Photographies », MAM, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, catalogue de l’exposition 23 mars – 26 juin 1983.
« Jean-Philippe Charbonnier – Chamonix 40 ans dans la vallée », Editions Glénat, Grenoble, 1992.
« Jean-Philippe Charbonnier – Pour la liberté de la presse », Reporters Sans Frontières, 2005.
« Jean-Philippe Charbonnier – L’œil de Paris », sous la direction d’Emmanuelle de l’Ecotais, Ed. Séguier, Paris, catalogue de l’exposition au Crédit Municipal, Paris, 14 novembre 2014 – 14 février 2015.
« Jean-Philippe Charbonnier – Raconter l’autre et l’ailleurs (1944-1983) », Emmanuelle de l’Ecotais, Editions Hazan, catalogue de l’exposition du Pavillon Populaire, Montpellier, 5 février – 19 avril 2020.

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Yann Le Mouel - Paris, France

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