SOUVENIRS HISTORIQUES DU MARECHAL NEY

Vente : mercredi 20 juin 2012 - 14:30
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Binoche et Giquello
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Lot n° 7 - Habit de cérémonie en velours de soie richement brodé. La coupe est celle dessinée par Jean-Baptiste Isabey (musée du Louvre: REC 25) pour la tenue des maréchaux d'Empire lors du sacre de Napoléon Ier: un habit à bords droits et non pas un habit «à la française». Les pans se ferment sur la poitrine, par un seul rang de huit boutons, puis sont légèrement ouverts. Les boutons sont brodés en plein, à la cannetille frisée et paillettes or, d'une fleur dans une couronne de feuillages (diam. 2,7 cm), et les larges boutonnières (L. 4,7 cm) sont gansées de filé or. Le col debout est haut (H. 10,5 cm). Les manches, ouvertes au poignet, ont perdu de leur aspect militaire par un parement arrondi (H. 11 cm) se fermant par un petit bouton couvert de velours uni. Depuis l'écusson de taille portant deux boutons brodés, et de part et d'autre de la fente, descendent deux plis plats (H. 54 cm) dont le retour est brodé et souligné d'une baguette or et d'un bouton brodé sur le bas. La doublure des deux basques est munie d'une poche. Le velours coupé bleu profond est richement brodé sur la bordure des devants et des basques, le col haut, les emmanchures, l'écusson et toutes les tailles sur le dos et les manches. Les broderies directes de filé couvert, cannetille frisée et paillettes fixées par un filé couvert sont or et de deux largeurs (7 cm et 5,5 cm); elles dessinent des branches de chêne ondulantes chargées de glands. Une baguette dentelée de filé couvert et paillettes fixées par une torsade de cannetille souligne le col haut, le pied du col, les parements d'ouverture, les plis plats et les parements de poignets. L'intérieur de l'habit est doublé de gros de Tours blanc. Hauteur au dos avec le col: 110 cm - Largeur carrure: 39 cm Poids: 2,7 kg. France, vers 1804. Une plaque de Grand Aigle de la Légion d'honneur est cousue sur le côté gauche. L'étoile est en broderies d'applique en relief, dont les cinq branches à doubles pointes sont appliquées de paillettes en argent disposées en écaille. Le pourtour en relief est souligné par une guipure de lame argent avec, de part et d'autre, un filé couvert argent. Le cordonnet de filé argent externe forme une boucle à chaque pointe pour une fixation cousue. Les branches de l'étoile sont anglées d'un faisceau de cinq rayons décroissants à pointes arrondies, en guipure de lame argent, soulignés d'un cordonnet formant une boucle à chaque extrémité. Le médaillon du centre est appliqué en plein de paillettes argent disposées en écaille, sur lesquelles est fixée une Aigle Française en argent estampé, au vol abaissé, les ailes symétriques et la tête à dextre, empiétant un foudre sans éclairs. Le listel bombé, en couchure de filé couvert argent, est souligné, de part et d'autre, d'un jaseron argent; sur le haut, la devise de l'ordre «HONNEUR ET PATRIE» est brodée en fils de soie noire; sur le bas, les deux rameaux de laurier sont brodés de cannetille argent. Diamètre: 10 cm. France, vers 1809. État de conservation: très bon. Pour l'habit: infimes usures et décolorations partielles du velours; légères usures à la dorure des broderies; la doublure en soie est tachée par endroits et brûlée aux aisselles. Pour la plaque de la Légion d'honneur: importante usure de la légende sur le listel. Publication: WILLING Paul: Napoléon et ses soldats, tome 6 de «Les collections historiques du musée de l'armée», Préal 1986, illustré p. 33. Expositions: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°341. Paris 1968, «Napoléon et la Légion d'honneur», musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, catalogue n°323. Musée de l'Armée de Paris. Habit en prêt (DEP. 3486), de novembre 1964 à Septembre 2008; il fut exposé dans l'ancienne salle Austerlitz. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par descendance, les héritiers de Laetitia Germaine Marie Agnès Ney d'Elchingen (1940-2005), fille unique de Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), prince de la Moskowa (1933). NOTE - Il semblerait qu'il ne subsiste qu'un seul autre habit de cérémonie pour maréchal d'Empire, celui de Jean Lannes (1769-1809), exposé au musée de l'Armée à Paris (Inv. 22830), dont la coupe «à la française» est identique à celle de son habit de grande tenue (Musée de l'Armée de Paris: Inv. 22833) ou à celle de l'habit de grande tenue du maréchal Davout (vente Drouot 18.11.2009 n°179: 297 744). Cette version militaire de l'habit «à la française» se caractérise par les devants ouverts s'incurvant légèrement vers l'arrière, pour laisser apparaître les broderies du gilet, et par deux poches latérales à rabat. L'habit de cérémonie de Lannes laisse bien apparaître un gilet de soie blanche richement brodée or. L'habit de cérémonie de Ney, quant à lui, est un manteau court à pans droits, légèrement ajusté à la taille. Ses retroussis arrondis aux poignets et l'absence de poches latérales le rendent moins martial et plus conforme à une tenue pour les grandes cérémonies à la cour impériale. L'habit de grand uniforme du vice-connétable de l'Empire (Musée de l'Armée Paris inv. 21252), Alexandre Berthier, est d'une coupe identique à celui de Ney: droit avec des parements arrondis aux poignets. Ce type particulier d'habit pour maréchal est représenté sur le portrait de Joachim Murat par François Gérard, tableau exposé au musée de l'Armée de Paris (Inv. 4491 DEP). La singularité du dessin et la qualité des clients permettent d'attribuer cet habit à Chevalier, tailleur de Sa Majesté établi rue du Louvre, qui fut en rapport constant avec Denon et Isabey pour la conception des tenues de la cérémonie du sacre. Chevalier faisait broder ses réalisations par Augustin Picot, 4 rue Saint Thomas du Louvre. Ainsi l'habit de cérémonie de maréchal d'Empire pour Michel Ney est unique par sa coupe et, à ce jour, le seul répertorié en mains privées. Manteau de cérémonie en velours de soie richement brodé. La coupe est celle dessinée par Jean-Baptiste Isabey (musée du Louvre: REC 25) pour la tenue des maréchaux d'Empire lors du sacre de Napoléon Ier: un manteau court à collet et revers brodés. Composé de quatre lèses (L. 52 cm) et deux bandes (l. 19 cm) assemblées formant un large cercle de velours bleu profond, sa circonférence est brodée d'un large courant (H. 11cm) de branches de chêne chargées de glands. Ouvert sur le devant, les deux pans du manteau se portaient rabattus, formant ainsi deux larges retroussis triangulaires (largeur à la base: 51 et 53 cm) en taffetas moiré blanc brodé d'un large courant de branches de chêne chargées de glands. L'intérieur du col plat, pouvant se porter relevé, est également doublé de soie blanche brodée de même (L. 42 cm - H. 9 cm). Les courants sont en broderie directe au point lancé de filé couvert or, cannetilles et paillons or. Les bordures sont brodées d'une baguette (l. 1,5 cm) dentelée de filé couvert or, de paillettes fixées par une torsade de cannetille et soulignée d'une torsade de même. Le manteau est doublé de satin blanc. Le pied du col porte deux doubles tresses en passementerie or terminée par une navette tressée, pour l'une, et par deux glands à tête et jupe d'effilé or tordu et torsadé, pour l'autre. Diamètre du manteau: 250 cm - Poids: 3,4 kg. France, vers 1804. État de conservation: bon. Pour le manteau: décoloration en rayons sur le velours; faiblesses aux coutures; légères usures à la dorure des broderies. Publications: [DAYOT Armand]: Napoléon, la République, le Consulat, l'Empire, Sainte- Hélène, Paris Hachette (s.d: 1895?) DEFONTAINE Henri: Du costume civil officiel et de l'uniforme militaire des officiers à la cour..., Paris 1908, page 57. WILLING Paul: Napoléon et ses soldats, tome 6 de «Les collections historiques du musée de l'armée», Préal 1986, illustré p. 33. Expositions: Paris 1895, Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire, Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°342. Musée de l'Armée de Paris. Habit en prêt (DEP. 3485), de novembre 1964 à septembre 2008; il fut exposé dans l'ancienne salle Austerlitz. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par descendance, les héritiers de Laetitia Germaine Marie Agnès Ney d'Elchingen (1940-2005), fille unique de Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933). NOTE - Ce manteau de cérémonie pour maréchal d'Empire est le seul répertorié en mains privées. Un autre manteau, très semblable, ayant appartenu au maréchal Lannes (1769-1809) est conservé au musée de l'Armée de Paris (Inv. 22831) et publié dans «Napoléon et les Invalides», Paris 2010, page 134. Hormis ces deux manteaux complets et les broderies seules de celui du maréchal Oudinot (Vente Drouot, 4 décembre 2006, n°104), aucun autre exemplaire n'est connu à ce jour. Il est à noter que les retroussis brodés du manteau des maréchaux Lannes et Oudinot sont en velours de soie blanc et non pas de taffetas moiré blanc comme celui de Ney. Ainsi, parmi les manteaux de cérémonie de maréchal d'Empire connus, celui pour Michel Ney est unique dans sa réalisation et, à ce jour, le seul manteau complet répertorié en mains privées. Les somptueuses broderies, très certainement réalisées dans les ateliers d'Augustin Picot «Brodeur de L'Empereur», font de cette tenue de cérémonie un témoignage unique des fastes de la cour de Napoléon Ier, connus principalement par des tableaux officiels. Le maréchal Ney, commandant en chef le camp de Montreuil, était présent à la cérémonie du sacre de l'Empereur, à Notre-Dame le dimanche 2 décembre 1804 (11 frimaire an XIII). N-B: le descriptif technique de l'habit, du manteau et de leurs ornements est dû à Martine Chavent. Plaque pour habit de l'ordre du Christ du Portugal, brodée de paillettes, cannetilles et paillons teintés. H: 8,2 cm - l: 7,5 cm. Royaume de Portugal, vers 1805 État de conservation: bon. Décoloration des paillons et légères usures des broderies. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, les héritiers de Laetitia Germaine Marie Agnès Ney d'Elchingen (1940-2005), fille unique de Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933). NOTE - Jusque dans les années 1950, le manteau du maréchal était conservé dans la famille Ney portant une plaque brodée de la Légion d'honneur. Son apparence d'origine est attestée par l'illustration dans l'ouvrage d'Henri Defontaine «Du costume civil officiel et de l'uniforme militaire des officiers de la cour...», Paris 1908, page 57. La plaque de la Légion d'honneur, qui était à l'origine cousue sur le manteau, fut retirée par Michel Georges Napoléon Ney, 6e prince de la Moskowa, dans les années 1950, pour être vendue. Pour «habiller» le manteau, le prince de la Moskowa fit coudre cette plaque portugaise qu'il avait à disposition. Personne ne fit remarquer cette substitution malgré l'exposition de ce manteau au musée de l'Armée de Paris, de 1964 à 2008. PhM + BM Estimation sur demande

Habit de cérémonie en velours de soie richement brodé. La coupe est celle dessinée par Jean Baptiste Isabey (musée du Louvre: REC 25) pour la tenue des maréchaux d'Empire lors du s…

Lot n° 9 - Étoile en or de la création dite du premier type, à cinq rayons doubles à pointes non pommetées, émaillés blanc opaque. Elle est environnée d'une couronne végétale, visible entre les doubles pointes, formée d'un rameau de feuilles de chêne, à droite, et de laurier, à gauche, liés entre les pointes inférieures. Les feuillages sont rehaussés d'émail vert translucide. Le centre de l'avers est en or et en deux parties. Le médaillon présente une effigie de l'Empereur sur un fond rayonnant: profil gauche ceint d'une couronne de laurier avec boucle apparente des longs liens tombant sur l'épaule. Le listel, émaillé d'un bleu profond, porte la légende en lettres d'or «NAPOLEON. EMPEREUR. DES. FRANCAIS», ponctuée d'une fleurette d'or à six pétales. Le centre du revers est en or et en deux parties. Le médaillon présente l'Aigle Française, tête à dextre, au vol abaissé, l'aile gauche passant derrière le corps, empiétant un foudre sans éclairs, posée sur un champ azur. Le listel émaillé bleu porte la devise de l'ordre en lettres d'or «HONNEUR ET PATRIE», avec en exergue un quartefeuille et une palmette de part et d'autre d'une fleurette à six pétales. Entre les pointes supérieures, les rameaux émaillés se rejoignent et sont surmontés d'un barillet rond sur lequel est articulée une couronne à douze arches en palmette, reposant alternativement sur des aigles et des fleurons placés sur le bandeau orné de joyaux émaillé rouge et vert; les palmettes sont liées par un rang de perles sous le globe crucifère dans lequel passe l'anneau cannelé de suspension. H. 95 mm - l. 65 mm - Poids: 83 g. L'étoile est présentée avec un cordon de soie moirée rouge dont le bas est froncé par un lien et les extrémités découpées en dents-de-loup; noeud sur la face externe et petit mousqueton de suspension en acier poli cousu sur la face interne. Demi-longueur: 80 cm - Largeur: 10,4 cm. France, 1805-1806-1815. PhM + JCP État de conservation: TB à TTB. Petits éclats à l'émail blanc des pointes 1, 5, 6, 10; ils sont légers sur l'avers et infimes sur le revers. Petit trou pratiqué près de l'intersection des rameaux, à proximité du lien. Quelques manques d'émail vert translucide. Les épingles de fixation des centres manquent. Le haut du montant central des deux côtés de la couronne est très légèrement enfoncé. La soie de l'écharpe présente une très légère décoloration dans la partie basse. Publication: [DAYOT Armand] «Napoléon, la République, le Consulat, l'Empire, Sainte-Hélène», Paris Hachette s.d. [1895], page 141. Illustration légendée «Croix de l'ordre de la Légion d'honneur portée par le maréchal Ney (Collection de M. le prince de la Moskowa)». Expositions: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Paris 1968, «Napoléon et la Légion d'honneur», musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, catalogue n°325. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Honneur suprême, la grande décoration dans l'ordre de la Légion d'honneur instituait le retour aux usages des anciens ordres de chevalerie: un cordon, large ruban de soie moirée rouge porté en écharpe, auquel était attachée une étoile de grande dimension et, cousue sur le côté gauche de l'habit, une broderie d'argent reprenant la forme de l'insigne. Le 13 pluviôse an XIII (2 février 1805), l'Empereur nomma par décret les quarante-neuf premiers titulaires de la grande décoration ou grand aigle (appellation devenue officielle en 1807), dont le maréchal Ney. Neuf jours plus tard, au cours d'une cérémonie solennelle dans la salle du trône des Tuileries, l'Empereur remit leurs insignes à chacun des nouveaux promus. L'étoile en or de Grand Aigle de la Légion d'honneur était de très grande dimension; contrairement aux aigles d'or du 1er type, ses pointes étaient pommetées et la couronne végétale n'était pas apparente entre les doubles pointes de ses branches (cf. l'étoile du maréchal Lannes conservée au Musée de la Légion d'honneur (MNLHOC inv. 07506) et illustrée page 174 n°286 de l'ouvrage de Jean-Pierre Collignon, «Ordres de Chevalerie, décorations et médailles de France»). Aussi l'étoile du Grand Aigle du maréchal Ney, en reprenant exactement l'aspect des aigles d'or du 1er type - pointes non pommetées et couronne végétale ininterrompue - semble être un modèle inédit. Lorsqu'en avril 1806 l'Empereur décida que l'étoile devrait être sommée d'une couronne impériale, les titulaires des différents grades durent faire modifier leurs insignes pour les mettre en conformité avec le nouveau modèle officiel. Toutefois, comme le dessin de la couronne n'avait pas été précisément défini, chaque orfèvre fournissait un modèle particulier. On peut distinguer quatre principaux types, classés selon les motifs ornant la base des arches à palmettes (au nombre de huit ou douze): couronne à fleurons, couronne aux aigles au vol abaissé, couronne aux aigles éployées (phénix) et fleurons, enfin couronnes aux aigles au vol abaissé et fleurons alternés. C'est ce dernier type de couronne qui fut ajouté au Grand Aigle du maréchal Ney, comme à ceux de l'Empereur Napoléon Ier (conservé au Musée de l'Armée: Inv. Ca 06) et du maréchal Bessières (dépôt du Musée de l'Armée au Musée de la Légion d'honneur: MNLHOC inv. Ka 11 N°4530). Lors de la première Restauration (avril 1814 - mars 1815), les titulaires du Grand Aigle durent modifier leurs insignes et faire remplacer les centres impériaux par le nouveau modèle à profil d'Henri IV et aux armes royales de France (d'azur à trois lys d'or); les couronnes, quant à elles, n'étaient généralement pas modifiées (cf. le bijou de Cambacérès conservé au Musée de la Légion d'honneur, MNLHOC inv. 07809). Ainsi fit le maréchal Ney, jusqu'aux Cent Jours. Le 4 décembre 1815, au cours du procès de Michel Ney pour haute trahison, le comte de Bourmont, entendu comme sixième témoin devant la Chambre des Pairs, affirma à propos de l'ordre du jour du maréchal appelant au ralliement à Napoléon, le 14 mars 1815: «Le maréchal était si bien déterminé d'avance à prendre son parti, qu'une demi-heure après, il portait la décoration de la Légion d'honneur avec l'aigle, et à son grand cordon la décoration à l'effigie de Bonaparte. Son parti était pris, à moins qu'il ne l'eût emportée d'avance à Lons-le-Saunier pour le service du Roi.» À cette accusation Ney répondit «M. de Bourmont prétend que je portais une décoration de Bonaparte. J'ai conservé celle du Roi devant Bonaparte, et jusqu'à Paris, où mon bijoutier m'en a fourni de nouvelles; on peut le faire entendre.». Le lendemain fut donc entendu le vingt-deuxième témoin, M. Cailloué, bijoutier au Palais Royal (il était en fait fourbisseur et passementier, cf. «Almanach du Commerce de Paris», J. de la Tynna, Paris 1812), qui affirma avoir reçu le 25 mars, par le valet de chambre du maréchal, toutes ses décorations à changer; il présenta son registre de compte sur lequel figurait «le 25 mars, doit M. le maréchal Ney, médaillon de deux croix grand-cordon, n°75, 50 francs; une croix n°1, 12 francs; médaillon de la croix n°6, 6 francs; deux portraits or émaillé, 30 francs chacun, 60 francs». (Evariste D[umoulin] «Histoire complète du procès du maréchal Ney», tome 2, Delaunay, Paris décembre 1815, pp.124, 127, 132, 165 à 167.) Ainsi, le maréchal Ney avait bien fait modifier ses grands aigles après son ralliement à l'Empereur et non pas avant, par son fournisseur habituel qui substitua les centres Restauration par de nouveaux centres très particuliers. S'inspirant des centres produits depuis plus d'un an pour le gouvernement de Louis XVIII, le listel de l'avers ne porte aucune abréviation de la titulature impériale, tous les mots étant séparés par un point. Quant au médaillon du revers, il porte une aigle majestueuse au dessin caractéristique de la fin de l'Empire et des Cents Jours (cf. l'étoile remise à Lucien Bonaparte en 1815, en dépôt au Musée de la Légion d'honneur, illustrée dans: Arnaud Chaffanjon «Les grand ordres de Chevalerie», tome I, Serg 1977, page 83). Parmi les décorations du maréchal Ney, acquises du 6e prince de la Moskowa par L. B. - le plus important collectionneur français d'ordres de chevalerie - figurait un seul Grand Aigle; la localisation du second, modifié en mars 1815 étant aujourd'hui inconnue, cet insigne est, par son aspect inédit et sa provenance prestigieuse, un témoignage exceptionnel sur l'histoire du Premier Empire et la Légion d'honneur. LES INSIGNES DE GRAND AIGLE DE L'ORDRE DE LA LÉGION D'HONNEUR DÉCERNÉS LE 2 FÉVRIER 1805 AU MARÉCHAL NEY, CHEF DE LA 7E COHORTE Les insignes de Grand Aigle (cordon et plaque) furent instaurés par le décret impérial du 13 pluviôse An XIII (2 février 1805). Les articles 2 et 3 stipulaient que l'Empereur limitait la «grande décoration» à 60 Grands officiers de la Légion d'honneur. Les princes de la famille impériale et les étrangers, honorés de la «grande décoration» par l'Empereur, ne faisaient pas partie des soixante et pouvaient ne pas être membres de l'ordre de la Légion d'honneur. On présentait les armes aux Grands Aigles qui, de plus, jouissaient des Grandes Entrées dans les palais impériaux N. B. – La Commission consultative des trésors nationaux, réunie le 13 juin 2012, a émis un avis favorable de refuser de délivrer le certificat d'exportation pour l’étoile de Grand aigle de la Légion d’honneur du Maréchal Ney ; cet avis sera soumis au ministre de la Culture. Si cette décoration était classée « Trésor national », la décision devrait faire l’objet d’un arrêté et d’une parution au Journal Officiel.

Étoile en or de la création dite du premier type, à cinq rayons doubles à pointes non pommetées, émaillés blanc opaque. Elle est environnée d'une couronne végétale, visible entre l…

Lot n° 10 - Plaque pour habit par Martin-Guillaume Biennais, en broderie d'applique en relief, formant une étoile à cinq branches à doubles pointes appliquées de paillettes en argent disposées en écaille. Le pourtour en léger relief est souligné par une guipure de lame argent avec, de part et d'autre, un filé couvert argent. Le cordonnet de filé argent externe forme une boucle à chaque pointe pour une fixation cousue sur l'habit. Les branches de l'étoile sont anglées d'un faisceau de cinq rayons décroissants à pointes arrondies, en guipure de lame argent, soulignés d'un cordonnet formant une boucle à chaque extrémité. Le centre, légèrement bombé, est en argent et en trois parties finement ciselées. Le médaillon présente l'Aigle Française couronnée, tête à dextre, au vol abaissé, empiétant un foudre avec éclairs; l'aigle est posée sur un champ azur. Le listel, à fond amati, porte la devise de l'ordre «HONNEUR ET PATRIE» et, en exergue, une étoile avec deux abeilles de part et d'autre, chaque élément séparé par un point; les bordures unies, les lettres et les ornements sont en relief et brunis. Au dos, est contrecollé un épais papier vergé. Diamètre: 10,6 cm - Poids: 29 g. Premier Empire vers 1806-1814. PhM + JCP État de conservation: excellent. Infimes usures à des pointes, décollement partiel de la couverture sur le revers. Exposition: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Parmi les décorations du maréchal Ney, acquises du 6e prince de la Moskowa par L. B., le plus important collectionneur français d'ordres de chevalerie, figuraient cette plaque brodée de Grand Aigle et une autre entièrement métallique, présentée à l'exposition de la Légion d'honneur en 1968 (n°325). Le centre en argent, appliqué sur cette étoile brodée, reprend exactement le dessin de la planche 9 du manuscrit de Martin-Guillaume Biennais, «Recueil des ordres français et étranger», conservé à la bibliothèque Paul Marmottan de Boulogne-Billancourt (res. 3389). Cette élégante composition avec des abeilles en exergue se retrouve sur une plaque très semblable qui, par tradition familiale, aurait appartenu à l'Empereur Napoléon (cf. Jean-Pierre Collignon, «Ordres de Chevalerie, décorations et médailles de France», page 199, n° 333)

Plaque pour habit par Martin Guillaume Biennais, en broderie d'applique en relief, formant une étoile à cinq branches à doubles pointes appliquées de paillettes en argent disposées…

Lot n° 11 - INSIGNES DE CHEVALIER DE L'ORDRE DE LA COURONNE DE FER, DÉCERNÉ EN 1807 AU MARÉCHAL NEY Royaume d'Italie - L'ordre de la Couronne de Fer (1805-1815) Fondé le 5 juin 1805 par Napoléon Ier Empereur des Français, après s'être fait couronner Roi d'Italie à Milan, le 26 mai 1805. La Couronne de Fer récompensait les services rendus tant dans la carrière des armes que celle de la magistrature, de l'administration, des lettres et des arts. L'effectif d'origine des trois grades, fixé à 20 dignitaires, 100 commandeurs et 500 chevaliers, fut augmenté, le 29 décembre 1807, de 15 dignitaires, 50 commandeurs et 300 chevaliers. Il y eut deux types d'insignes: le premier avec pointes de la couronne sans boules, et le second avec pointes pommetées. Il y eut deux modèles: le modèle français avec la devise de l'Ordre «DIEU ME L'A DONNÉE, GARE À QUI Y TOUCHE», et le modèle italien (après octobre 1809) avec la devise «DIO ME L'HADATA, GUAI A CHI LA TOCCHA». La couleur du ruban était saumon clair, tirant sur le jaune, avec bordures vert Empire. Insigne de chevalier du premier type et modèle italien, en taille réduite, en argent, or et émaux. Aigle impériale tête à dextre, sortant d'une couronne à fleurons comblée d'une couronne radiée émaillée bleu gris à dix pointes non pommetées. Au-dessus du bandeau, un médaillon ovale en or, ajouré et bordée d'une torsade, avec le profil gauche de Napoléon I portant la couronne de Charlemagne ceinte de lauriers émaillés vert. Sur le bandeau émaillé bleu gris, la devise italienne abrégée en initiales «DIO.M.L.D.G.A.C.L.T.». Anneau de suspension cannelé en argent frappé du poinçon au faisceau de licteur (1809-1819). H. 1,9 cm - l. 1,2 cm - Poids: 2,8 g. Époque Premier Empire, vers 1809-1814. PhM + JCP État de conservation: B à TB. Usures, légère déformation de pointes, accidents aux émaux. Exposition: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Le maréchal Ney fut nommé chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer par décret du 23 décembre 1807, pris à Milan par l'Empereur et Roi d'Italie, aux côtés des maréchaux Mortier, Davout, Moncey et Soult

INSIGNES DE CHEVALIER DE L'ORDRE DE LA COURONNE DE FER, DÉCERNÉ EN 1807 AU MARÉCHAL NEY Royaume d'Italie L'ordre de la Couronne de Fer (1805 1815) Fondé le 5 juin 1805 par Napoléon…

Lot n° 12 - Insigne de chevalier du second type et modèle italien, en taille miniature, en argent, or et émaux. Aigle impériale tête à dextre, sortant d'une couronne à fleurons comblée d'une couronne radiée émaillée bleu gris à dix pointes pommetées. Au-dessus du bandeau, un médaillon ovale en or, à bordure perlée, avec le profil gauche de Napoléon Ier portant la couronne de Charlemagne ceinte de laurier. Sur le bandeau émaillé bleu gris, la devise italienne «DIO ME LA DIEDE GUAIA CHI LA TOC». Anneau de suspension cannelé en argent frappé du poinçon au faisceau de licteur (1809-1819). H. 1,2 cm - l. 0,9 cm - Poids: 1,3 g. Premier Empire, vers 1809-1814. PhM + JCP État de conservation: B à TB. Usures, légère déformation de pointes, accidents aux émaux. Exposition: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney (1905-1969), 5e duc d'Elchingen et 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Voir le numéro précédent

Insigne de chevalier du second type et modèle italien, en taille miniature, en argent, or et émaux. Aigle impériale tête à dextre, sortant d'une couronne à fleurons comblée d'une c…

Lot n° 13 - INSIGNES DE GRAND-CROIX DE L'ORDRE MILITAIRE DU CHRIST DU PORTUGAL DÉCERNÉ EN 1805 AU MARÉCHAL NEY Royaume du Portugal - L'ordre militaire du Christ Fondé en 1319 par Denis Ier roi du Portugal afin de regrouper les chevaliers portugais de l'ordre du Temple aboli en 1312 par le Pape Clément V. Héritant des domaines des Templiers portugais, l'ordre devint rapidement extrêmement puissant, et arma de nombreux navires, étendant ses possessions outre-mer. En 1551, sa grande-maîtrise fut unie à perpétuité à la couronne portugaise; en 1620, l'ordre possédait 26 villes et villages et 454 commanderies. Réformé par la reine Marie Ire en 1789, il fut sécularisé et divisé en trois classes: grand-croix, limités à six; commandeurs et chevaliers. De nouveaux insignes furent créés, chacun surmonté du Sacré-Coeur de Jésus, et ceux des grands-croix devaient être retournés à l'ordre à la mort du récipiendaire. Grand médaillon ovale en or émaillé, portant sur ses deux faces planes un décor identique: champ, entièrement émaillé blanc opaque, agrémenté du Sacré-Coeur ceint de la couronne d'épine au naturel et une grande croix pattée, émaillés rouge translucide sur fond guilloché; la croix latine sommant le Sacré- Coeur et chargeant la croix de l'ordre est émaillée blanc. Le cerclage en or du médaillon est finement guilloché; son sommet porte un petit pontet en anneau, uni et soudé, dans lequel passe l'anneau transversal de suspension, uni et non soudé. H. 7,6 cm - l. 5,3 cm - Poids: 52 g. Écharpe sans noeud en soie moirée rouge, largeur: 10,2 cm. Portugal vers 1806-1814. PhM + JCP État de conservation: superbe. Manque une épingle fixant le cerclage du médaillon. Quelques légères décolorations sur l'écharpe. Exposition: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Par une lettre du 8 mai 1805, le prince régent du Portugal, le futur Jean VI, octroyait les insignes de son ordre des Trois Ordres à Napoléon Ier et ceux de six grand-croix de l'ordre militaire du Christ à des sujets français s'étant distingués au service de l'Empereur. Cet honneur revint à Gaudin, ministre des finances, et à cinq maréchaux d'Empire: Bessières, Davout, Lannes, Mortier et Ney. Un exemplaire presque identique - probable réemploi d'un ancien médaillon retourné à l'ordre - fut remis, en 1839, au prince Albert de Grande-Bretagne (illustré dans le catalogue de l'exposition à la Fondation Mona Bismarck de Paris, par Stephen Patterson «Décorations et Ordres de chevalerie de la Collection Royale Britannique», Merrel Holberton Publishers ltd, Londres 1996, page 53, RCIN: 441504)

INSIGNES DE GRAND CROIX DE L'ORDRE MILITAIRE DU CHRIST DU PORTUGAL DÉCERNÉ EN 1805 AU MARÉCHAL NEY Royaume du Portugal L'ordre militaire du Christ Fondé en 1319 par Denis Ier roi d…

Lot n° 15 - INSIGNE DE GRAND-CORDON DE LA LÉGION D'HONNEUR PREMIÈRE RESTAURATION (AVRIL 1814 - MARS 1815) DU MARÉCHAL NEY, DUC D'ELCHINGEN ET PRINCE DE LA MOSKOWA Plaque de grand cordon de la Légion d'honneur en argent, par Martin-Guillaume Biennais. Étoile à cinq branches à doubles pointes pommetées, à décor imitant les plaques brodées: paillettes disposées en écaille, contours soulignés de guipure et filé couvert. Les branches de l'étoile sont anglées d'une fleur de lys à contour guilloché. Le centre, légèrement bombé, est en argent et en trois parties finement ciselées. Le médaillon, à fond uni, présente le profil gauche du roi Henri IV, tête laurée, portant une armure avec épaulières ornées d'un mufle de lion. Le listel, à fond amati, porte la devise de l'ordre «HONNEUR ET PATRIE»; bordures unies et lettres sont en relief et brunies. Sur le dos, recouvert de maroquin vert, sont montés deux crochets en argent et une agrafe de fixation en acier du type dit «de Biennais». Une pommette porte un poinçon à la tête de sanglier apposé après 1838. Diamètre: 9,7 cm - Poids: 53 g. France, 1814. PhM + JCP État de conservation: TB à TTB. Très légères usures et déformations; manque la boucle de la couronne de lauriers d'Henri IV; petits manques au maroquin vert; oxydation de l'agrafe en acier dont le poussoir d'ouverture manque. Exposition: Paris 1895, «Exposition Historique et Militaire de la Révolution et de l'Empire», Galerie des Champs-Élysées, catalogue de Germain Bapst, page 92 n°343. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Si l'ordonnance du 21 juin 1814 stipulait bien dans son article 2: «La plaque des grand'croix aura trois fleurs de lys surmontées de la couronne royale, avec le même exergue: Honneur et Patrie», moins d'un mois plus tard, le 19 juillet, une nouvelle ordonnance précisait dans son article 7: «La grande décoration de la Légion d'honneur porte le nom de Grand-Cordon: elle consiste (...) dans une plaque brodée en argent (...) au milieu de laquelle sera l'effigie d'Henri IV, avec cet exergue: Honneur et Patrie». L'urgence de la situation força les fabricants à procéder tout d'abord à des transformations de plaques du Premier Empire avant de pouvoir élaborer une étoile propre à la Restauration. La transformation consistait à simplement substituer le profil de l'Empereur par celui d'Henri IV, sur le médaillon, et à araser tout emblème impérial sur le listel. Le maréchal Ney fit ainsi transformer une plaque en argent de grand-aigle d'un modèle à légende émaillée propre à Biennais (cf. [DAYOT Armand] «Napoléon, la République, le Consulat, l'Empire, Sainte-Hélène», Paris Hachette, s.d. 1895?, puis collection L. B. et vente à Drouot du 22 avril 1983, n°29). Aucune précision n'étant donnée par les textes sur le décor entre les branches de l'étoile, on peut supposer qu'un orfèvre parisien de renom, tels Biennais et Coudray, trouva plus esthétique et certainement plus politique de concevoir une nouvelle étoile en supprimant les faisceaux de rayons pour les remplacer par des fleurs de lys, restaurant ainsi l'aspect des plaques de l'Ancien Régime, comme celles du Saint-Esprit et de Saint-Louis (cf. l'extraordinaire plaque de Cambacérès ciselée par Coudray, conservée au Musée de la Légion d'honneur, MNLHOC inv. 07836). Parmi les décorations du maréchal Ney, acquises du 6e prince de la Moskowa par L. B., le plus important collectionneur français d'ordres de chevalerie, il ne figurait qu'une seule plaque de grand-cordon de la Restauration, en argent et anglée de fleur de lys. Bien que non signée, cette plaque est attribuable à Martin-Guillaume Biennais car elle est identique à celle de la collection Brouwet, estampillée Biennais sur l'agrafe de fixation, conservée au Musée Royal de l'Armée de Bruxelles (inv. 200205) et illustrée dans le catalogue par Guy Deploige «Les distinctions honorifiques de la collection Brouwet», 2006 pp. 150-151

INSIGNE DE GRAND CORDON DE LA LÉGION D'HONNEUR PREMIÈRE RESTAURATION (AVRIL 1814 MARS 1815) DU MARÉCHAL NEY, DUC D'ELCHINGEN ET PRINCE DE LA MOSKOWA Plaque de grand cordon de la Lé…

Lot n° 16 - Cordon de Grand Aigle de la légion d'honneur du maréchal Ney. Large ruban de soie moirée rouge non froncée dans sa partie basse, avec un noeud cousu sans liens de suspension, extrémités découpées en dents-de-loup. Demi-longueur: 77 cm - largeur: 10,2 cm. France, Premier Empire. PhM + JCP État de conservation: bon. Décolorations sur l'ensemble dont certaines importantes, quelques taches. Provenance: Michel Ney (1769-1815), maréchal d'Empire (1804), duc d'Elchingen (1808), prince de la Moskowa (1813). Par hérédité et descendance, Michel Georges Napoléon Ney d'Elchingen (1905-1969), 6e prince de la Moskowa (1933), jusque vers 1956. Par acquisition du précédent, collection L. B. NOTE - Lors de son procès pour avoir commis, entre autres griefs, un attentat à la sûreté de l'État, le maréchal Ney apparut devant la chambre des Pairs portant le cordon de la Légion d'honneur aux séances du 21 et 23 novembre, et du 4 au 6 décembre 1815. Il fut rapporté que le maréchal ne portait alors qu'un cordon sans son étoile de la Légion d'honneur. En effet, il eut été maladroit de la part de Ney de paraître devant ses juges arborant des insignes impériaux. Après sa condamnation à mort et sa destitution de l'ordre de la Légion d'honneur, il remit vraisemblablement ce cordon à sa femme, lors de son ultime visite avec ses fils, au matin du 7 décembre. Un peu plus tard, le maréchal Ney se rendit sur le lieu de son exécution sans aucune décoration. Michel Ney fut réhabilité et réintégré sur les listes de la Légion d'honneur, en 1831, par le roi Louis-Philippe

Cordon de Grand Aigle de la légion d'honneur du maréchal Ney. Large ruban de soie moirée rouge non froncée dans sa partie basse, avec un noeud cousu sans liens de suspension, extré…

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