ANTIQUITES EGYPTIENNES - Collection Charles Bouché

Vente : mercredi 24 octobre 2012 - 14:00
Salle 7 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Maison de vente
Thierry de Maigret
Tél. 01 44 83 95 20
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Lot n° 1 - Scarabée de coeur inscrit sur huit lignes au nom de Neb, gouverneur de Memphis Grauwacke Egypte, Nouvel Empire, 1550-1069 av. J.-C. H: 6 cm Les scarabées de coeur sont les amulettes que les embaumeurs plaçaient le plus près du coeur, celui-ci, étant le seul organe replacé dans la momie. En hiéroglyphe, le scarabée signifie «khéper». Il s'agit du même mot utilisé pour «genèse» car le scarabée est un symbole de renaissance et d'éternité. Le texte inscrit sur le plat reprend le plus souvent le chapitre XXX du Livre des Morts «Ô mon coeur de ma mère, ô mon coeur de mes transformations, ne témoigne pas contre moi, ne t'oppose pas à moi devant le tribunal, ne te rebelle pas contre moi en présence du gardien de la balance». Au moment de la pesée, le coeur du défunt devait être en parfait équilibre avec la plume de Mâat lui assurant son passage dans le monde des morts. Antiquaire spécialisé dans le militaria du Premier Empire Charles Bouché (1928 - 2010) n'en était pas moins un grand collectionneur d'archéologie égyptienne. Passionné par les serviteurs funéraires, il sut dès l'après-guerre se constituer pendant une soixantaine d'années une très importante collection de chaouabtis et d'oushebtis, de scarabées de coeur, de très belles statuettes en bronze et quelques grandes amulettes. Son choix confirmé par le professeur Jean Yoyotte et Madame Desroches-Noblecourt, était très axé sur des pièces rares et atypiques qui aujourd'hui, avec leur raréfaction, attisent l'intérêt des collectionneurs d'égyptologie. Charles Bouché avait l'habitude d'acquérir ces pièces dans des collections mythiques telles que celles de Lord Belmore, Mac Gregor, Amélineau, Monier, Omar Pacha, Michaïlidis, Hilton Price, Posno, Roger Peyrefitte... De cet ensemble, on notera tout particulièrement un exceptionnel chaouabti de Séthi 1er en faïence bleue dont on ne connait que six exemplaires (les cinq autres se trouvent tous dans des musées), un très rare chaouabti du Moyen Empire (sorte de prototype de ces statuettes), des serviteurs de pharaons illustres tels Aménophis III, Aménophis IV (Akhénaton) et Ramsès III. Sans oublier un double sarcophage en bois renfermant un chaouabti du Nouvel Empire en albâtre incrusté de jaspe et de pierre verte. En ce qui concerne les statuettes en bronze, les représentations de ces divinités sont pour certaines très atypiques. On peut y voir notamment un Harpocrate sortant d'un lotus devant un orant agenouillé lui offrant un canard de la Basse Epoque. Charles Bouché a su aussi partager ses connaissances et son goût en faisant publier nombres de ses oeuvres dans «Tanis, l'or des pharaons au Grand Palais» par exemple. Sa famille fut mise à contribution pour constituer cet ensemble et rassembler plus de 200 oeuvres: 140 chaouabtis dont une quarantaine de royaux, 38 bronzes, 40 amulettes et scarabées de coeur et quelques statues de pierre. Elles seront livrées au feu des enchères ce 24 octobre 2012 à l'Hôtel Drouot, sous le marteau de Thierry de Maigret. Daniel Lebeurrier

Scarabée de coeur inscrit sur huit lignes au nom de Neb, gouverneur de Memphis Grauwacke Egypte, Nouvel Empire, 1550 1069 av. J. C. H: 6 cm Les scarabées de coeur sont les amulette…

Lot n° 11 - Pectoral en forme de naos présentant en son centre un coeur Ib rapporté encadré de deux piliers djed et surmontant des fleurs de lotus d'où sortent deux bras. Le coeur Ib n'était à l'origine certainement pas prévu pour être placé au centre du pectoral. On y attend normalement un scarabée de coeur. Néanmoins, l'abbé Amélineau indique qu'il les a trouvé ensemble lors de ses fouilles à Abydos Faïence glaçurée verte à rehauts noirs et incrustations en pierre peinte en blanc, rouge et bleu Egypte, Nouvel Empire, XVIIIe ou XIXe dynastie, 1550-1185 av. J.-C H: 11,5 cm Provient de la vente de la collection Amélineau à Drouot les 8 et 9 février 1904 sous le N° 55 Ancienne collection Caron, Drouot 9-11 décembre 1925 Ancienne collection Robert Monier avant 1980 Collection Bouché depuis 1985 La fonction originelle du pectoral est d'assurer la protection magique de celui qui le porte. Il se place sur une région exposée du corps humain qui abrite le coeur et les poumons, organes assurant deux fonctions vitales, c'est le siège de l'âme et du souffle originel. Le pectoral assure ainsi, en premier lieu, un rôle de défense contre les forces magiques qui pouvaient perturber le mort dans l'au-delà. Les plus précieux sont en or incrustés de pierre. Dans des cas plus isolés il pouvait s'agir de cadeaux diplomatiques ou d'offrandes faites au roi à ses sujets. Le coeur lui est à la fois le siège de la pensée et de la conscience mais c'est surtout l'emplacement de la mémoire qui va pouvoir témoigner devant les juges. Il était remis en place dans la momie après l'embaumement. S'il venait à disparaître, le défunt ne pourrait pas se présenter devant le tribunal. Le défunt disposait de coeur de remplacement qui prenait sa forme ou celle d'un scarabée et sur lequel pouvait être gravé des extraits du «Livre des Morts».

Pectoral en forme de naos présentant en son centre un coeur Ib rapporté encadré de deux piliers djed et surmontant des fleurs de lotus d'où sortent deux bras. Le coeur Ib n'était à…

Lot n° 13 - Rare proto-chaouabti (?) à corps conique, épaisse perruque tripartite laissant apparaitre de larges oreilles. Un collier en léger relief est à peine visible entre les deux pans de la perruque. Ce type de chaouabti semble être une pièce unique Albâtre légèrement rubané Egypte, Moyen Empire, 2670-2195 av. J.-C. H: 16 cm Il s'agit de statuettes faisant partie du mobilier funéraire. Elles accompagnent le défunt dans l'au-delà et ont pour fonction d'exécuter les tâches et les corvées agricoles à la place du mort. Idéalement une troupe complète comprend 401 figurines: 365 serviteurs et 36 chefs dizainiers (ou contremaîtres ceux-ci se distinguent par le port d'un pagne) et est généralement présentée rangée dans des boites ou des paniers. Ces serviteurs ont pu être réalisés en bois peint, bitumé ou plaqué d'or, en pierre noire, albâtre et même grès. Les plus courants sont ceux réalisés en faïence qui se caractérisent par leur couleur allant d'un bleu éclatant à bleu-vert plus atténué. L'absence de textes antiques relatant de leur fabrication ne semble pas avoir été un obstacle pour les égyptologues. Les techniques modernes d'analyses permettent aujourd'hui de comprendre dans son ensemble les processus de fabrication. Dès l'Ancien Empire et reprenant des techniques utilisées en Orient, les artisans mettent au point le fameux «bleu égyptien». Le terme de faïence improprement utilisé désigne une céramique siliceuse émaillée; la matière première est la silice que l'on trouve en abondance dans le sable du désert oriental et à Assouan. L'ajout de fondants (chaux et alcalis) en plus de baisser le point de fusion de la silice permet une meilleure cohésion des éléments. La couleur quant à elle provient d'oxyde de cuivre ajouté à la pâte. Les inscriptions et détails sont faits avec l'oxyde de fer. Après un temps de séchage nécessaire, la pièce est cuite en une fois à 900-950 °c. Dans un ordre chronologique apparaissent tout d'abord les chaouabtis. On les trouve ainsi dès le Moyen Empire, vers 1 800 av. J.C. dans les sépultures de la XIIe dynastie. Ce nom pourrait être issu du bois «chaouab», le perséa, qui est alors souvent utilisé pour les réaliser. Néanmoins, la production de ces statuettes prend réellement son essor au Nouvel Empire. Ils prennent la forme de la momie d'Osiris et portent les instruments aratoires. Ainsi l'on trouve la houe, l'hoyau, un sac pour ramasser les récoltes et plus rarement un moule à brique: tous utilisés dans les travaux agraires. Les rois de la XVIIIe dynastie les adoptent (Aménophis II ou encore Toutankhamon) mais leurs mains sont alors représentées vides car ils symbolisent le travail «manuel» qu'un pharaon ne peut exécuter. On les remplace alors par les insignes de la royauté telles que le flagellum (nekhekh) et le crochet (héqa). La coiffure peut également varier entre différentes formes de perruques mais aussi la représentation du némès (emblème de la royauté) ou du khepresh (casquecouronne bleue). Lorsqu'il est inscrit le chaouabti présente une colonne de texte (la formule d'offrande funéraire classique ou encore le chapitre VI du Livre des Morts), le nom et les titres du défunt. Le mot de chaouabti est remplacé par celui d'oushebti à partir de la XXIIe dynastie car le bois n'est plus utilisé. Ces statuettes inscrites ou anépigraphes, allant d'un grand naturalisme jusqu'à un schématisme extrême, sont par la variation de type et de matière, de qualité d'exécution, des indicateurs économiques et sociaux des plus intéressants. Celui de Séthi 1er que nous passons en vente montre que ce pharaon était l'un des plus dispendieux dans ce domaine.

Rare proto chaouabti (?) à corps conique, épaisse perruque tripartite laissant apparaitre de larges oreilles. Un collier en léger relief est à peine visible entre les deux pans de …

Lot n° 15 - Fragment de chaouabti présentant un torse au nom d'Aménophis III inscrit sur 4 colonnes ventrales du chapitre VI du Livre des Morts. Le cartouche Nebmâatré est présent en haut de la deuxième bande. Il portait le némès sculpté et gravé avec un catogan annelé Texte: 1: Faire exécuter aux shabtis...: Nebmâatré, juste de voix dans le monde des morts... 3: souvenez vous de moi... 4: écoutez toutes ses supplications dans le district de Peker... Péridotite serpentinisée. Magnifique polissage de la pièce Egypte, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, règne d'Aménophis III, 1391-1353 av. J.-C. H: 12,7cm Bibliographie: J.F Aubert et L. Aubert, Statuettes égyptiennes, Paris, 1974, p 164 La tombe d'Aménophis III fut découverte dans la Vallée des Rois (tombe VR 22). Elle a été explorée dès 1799 par les membres de l'expédition d'Egypte. Pour les oushebti les pierres utilisées sont généralement le granit rose, la serpentine, la granodiorite, l'albâtre, l'hématite et pour le bois l'ébène. Ceux en granit rose peuvent aller jusqu'à 70 cm et 15 kg. Ils sont tous momiformes, avec des barbes postiches et brisés au niveau des genoux (peut être pratique funéraire magique). Aménophis III utilise des formules particulières pour ses chaouabti où il combine le chapitre VI et des invocations plus particulières.

Fragment de chaouabti présentant un torse au nom d'Aménophis III inscrit sur 4 colonnes ventrales du chapitre VI du Livre des Morts. Le cartouche Nebmâatré est présent en haut de l…

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