Mobilier, objets d'art, sculptures, bronzes, verreries, pendules, paravent, tableaux anciens

Vente : lundi 11 décembre 2017 - 14:00
Salle 10-16 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Lot n° 2 - COUPE OBLONGUE AU HOMARD Italie, Milan, vers 1550-1570
H. 5,4 cm, L. 17,3 cm, P. 10,2 cm
DEUX RARES COUPES EN CRISTAL DE ROCHE PROVENANT DES COLLECTIONS DU BARON GUSTAVE SAMUEL JAMES DE ROTHSCHILD
Italie, Milan, vers 1550-1570
Cristal de roche et or émaillé
Provenance
Collection du Baron Gustave Samuel James de Rothschild (Paris, 1829-1911) à l’Hôtel de Marigny à Paris (fig.1 & 2)
Puis collection de sa fille Zoé Lucie de Rothschild (1863-1916), Baronne Lambert
Puis collection, de sa petite-fille, Jonkvrouw Claude Lambert (1884-1972), mariée en 1904 à Jean Stern (1875-1962)
Puis Collection, Paris
Les deux coupes présentées en cristal de roche ont été réalisées à Milan au XVIe siècle, important centre de production d’objets en pierres dures, supplantant les ateliers des cristalliers vénitiens déclinant depuis la fin du XVe siècle.
La première coupe (lot 2) de forme oblongue, est ornée sur sa panse de chimères, fleurons d’acanthe et de fruits. De petits ressauts ovales, taillés dans la masse forment des amorces d’anses. Au revers de son court piédouche est gravé un homard, motif rare au XVIe siècle.
La seconde coupe (lot 3) à contours polylobés, est gravée de fleurons à enroulements d’acanthe rythmés de chimères ailées. Elle repose sur un piédouche rapporté, également en cristal de roche, de forme balustre à base ovale joint à la panse par une bague en or émaillé blanc et noir.
Au milieu du XVIe siècle apparaît à Milan le décor gravé sur les objets en cristal de roche, notamment des vases exécutés au tour, prenant une forme circulaire ou oblongue, reposant sur un piédouche conçu dans la masse ou rapporté. L’ornementation était alors composée de rinceaux, chapelets de graines ou cosses de pois. Les scènes figurées ne se développèrent que dans la seconde moitié du XVIe siècle, agrémentées de montures en
or émaillé et de pierres précieuses.
Milan accueillit des ateliers renommés de graveurs de cristal de roche, dont le plus important fut celui des Miseroni. Gasparo (vers 1518-vers 1573) et son frère, Girolamo (vers 1522-1600), oeuvrèrent comme lapidaires et orfèvres. Gasparo fut fournisseur de la Cour de Toscane et de celle de l’Empereur Maximilien II.
Girolamo eut neuf fils dont Giulio (vers 1559-1594) qui partit développer son art à la Cour d’Espagne et Ottavio (vers 1569-1624) appelé par Rodolphe II à Prague. Souverains et grands collectionneurs ont de tous temps été fascinés par les objets précieux montés de gemmes et de matériaux rares. François Ier, Henri IV et surtout Louis XIV réunirent d’importantes collections d’objets en pierres dures ou « bijoux », selon le terme employé
alors.
L’inventaire des collections de la Couronne de France recensait en 1723 pas moins de 532 objets en cristal de roche. Ces derniers furent principalement acquis à Milan entre 1685 et 1687 par des émissaires au budget illimité, comme les sieurs de Murat, de la Touanne ou de Turmeynes, chargés des transactions par Louis XIV. Le Grand Dauphin, fils
de Louis XIV fut également un grand amateur de ces objets précieux et à sa mort en 1711, une grande partie de sa collection échut à son deuxième fils, le Duc d’Anjou, devenu Philippe V d’Espagne et aujourd’hui conservée au Musée du Prado (fig. 3 & 4).
Cette fascination pour les objets en cristal de roche perdura jusqu’au XIXe siècle, continuant de former la part la plus précieuse des collections des plus grands amateurs du temps. Parmi ces derniers, figura en particulier le baron Gustave Samuel de Rothschild.
Fils du baron James de Rothschild, Gustave Samuel James de Rothschild est né à Paris le 17 février 1829. Il devint consul général d’Autriche-Hongrie. Célèbre collectionneur, il posséda notamment L’homme à la guitare de Frantz Hals ainsi que des Rembrandt. Il avait également constitué une importante collection d’émaux limousins, de faïences de Saint-Porchaire et de cristaux de roche parmi lesquels figuraient nos deux coupes.
Avec son frère Edmond, il finança les fouilles de Milet, Didymes, Tralles et Magnésie, effectuées en 1873 par l’archéologue Rayet qui offrit le produit de ses recherches au Musée du Louvre. Le 15 juin 1869, il acquit de la duchesse de Bauffremont, pour la somme de 2.700.000 francs, deux hôtels sis 21 avenue Marigny et 14 rue du Cirque, le tout formant une superficie de 3555 m² environ. Les deux hôtels furent réunis en une seule propriété
en 1872. À ce premier ensemble, il adjoignit rapidement de nouvelles constructions, et le 17 mai 1879, devint également le propriétaire de l’hôtel du 13 avenue Marigny. D’importants travaux de construction furent alors exécutés de 1873 à 1883 par son architecte attitré, Alfred-Philibert Aldrophe (1834-1895), donnant à « l’hôtel de Marigny », aujourd’hui propriété de l’État et annexe du Palais de l’Élysée, sa physionomie actuelle. Gustave Samuel James de Rothschild posséda également le château des Hayes, dit de La Versine, à Saint-Maximin, près de Chantilly (Oise), qu’il fit reconstruire par Aldrophe à partir de 1880. Il fonda aussi, en 1873, avec son frère Alphonse de Rothschild, le célèbre haras de Méautry, à Touques, en Normandie. Le baron mourut à Paris le 28 novembre 1911. Il avait épousé Cécile Anspach (1840-1912), fille de Philippe Anspach, dont il eut trois
fils, parmi lesquels deux moururent en bas âge, et trois filles.
C’est l’une de ses trois filles, Zoë Lucie de Rothschild (1863-1916), mariée en 1882 avec le baron Léon Lambert (1851-1919), qui hérita de nos deux coupes. Jonkvrouw Claude Lambert (1884-1972), fille du baron et de la baronne Lambert et petite fille du baron Gustave Samuel James de Rothschild, mariée en 1904 avec Jean Stern (1875-1962), hérita à son tour d’une partie de la collection, et qui céda nos précieux objets au propriétaire actuel.

COUPE OBLONGUE AU HOMARD Italie, Milan, vers 1550 1570 H. 5,4 cm, L. 17,3 cm, P. 10,2 cm DEUX RARES COUPES EN CRISTAL DE ROCHE PROVENANT DES COLLECTIONS DU BARON GUSTAVE SAMUEL JAM…

Lot n° 5 - ANTINOÜS DU BELVÉDÈRE Attribué à Guglielmo DELLA PORTA (vers 1510-1577)
Italie, fin XVIe - début XVIIe siècle
Bronze doré
H. 22,5 cm, L. 9,5 cm, P. 5,5 cm
Cette statuette constitue une remarquable et très précoce interprétation, en réduction, de l'Antinoüs du Belvédère, l'un des plus célèbres marbres antiques découvert à Rome près du château Saint-Ange (fig. 1).
Acquis par Paul III en 1543, l'oeuvre antique est installée dans la cour des sculptures du Palais du Belvédère aux côtés du groupe du Laocoon et de l'Apollon du Belvédère.
Très vite, il connut un vif succès. Nicolas Poussin vit en lui le canon des proportions idéales et en 1683, Gérard Audran l'inclut dans son recueil des Proportions du corps humain mesurées sur les plus belles figures de l'Antiquité, destiné aux jeunes sculpteurs.
Des copies et réductions furent réalisées par de nombreux artistes. Ainsi Hubert Le Sueur fit une copie en bronze pour Charles Ier d'Angleterre, Louis XIV commanda pour ses jardins des copies en marbre, dont un exemplaire en 1686 (Par Pierre I Le Gros, inv. 1850 n°9081) et un autre en bronze (fonte de Jean-Balthazar et Jean-Jacques Keller, inv.
1850 n°8919).
Notre modèle peut être rapproché des travaux du sculpteur italien Guglielmo della Porta (vers 1510-1577) dont on connait plusieurs exemplaires en bronze du marbre antique. Le Detroit Institute of Arts conserve un Antinoüs du Belvédère aux caractéristiques stylistiques similaires au nôtre, hormis la présence du tronc de palmier existant sur le modèle original (fig. 2). D'autres versions, avec variantes, sont notamment conservées à Berlin au Staatliche Museum (inv. VK 19b), à Dresde au Grünes Gewölbe (inv. IX 76) ou encore au sein de collections particulières (fig. 3).

ANTINOÜS DU BELVÉDÈRE Attribué à Guglielmo DELLA PORTA (vers 1510 1577) Italie, fin XVIe début XVIIe siècle Bronze doré H. 22,5 cm, L. 9,5 cm, P. 5,5 cm Cette statuette constitue u…

Lot n° 9 - CHRIST À LA COLONNE Attribué à Barthélémy PRIEUR (1536-1611)
Paris, fin du XVIe siècle, début du XVIIe siècle
Bronze patiné
Socle à piédouche circulaire en loupe moulurée
Sujet: H. 18 cm - H. totale: 24,5 cm
Cette statuette en bronze finement ciselé et patiné représente le Christ debout dans un léger déhanchement, la tête penchée dans un profond recueillement. Il porte un perizonium noué sur ses hanches. À l'arrière, ses mains se rejoignent, retenues par des liens invisibles. Le thème de la Passion, et en l'espèce l'épisode de la Flagellation, fut largement développé par les artistes à partir de la Renaissance, notamment pour répondre à la dévotion privée des collectionneurs et des amateurs.
La posture de Jésus tout en retenue et en introspection est très proche d'un autre bronze attribué à Barthélémy Prieur (fig. 1). Traitant le même thème, avec quelques variantes dans le jeu de la musculature, on retrouve ce travail précis et détaillé de la chevelure et de la barbe tout en ondulations et en boucles épaisses. Technique qui se retrouve également dans l'unique oeuvre signée par l'artiste connue à ce jour, Henri IV en Jupiter, statuette en bronze patiné aujourd'hui conservée au Musée du Louvre (fig. 2).
À noter que deux inventaires de l'atelier de Barthélémy Prieur, datant de 1583 et 1611, mentionnent la présence d'un grand nombre de statuettes aux sujets les plus divers.

CHRIST À LA COLONNE Attribué à Barthélémy PRIEUR (1536 1611) Paris, fin du XVIe siècle, début du XVIIe siècle Bronze patiné Socle à piédouche circulaire en loupe moulurée Sujet: H.…

Lot n° 11 - ALLÉGORIE DU TEMPS SOUS LES TRAITS D'UN PUTTO Par Ercole FERRATA (1610-1686)
Italie, milieu du XVIIe siècle, vers 1660
Terre cuite, tilleul peint et doré
H. 22,5 cm, L. 33 cm, P. 15 cm
Petits éclats
Provenance
Galerie Kugel, acheté lors de l'exposition de Maastricht
Bibliographie
Notre oeuvre est publiée dans Massimo Vezzosi (sous la direction de), Andrea Bacchi, Terrecotte italiane tra maniersimo e barocco, Florence, n° 3 p. 24 et suivantes (fig. 1)
Le putto réalisé en terre cuite patinée est allongé sur un drapé aux lourds plissés. De sa main gauche il tient un sablier qu'il présente de sa main droite. Son visage adopte une expression grimaçante. La composition ainsi que le traitement du sujet sont à rapprocher de l'oeuvre en bronze d'Alessandro Algardi (1595-1654), Hercule enfant se battant contre un serpent, daté des années 1650. La posture d'Hercule, à demi allongé sur un drapé, est identique à notre sujet. Le rendu potelé du corps des bambins est comparable, tout comme le traitement de la chevelure conçue en épaisses boucles.
Parmi les artistes romains ayant des affinités avec l'Algarde, Ercole Ferrata semble en être le plus proche de par son classicisme. Ce dernier est documenté à Rome à partir de 1647, où il travaille pour Le Bernin à la Basilique Saint-Pierre et prit la relève des travaux à San
Nicola Tolentino à la mort de l'Algarde.

ALLÉGORIE DU TEMPS SOUS LES TRAITS D'UN PUTTO Par Ercole FERRATA (1610 1686) Italie, milieu du XVIIe siècle, vers 1660 Terre cuite, tilleul peint et doré H. 22,5 cm, L. 33 cm, P. 1…

Lot n° 12 - BUSTE D'ALBERT DE HABSBOURG, ARCHIDUC D'AUTRICHE, GOUVERNEUR DES PAYS-BAS ESPAGNOLS DE 1595 à 1621
BUSTE D'IÑIGO MELCHOR FERNANDEZ DE VELASCO, DUC DE FRIAS, GOUVERNEUR DES PAYS-BAS ESPAGNOLS DE 1668 à 1670
Pays-Bas espagnols ou Espagne, fin du XVIIe siècle
Bronze doré
Buste de l'Archiduc Albert de Habsbourg:
Inscription: le chiffre II gravé au revers du buste
H. 31 cm (sans socle) - 46 cm (avec socle), L. 26,5 cm, P. 22 cm
Buste d'Iñigo Melchor Fernandez de Velasco:
Inscription: le chiffre 2 gravé au revers du buste
H. 29,5 cm (sans socle)- 44,5 cm (avec socle), L. 26 cm, P. 21,5 cm
Le premier de ces exceptionnels bustes en bronze doré figure Albert, Archiduc d'Autriche (1559 - 1621), fils de Maximilien II d'Autriche et de Marie d'Autriche (fig. 1).
Cinquième fils de l'Empereur Maximilien II, il fut envoyé à l'âge de 11 ans à la Cour de Madrid où son oncle le roi Philippe II veilla sur son éducation.
Le souverain dirigea Albert vers une carrière ecclésiastique et en 1577, le jeune homme est nommé cardinal par le pape Grégoire XIII, dignité ecclésiastique qui, à l'époque, n'oblige pas à entrer dans les Ordres. Albert ne sera jamais prêtre ni évêque. Le roi envisage de faire d'Albert le primat d'Espagne en le nommant à l'archevêché de Tolède mais la longévité du titulaire amène le roi à tempérer ses ambitions pour son neveu. Il nomme ce dernier Vice-Roi et Grand Inquisiteur du Portugal et de son empire.
En 1595, son frère Ernest étant décédé, Albert est nommé Gouverneur des Pays-Bas alors en pleine révolte et soutenus par la France et l'Angleterre. Le conflit prend fin avec la paix de Vervins et Philippe II décide d'octroyer leur indépendance aux Pays-Bas avec à leur tête
Albert lequel est marié à Isabelle-Eugénie, sa fille aînée. Une clause du traité stipule que si le couple s'éteint sans descendance, les Pays-Bas redeviendront possession espagnole.
Albert épouse donc en 1599 sa cousine, l'infante Isabelle d'Espagne (1566-1633), fille de Philippe II d'Espagne, qui lui apporte en dot les Pays-Bas, dont ils deviennent les souverains.De ce mariage naîtront trois enfants qui moururent en bas âge: Philippe, né le 21 octobre 1605, Albert, né le 27 janvier 1607et Anna Mauritia, née vers 1608/1609.
De 1598 à 1621, le jeune couple archiducal tente d'abord de consolider par la force l'autorité habsbourgeoise (siège d'Ostende) sur les Pays-Bas car le pays est déchiré par une guerre civile.La paix établie, le couple, profondément catholique, va réformer la justice, développer l'économie, en suscitant des travaux d'intérêt public tels que l'assèchement des marécages à la frontière de l'actuelle Flandre orientale et de la France.
Ils installent leur cour à Bruxelles et s'entourent d'artistes comme Rubens ou Jan Brueghel.
La mort d'Albert en 1621 met fin à cette période d'essor et de calme; faute d'héritier, la souveraineté sur les Pays-Bas revient à l'Espagne, l'infante Isabelle étant désignée comme
Gouvernante générale. En 1648, cinquante ans après l'avènement d'Albert et Isabelle, la Paix de Westphalie marque la fin de la guerre civile qui a définitivement séparé les Pays- Bas méridionaux et la République des Provinces-Unies.
Le second buste, traité avec la même virtuosité représente Iñigo Melchor Fernández de Velasco, Duc de Frías (vers 1635 - 1696), noble espagnol, cousin de Jean IV de Portugal.
Il fut Gouverneur des Pays-Bas espagnols de 1668 à 1670, et Connétable de Castille de 1652 à 1696. Son portrait, peint par Murillo en 1658, est au Musée du Louvre (fig. 2).
Il existe d'autres bustes de cette même série des grands personnages espagnols conservés au Museum für Angewandte Kunst et Liebieghaus de Francfort provenant de l'ancienne collection Auguste de Ridder: l'Archiduc Ernst d'Autriche (1553-1595), Ferdinand d'Autriche (1609-1641), Luis de Benavides Carrillo de Toledo, Marquis de Caracena (1608-1668) et Francisco de Moura, 3e marquis de Castelo Rodrigo (1610-1675). On y retrouve cette même qualité de traitement du bronze doré ainsi qu'un socle tout à fait similaire aux nôtres, centré d'un masque effrayant, composé de moulures et reposant sur des pieds griffes à acanthes en bronze doré (fig. 4, 5, 6 & 7).

BUSTE D'ALBERT DE HABSBOURG, ARCHIDUC D'AUTRICHE, GOUVERNEUR DES PAYS BAS ESPAGNOLS DE 1595 à 1621 BUSTE D'IÑIGO MELCHOR FERNANDEZ DE VELASCO, DUC DE FRIAS, GOUVERNEUR DES PAYS BAS…

Lot n° 13 - HISTOIRE DE LA VIE D'ALEXANDRE LE GRAND Par César SAVOYE (?-av. 1670)
Grenoble, milieu du XVIIe siècle Quatre toiles Châssis d'origine
Cadres d'époque en bois patiné or
ALEXANDRE DOMPTANT BUCÉPHALE DEVANT SON PÈRE PHILIPPE II DE MACÉDOINE LA TRAVERSÉE DE L'HELLESPONT ALEXANDRE ET LA FAMILLE DE DARIUS ALEXANDRE DEVANT PERSÉPOLIS EN FLAMME
204 x 245 cm env. pour chaque toile 228 x 268 cm env. avec cadre pour chaque toile. Pour l'ensemble des 4 peintures (division possible par paire)
Provenance
Collections du Château de Crolles (Isère)
Puis dans les années 1830, collections du Château de Tencin (près de Grenoble)
Ces toiles sont classées Monuments Historiques au titre Objet au Château de Tencin par arrêté du Ministère de la Culture en date du 30 avril 1996
Ces quatre toiles représentant des épisodes de la vie d'Alexandre le Grand ont été réalisées par l'un des peintres les plus important du Dauphiné au XVIIe siècle, César Savoye.
Fils du maître menuisier Louis Savoye, César fut membre fondateur de l'Académie de Peinture de Grenoble. Il exécuta des portraits en pied des membres de la famille Frère, présidents du Parlement de Grenoble et surtout réalisa huit imposantes toiles sur l'Histoire d'Alexandre le Grand pour le Château de Crolles dont proviennent les quatre toiles que nous présentons.
On peut noter deux styles visibles sur celles-ci. Pour deux d'entre elles, l'influence des écoles du Nord du XVIe siècle sont très sensibles, avec des scènes principales inscrites dans des paysages bleutés. Pour les deux autres, l'influence du classicisme français dans la lignée de Laurent de La Hyre ou Philippe de Champaigne est notoire avec des compositions concentrées sur la scène principale.
La suite de l'Histoire d'Alexandre le Grand fut probablement commandée par la famille Frère qui fournit plusieurs présidents au Parlement de Grenoble. Le château de Crolles, édifié en 1340, fut acquis en 1617 par Claude Frère, premier Président du Parlement. La demeure passa au cours des décennies entre les mains de différentes familles. Au XVIIIe siècle, elle appartint à Antoine de Guérin, Seigneur de Tencin et Président au Parlement du Dauphiné. Les toiles furent envoyées dans les années 1830 au Château de Tencin pour y rester jusqu'au XXe siècle.

HISTOIRE DE LA VIE D'ALEXANDRE LE GRAND Par César SAVOYE (? av. 1670) Grenoble, milieu du XVIIe siècle Quatre toiles Châssis d'origine Cadres d'époque en bois patiné or ALEXANDRE D…

Lot n° 16 - VÉNUS PUDIQUE DITE VÉNUS MÉDICIS Attribué à François GIRARDON (1628 - 1715)
France, époque Louis XIV, vers 1700
Bronze à patine brun clair
H. 51 cm
Référence bibliographique
Alexandre Maral, Girardon - Le Sculpteur de Louis XIV, éd. Arthena, Paris 2015
Cette oeuvre en bronze est une réplique du célèbre marbre antique d'époque hellénistique aujourd'hui conservé au Musée des Offices de Florence (fig.1). La date et son lieu de découverte ne sont pas aujourd'hui documentés. Il en est fait mention pour la première fois en 1559 lorsqu'une réduction en bronze est réalisée par Willem van Tétrode pour le compte de Philippe II d'Espagne.
Elle est publiée pour la première fois en 1638 par François
Perrier dans son Recueil de planches gravées à l'eau forte illustrant les plus belles statues romaines.
La sculpture est transportée de Rome à Florence entre 1677 et 1679 par les soins de Côme III de Médicis dans le jardin de la Villa Médicis puis entre en1688 à la Galerie des Offices.
Le thème connut un grand succès auprès des artistes et des amateurs du XVIIe et XVIIIe siècle, notamment en France. Vers 1630, Hubert Le Sueur réalisa une copie grandeur nature en bronze pour le Cardinal de Richelieu. Les collections de Louis
XIV dénombraient cinq copies de l'antique exécutées par Martin
Carlier, Jean-Jacques Clérion, Antoine Coysevox, Nicolas Frémery et les frères Keller qui se seraient inspirés d'un modèle conçu par François Girardon (fig. 2). Cette dernière fonte, ainsi que celle d'Adonis, renvoient aux commandes faites auprès de François Girardon prévues en 1685 sur la terrasse du Parterre d'Eau à Versailles. Jamais réalisées en bronze, il demeure cependant une trace de la somme de 400 livres faite à Girardon «pour son payement des modèles de cire et de plastre qu'il a fait de Vénus et d'Adonis sur la terrasse du château de Versailles». Selon Monsieur Alexandre Maral, ces modèles sont à rapprocher des oeuvres en bronze livrées par Keller en 1687. Ces dernières seront finalement attestées au château de Marly dans l'inventaire dressé en 1695 et aujourd'hui conservées à Versailles.
Quant aux réductions en bronze, les collectionneurs purent à loisir se les procurer auprès des grands ateliers de sculpteurs notamment italiens comme celui de Massimiliano Soldani-Benzi qui reçut commande du Prince Johann Adam
Andreas I von Lichtenstein en 1695, aujourd'hui conservé dans The Princely
Collection du Lichstenstein (fig. 3) (inv.-No. SK537).

VÉNUS PUDIQUE DITE VÉNUS MÉDICIS Attribué à François GIRARDON (1628 1715) France, époque Louis XIV, vers 1700 Bronze à patine brun clair H. 51 cm Référence bibliographique Alexandr…

Lot n° 19 - BACCHUS Italie, première moitié du XVIIe siècle
Bronze à patine brun nuancé
H. 30 cm, L. 7 cm, P. 5 cm
Le thème de Bacchus accompagné d'une panthère, exploité dès l'Antiquité, fut repris par les artistes de la Renaissance en contact avec les modèles antiques visibles à Florence ou à Rome (fig. 1).
Le traitement stylistique de notre oeuvre correspond aux réalisations du début du XVIIe siècle des grands centres italiens et français, sans que l'on puisse identifier avec certitude son auteur. Le dieu de la vigne et des fêtes apparaît sous les traits d'un jeune homme accompagné d'une panthère, animal fréquemment présenté en sa compagnie. Marquant un léger déhanchement, il porte un bras au dessus de sa tête et tient des grappes de raisins dans les deux mains. Une cape en peau lui couvre une épaule et le dos laissant exposer sa nudité.
Faisant partie de cette production de «petits bronzes» très appréciés par une clientèle d'amateurs éclairés pour qui les sujets tirés de l'Antiquité avaient un grand attrait, plusieurs versions de ce modèle datées entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, sont aujourd'hui répertoriées dans les grandes collections mondiales. On peut, entre autre, mentionner deux exemplaires au Metropolitan Museum of Art, à New York, provenant respectivement des collections J. Pierpont Morgan et Jack and Belle Linsky (fig. 2), un autre est conservé au sein de la Residenzmuseum, à Munich, un au Kestnermuseum à Hanovre, un au Nationalmuseum à Stockholm (celui-ci fut inventorié au château de Drottningholm en 1777) et un est détenu par la célèbre collection Robert H. Smith (fig. 3).
La popularité de ce bronze se reflète également par son illustration picturale sur une toile de l'école flamande datée vers 1620, titrée Cognoscenti in a Room hung with
Pictures, aujourd'hui conservée à la National Gallery à Londres qui présente un intérieur d'amateurs d'art où sont exposés notamment des petits bronzes et en particulier notre modèle de Bacchus (fig. 4).

BACCHUS Italie, première moitié du XVIIe siècle Bronze à patine brun nuancé H. 30 cm, L. 7 cm, P. 5 cm Le thème de Bacchus accompagné d'une panthère, exploité dès l'Antiquité, fut …

Lot n° 20 - ARMOIRE «AUX RENOMMÉES»
Par Thomas Hache à Chambéry (1664 - 1747)
France, Chambéry, vers 1690
Bâti de sapin, ronce de noyer, bois indigènes teintés, bois noirci, scagliole H. 222 cm, L. 154 cm, P.62 cm
Issue des ateliers de l'artiste Thomas Hache, cette grande armoire ouvre en façade par deux vantaux agrémentés d'un très fin décor marqueté caractéristique du style développé par le Maître à la fin du XVIe siècle. Chaque panneau se divise en un décor tripartite dans des réserves. En partie haute, deux coqs émergeant de rinceaux encadrent un vase aux fleurs épanouies. Au centre prennent place deux allégories de la Renommée, accoudées sur un entablement supportant un vase. Sous cette scène, l'artiste a figuré un monogramme en lettres cursives entrelacées, flanqué d'une couronne et deux palmes croisées. Dans le décor du troisième cartouche, apparaît une nouvelle fois ce motif de vase fleuri posé sous un drapé. La corniche est centrée du thème de l'«Homme Sauvage» où un individu saisit la chevelure d'un second personnage qui, dans la lutte, laisse échapper sa massue. Les rinceaux qui les entourent conduisent à deux hippogriffes, animaux fantastiques à têtes d'aigles et corps de cheval.
Sur l'ensemble de cette façade, Thomas Hache, fils aîné du fondateur de la célèbre dynastie d'ébénistes grenoblois, montre sa parfaite maîtrise de la marqueterie, des couleurs et des matériaux. S'inspirant des créations d'ornemanistes tels Jean-Baptiste
Monnoyer (1635-1699), Jean I Bérain (1640-1711) ou encore employant le vocabulaire des grotesques italiens (fig. 1), Hache traite chacun des éléments du décor avec une grande nervosité et un sincère naturalisme. On notera le délicat liaisonnement entre les différents cartouches ou encore l'emploi de scagliole bleue.Sur les côtés, on retrouve ce type de décor naturaliste dans trois cartouches où se mêlent feuillages, draperies ou encore quartefeuilles.Ce répertoire iconographique et ornemental se retrouve dans plusieurs oeuvres de Thomas Hache, notamment des armoires réalisée à la fin du XVIIe siècle et conservées en mains privées. Ainsi, la représentation de «l'Homme Sauvage» est visible sur la corniche d'une armoire exécutée à Chambéry vers 1690-1695 (fig. 2).
Le traitement des vases fleuris ou encore l'emploi de Renommées soufflant dans leurs trompettes est visible sur plusieurs réalisations du Maître et notamment sur une armoire dite «aux masques» (fig. 3).
L'une des armoires les plus semblables à l'oeuvre que nous présentons semble être celle dite «aux coqs» dans laquelle nous retrouvons, outre la représentation de ces volatiles, les Renommées, les vases fleuris, le monogramme, les palmes, la corniche à «l'Homme Sauvage» et les bouquets sommés de draperies. Le décor des côtés est également très similaire (fig. 4).
La famille Hache fut probablement la plus célèbre famille d'ébénistes grenoblois. Son fondateur, Noël Hache (1630-1675), fils d'un maître boulanger, s'initia à la technique du placage dans l'atelier d'un maître établi à Calais, où il fut fortement influencé par les marqueteurs des écoles du Nord, en particulier ceux d'Anvers et d'Amsterdam.
Il s'établit ensuite à Toulouse où il exerça quelque temps en qualité de compagnon chez un maître menuisier, puis obtint l'autorisation d'ouvrir son propre atelier malgré les nombreuses réticences de la corporation. Si Noël Hache employa comme nombre de ses confrères l'ébène, il innova en introduisant dans ses marqueteries des bois et des matériaux exotiques comme le santal, le bois de rose, le bois violet, ainsi que l'ivoire.
Après sa mort survenue en août 1675, sa veuve épousa un menuisier ébéniste qui reprit l'atelier à son compte. Si un de ses fils, Charles, resta longtemps compagnon dans le propre atelier de son père, son aîné, Thomas (1664-1747), considérant que son avenir était désormais compromis par le remariage de sa mère, décida de quitter définitivement le giron familial.
Il s'établit comme compagnon à Chambéry, ville appartenant alors à la maison de Savoie, et y apprit les décors à l'italienne: ornementation polychrome aux riches enroulements végétaux, feuilles d'acanthe, entrelacs et autres arabesques. Il s'installa à Grenoble vers 1695 où il entra, toujours en qualité de compagnon, dans l'atelier du maître ébéniste Michel Chevalier qui décéda en 1697. Thomas épousa sa fille deux ans plus tard, une union qui lui facilita l'accession à la maîtrise et la reprise de l'atelier de son maître en 1700. Il gagna rapidement en notoriété et obtint en 1721 le brevet d'ébéniste ordinaire du duc Louis d'Orléans, gouverneur du Dauphiné. Il obtiendra également la charge de «garde du duc d'Orléans».
En 1705, naquit son fils unique, Pierre Hache (1705-1776) qui épousa Marguerite
Blanc avec laquelle il eut douze enfants. L'atelier était désormais très renommé et les nombreuses commandes qui affluèrent, non seulement de meubles mais aussi d'ouvrages de menuiserie (portes cochères, sculptures sur bois, etc.), permirent à la famille Hache de vivre dans la prospérité. Thomas Hache exerça au côté de son fils
Pierre, mais aussi de son petit-fils Jean-François Hache, dit l'ainé (1730 - 1796). Il mourut le 13 mars 1747.
Pierre poursuivit l'activité de l'atelier, étroitement associé à son fils. Il embaucha plusieurs compagnons, mais préserva soigneusement les secrets de fabrication de son père, notamment ceux concernant les teintures de bois verdi et de noyer rougi.
Jean-François Hache fit en 1756 un séjour de quatre mois à Paris, au cours duquel il rencontra probablement Jean-François Oeben. De retour à Grenoble, il prit progressivement le relais de son père et imposa à partir de 1760 les styles Louis XV, puis Transition. Il diversifia sa production et commercialisa également des accessoires de décoration en bois, métal, cuir, et textile, ainsi que de petits objets domestiques.
Sensible à l'évolution du goût, il produisit des tables-consoles à la grecque, richement décorées, pour lesquelles il s'associa avec le sculpteur sur bois François Bassy. En 1787, il réalisa également les célèbres parquets du salon de l'hôtel de Lesdiguières à Grenoble.
Il se retira en 1788, laissant l'atelier à son frère Christophe-André, pour se consacrer exclusivement à un vaste projet immobilier visant à regrouper ses ateliers sur l'enclos des Bénédictins en plein centre-ville de Grenoble, une opération qu'il monta avec son neveu Roch Vincent. Durant la Révolution, la confiscation des biens du clergé et de nombreux conflits de voisinage entraînèrent nombre de litiges et de procès. Jean- François devint officier municipal de 1791 à 1793 dans les localités de Prunelle de Lière, puis de Barral. Mais en raison de sa fortune due aux nombreuses commandes de l'aristocratie et des nombreuses accusations dont il avait fait les frais dans l'affaire du Clos des Bénédictins, il finit par être considéré comme suspect et fut emprisonné avec son neveu du 31 décembre 1793 au 23 août 1794. La chute de Rosbespierre le sauva, mais souffrant de la goutte, il s'éteignit le 19 août 1796. Son frère Christophe-André poursuivit le négoce pendant quelques années, mais finit par mettre en vente l'atelier et le fonds des meubles le 13 mai 1801.

ARMOIRE «AUX RENOMMÉES» Par Thomas Hache à Chambéry (1664 1747) France, Chambéry, vers 1690 Bâti de sapin, ronce de noyer, bois indigènes teintés, bois noirci, scagliole H. 222 cm,…

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