Art d'Afrique et d'Océanie

Lots exhibition: jeudi 13 décembre - 11:00/21:00 - vendredi 14 décembre - 11:00/16:00
Sale: Friday 14 December 2018 - 15:30
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Auction house
Binoche et Giquello
Tel. 01.47.42.78.01
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66 Results

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Lot n° 61 - Ɵ Pagaie cérémonielle Iles Salomon, Mélanésie
Bois dur à patine brun foncé noir, traces de pigments, fibres végétales
L. 131,5 cm

Provenance:
- Pitt Rivers Museum, 1898
- Sotheby's, Londres
- Wayne Heathcote, Angleterre
- Collection privée

Exposition:
- Prêt à long terme au Metropolitan Museum of Art, New York

Bibliographie:
- Deborah B. Waite, Artefacts from the Solomon Islands in the Julius L. Brenchley Collection, British Museum Publications, Londres, 1987

Les pagaies des Iles Salomons varient à la fois dans leur forme et leur usage. Certaines étaient exhibées uniquement lors de festivités, d'autres brandies lors de danse accompagnant les conflits, d'autres encore maniées véritablement comme armes de combat.
Ici, la tête foliacée de cette exceptionnelle pagaie est gravée sur chacune de ses faces d'un visage, une longue nervure traversant la partie haute de la masse d'arme pour décrire ensuite le nez, percé au septum. Sous la prise, ligaturée d'un fin tressage en fibres végétales, la pointe de la pagaie est sculptée en haut-relief de deux bustes Janus opposés, aux têtes menacées par la gueule grande ouverte d'un crocodile. Le bois dense à la fibre tendue est rehaussé de pigments blancs et ocre rouge.
L'ensemble, façonné avec un grand luxe de détails malgré la contrainte matérielle, est probablement le plus bel exemplaire connu de son type.
Il est à comparer à une pagaie de l'ancienne collection Brenchley, découverte sur l'Ile de Santa Isabel en 1865 lors du voyage d'exploration du collectionneur sur la HMS Curaçoa, et conservée au British Museum, (D. B. Waite, ill. 199, planche 10). Et à une autre encore (op. cit, ill. 200, planche 10), également de même pedigree, conservée quant à elle au Maidstone Museum.

Ɵ Pagaie cérémonielle Iles Salomon, Mélanésie Bois dur à patine brun foncé noir, traces de pigments, fibres végétales L. 131,5 cm Provenance: Pitt Rivers Museum, 1898 Sotheby's, Lo…

Lot n° 62 - Ɵ Massue (u'u), Ile Nuku Hiva, Iles Marquises, Polynésie
Époque présumée: XIXe siècle
Bois dur à patine brun foncé noir nuancé rouge
L. 152 cm

Provenance:
- James T. Hooper, Arundel, vendue anonymement le 11 juillet 1973, lot 276 (Information donnée verbalement par Hermione Waterfield, le 10 octobre 1991)
- Lance Entwistle, Londres
- Collection privée américaine

De dimensions exceptionnelles par rapport aux autres massues polynésiennes, les u'u, propriété exclusive des guerriers, étaient semble-t-il sculptés en fonction de la taille de leur commanditaires. On pense ainsi que, posé verticalement, le casse-tête devait atteindre l'aisselle du guerrier, pouvant ainsi prendre appui sur lui. Le décor, apparemment stéréotypé d'une oeuvre à l'autre, se décline au contraire en une infinité de combinaisons.
Ici, sur chacune des deux faces, deux têtes de tiki rayonnant en haut-relief, reprennent le motif de tatouage ou « yeux brillants », connu chez les guerriers de Nuku Hiva. Une troisième tête de tiki elle aussi modelée, puis un regard étiré et centré d'un nez patté dominent une frise ornementale, distincte d'une face à l'autre. Le sommet évasé et concave de la tête est orné d'un visage en léger relief, en équilibre sur la première arête délimitant le visage principal. Le lustre profond est le résultat du lent polissage à la peau de requin, puis à l'immersion du u'u dans un champ de taro destiné à le noircir, et enfin au passage de l'huile de coco produisant ce bel aspect laqué.
Armes de combat redoutables, héritages transmis de génération en génération, les u'u sont parmi les productions les plus appréciées de l'art marquisien.

Ɵ Massue (u'u), Ile Nuku Hiva, Iles Marquises, Polynésie Époque présumée: XIXe siècle Bois dur à patine brun foncé noir nuancé rouge L. 152 cm Provenance: James T. Hooper, Arundel,…

Lot n° 63 - Ɵ Appuie-tête des Iles Tami, Golfe Huon, Province Morobé, Papouasie Nouvelle Guinée
Bois, pigments noir et blanc
H. 18 cm - L. 16 cm - P. 9,5 cm

Provenance:
- Galerie Alain Schoffel, Paris
- Collection privée

Exposition:
- Vision d'Océanie, Musée Dapper, Paris, 22 Octobre 1992 - 15 Mars 1993
- Prêt à long terme au Metropolitan Museum of Art, New York

Publication:
- Vincent Bounoure, Vision d'Océanie, Musée Dapper, Editions Dapper, Paris, 1992, p. 168

Référence:
- Pour un autre appuie-tête comparable: Musée d'Ethnographie de Budapest (56-819) reproduit dans Jean Guiart, Océanie, Ed. Gallimard, 1963, p.278, n°263.

‘Lorsque j'ai pris en main cet appuie-tête, il y a environ 30 ans dans une galerie de la rue Guénégaud à Paris, Alain Schoffel m'a longtemps commenté cet objet comme le plus important du corpus ! Et, j'ai regretté de ne pouvoir l'acquérir.'
Revoyant cet objet avec le recul et l'expérience de toutes ces années, l'impression reste la même: il est d'un volume et d'une qualité de sculpture exceptionnels aux Iles Tami.
Communication de Patrick Caput, octobre 2018.
C'est l'anthropologue hongrois Lajos Biró (1856-1931) qui collecte avant 1900 pour le Néprajzi Muzeum de Budapest, le premier lot de treize appuie-tête des Iles Tami.
Tibor Bodrogi (1924-1986) dans son ouvrage Art in North-East New Guinea, Budapest, 1961, classifie ces appuie-tête. Celui-ci relève du type 1 caractérisé par ‘le linteau porté par un seul personnage figurant au centre de la composition.'
Le personnage agenouillé, un peu pyramidal dans sa structure, forme cariatide entre la base et l'assise de l'appuie-tête. Il est légèrement décalé sur sa base, la partie gauche étant un peu en retrait. La tête très caractéristique des Iles Tami est ici particulièrement allongée, le visage est ponctué de deux gros yeux cerclés, le nez est long, les narines dilatées et la bouche s'ouvre sur une forte dentition.
Le mouvement des bras et des jambes est souple et élégant. La main gauche tient un coquillage Nassa et le coude repose sur une enfilade des mêmes coquillages. La main du bras droit soutient l'assise et se positionne devant une colonne de coquillages Nassa. La poitrine, le nombril et les genoux sont soulignés par un travail de cercles en creux. La tête porte une coiffe et le visage est encadré par des motifs triangulaires évoquant une barbe. Vue de dos, l'objet porte un pagne.
L'objet d'un bois semi-dur d'une teinte brun-rouge a été noirci dans ses parties planes et imprégné de blanc de Kaolin dans ses parties creuses.
Très beau camaïeu de couleurs dû à son long usage.
Enfin Vincent Bounoure dans l'ouvrage Océanie (Dapper), nous livre un commentaire très intéressant.
‘Trouvés tout au long de la Côte nord-est, ces appuie-nuque étaient fabriqués aux Iles Tami où, là seulement, ils servaient à dormir. La figure supportant le plateau représenterait l'ancêtre, soutien de l'homme et du monde. La corrélation étroite entre l'appuie-nuque et son propriétaire est révélée à l'occasion de la mort de ce dernier. Dans la soirée succédant au décès, les parents du mort se rendaient à l'endroit où il aimait se tenir pour mâcher son bétel. Ils y déposaient l'appuie-nuque, se cachaient et invoquaient la mort par les mots suivants: ‘Si tu es là, viens et emporte ton appuie-nuque et ton sac à bétel.'

Ɵ Appuie tête des Iles Tami, Golfe Huon, Province Morobé, Papouasie Nouvelle Guinée Bois, pigments noir et blanc H. 18 cm L. 16 cm P. 9,5 cm Provenance: Galerie Alain Schoffel, Par…

Lot n° 65 - Ɵ Massue courte wahaika, Maori Kawerau, Nouvelle-Zélande
Époque: XVIIIe-XIXe siècle
Bois dur à patine brun-rouge brillante, coquillage haliotis l. 42,5 cm - L. 12 cm

Provenance:
- Bonhams Londres, 17 juin 1991, (lot 165)
- Collection privée, New York

Publication:
- Charles Mack, Polynesian Art at Auction 1965-1980, Mack-Nasser Publishing, Northbor, 1982, p. 158, n° 3

Évoquant dans l'univers Maori la bouche d'un poisson, comme l'indique sa désignation locale, cette massue wahaika à la masse d'arme plane était destinée aux combats rapprochés, et permettait une attaque efficace et rapide. La prise courte est ornée à la base de deux volutes évoquant les tatouages ou moko des guerriers, deux têtes de tiki, aux traits partiellement lissés par l'usage, sculptés sur les bords latéraux. Une seconde représentation en pied est figurée dans le prolongement de la garde, bras et jambes en crochets, la tête ouvrant grand, le regard orné, comme plus bas, de nacre. Des incisions précises détaillent le visage et les ornementations corporelles. Surprise ou tendue vers l'assaut, l'effigie est nerveuse, concentrée. La manipulation régulière de cette arme a magnifiquement patiné le bois de teinte chaude, lissant aussi le décor dont les lignes se fondent dans la matière. Le percement de suspension quadrangulaire permettant de porter l'arme à la ceinture avère une grande ancienneté.
Ce wahaika est un très bel exemplaire du type, dont la forme curvilinéaire est propre aux seuls Maori.

Bibliographie:
- Allen Wardwell, Island Ancestors: Oceanic Art from the Masco Collection, The Detroit Institute of Arts, Washington University Press, Seattle, 1994, page 218
- John Charles Edler, Terence Barrow, Art of Polynesia: Selections from the Hemmeter Collection of Polynesian Art, Hemmeter Publishing, Honolulu, 1990, page 96

Ɵ Massue courte wahaika, Maori Kawerau, Nouvelle Zélande Époque: XVIIIe XIXe siècle Bois dur à patine brun rouge brillante, coquillage haliotis l. 42,5 cm L. 12 cm Provenance: Bonh…

Lot n° 66 - Ɵ Écope de pirogue de guerre (tiheru ou tata), Maori, Nouvelle-Zélande
Époque: Début du XIXe siècle
Bois dur à patine brune
H. 47 cm - l. 24,1 cm

Provenance:
- Collection Stephen Kellner, Sydney
- Collection Raymond Wielgus, Chicago
- Art Institute of Chicago
- Collection privée, New York

Ample écope présentant une prise cylindrique gravée en son sommet d'un motif protecteur de manaia, la base de l'objet ornée d'une bouche à la langue tirée et d'un regard, l'ensemble traité en volutes et courbes caractéristiques figurant aussi sur la proue et la poupe des embarcations Maori. Le caractère sacré de cette oeuvre, indispensable à la survie des guerriers en cas de mer agitée, explique la présence de ces dessins protecteurs que sont les manaia, esprit de l'homme oiseau, agissant contre les forces négatives, et intercesseurs entre le monde des vivants et des morts.
Ce type d'oeuvre, particulièrement rare en main privée, est sporadiquement présent dans les collections de quelques musées. Ainsi, le National Museum of New Zealand de Wellington, conserve un exemplaire très proche (ME. 590) décrit comme de la période Te Huringa I (Cf. Te Maori, page 206). De style Ngati Porou, il est caractéristique des productions de la région de Gisborne sur la côte nord-est de l'Ile du Nord du début du XIXe siècle. Sous l'oeuvre, un numéro peint en blanc 1972.450; et un autre en rouge RW 69-288

Ɵ Écope de pirogue de guerre (tiheru ou tata), Maori, Nouvelle Zélande Époque: Début du XIXe siècle Bois dur à patine brune H. 47 cm l. 24,1 cm Provenance: Collection Stephen Kelln…

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