arts d'Afrique et d'Océanie

Lots exhibition: mercredi 13 novembre - 11:00/18:00 - jeudi 14 novembre - 11:00/16:00 - jeudi 14 novembre - 11:00/18:00
Sale: Thursday 14 November 2019 - 15:30
Salle 9 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Binoche et Giquello
Tel. 01.47.42.78.01
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Lot n° 8 - Fétiche Téké, République Démocratique du Congo
Époque présumée: fin XIXe siècle Bois dur à patine brune, résine, cauris, porcelaine marine, corne, éléments composites, fibres végétales
H. 50,8 cm

Teke fetish, Democratic Republic of the Congo
H. 20 in

Provenance:
- Collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française

Reproduction:
- Raoul Lehuard, Les Arts Bateke, Editions Arts d'Afrique Noire, Arnouville, 1996, p. 281, fig. 16.1.3

Les Téké forment une population bantoue dont l'histoire connue remonte au XVe siècle. Géographiquement ils sont répartis sur trois pays, le Congo, la République Démocratique du Congo et le Gabon. Dans le domaine des arts, ils sont réputés pour leurs nombreuses statuettes au style bien défini, réceptacles de charges magiques -ou bilongo- souvent disparues aujourd'hui.
Il fallait bien une solide paire de jambes pour que l'exemplaire de la Collection Maurice Nicaud puisse supporter la profusion de charges magiques dont il est affublé. Son corps est de construction très classique, les bras à angle droit plaqués le long du tronc. Le cou, à saillie médiane supporte l'important volume de la tête au noble visage orné d'une petite barbe en pointe.
Ses importants bilongo -abdominal, frontal et occipital- ornés de cauris et coquillages, et le remarquable collier composite au centre duquel pointe une corne lui confèrent sa puissance et sont autant de preuve de son appartenance à un notable de premier rang de la société Téké.
Si les œuvres Téké ne sont pas rares tant dans les collections publiques que privées, il est exceptionnel qu'un exemplaire aussi complet et important soit parvenu jusqu'à nous. Ici la qualité de la sculpture, la profondeur de la patine et le bel agencement des charges adjointes permettent d'affirmer que nous sommes en présence d'une des plus belles réalisations magiques et artistiques de cette ethnie pourtant si prolixe.

Fétiche Téké, République Démocratique du Congo Époque présumée: fin XIXe siècle Bois dur à patine brune, résine, cauris, porcelaine marine, corne, éléments composites, fibres végét…

Lot n° 9 - Masque kpwan Baoulé, Côte d'Ivoire
Bois à patine brune, pigments rouges et noirs
H. 36 cm

Baule kpwan mask, Ivory Coast
H. 14.1 in

Provenance:
- Collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française

Les masques du goli constituent probablement la famille de masques la plus importante au sein de la culture Baoulé. Ils interviennent en période de danger, lors d'épidémies ou de cérémonies funéraires. Leur action doit permettre d'instaurer un lien entre les forces surnaturelles (amwin) qui peuvent exercer sur la vie des hommes une influence positive, ou négative si elles ne sont pas apaisées. (In. Masques Africains - L'Autre visage de la collection Barbier-Mueller, p. 116)

Visage anthropo-zoomorphe sculpté d'un regard en grain de café inscrit sous une arcade sourcilière en accolade. Le nez droit domine une bouche ouverte, par laquelle le regard était autorisé. Des chéloïdes marquent front, tempes et joues, un décor en chevrons borde la ligne du visage. Un élément postiche, rectiligne, descend du menton, tandis que deux cornes se recourbent à l'arrière de la tête. Il s'agit de la représentation de kpwan kple, la fille du goli glin, qui remplace dans le sud-est du territoire Baoule le masque kplekple.

Cf. L'art Baoule - du visible et de l'invisible, p. 175 (haut, gauche) ancienne collection Harold Rome pour un exemplaire apparenté.

Masque kpwan Baoulé, Côte d'Ivoire Bois à patine brune, pigments rouges et noirs H. 36 cm Baule kpwan mask, Ivory Coast H. 14.1 in Provenance: Collection Maurice Nicaud, Paris Coll…

Lot n° 11 - Figure de reliquaire Kota, Gabon
Bois dur, cuivre, laiton
H. 56,4 cm

Kota reliquary figure, Gabon
H. 22.2 in

Provenance:
- Collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française

Cette effigie de reliquaire mbulu-ngulu témoigne, au sein du maillage culturel que constitue l'ethnie Kota, de la spécificité plastique du groupe Obamba, présente au sud du Gabon.
Le visage, concave-convexe, est marqué par un front proéminent traversé par une bande sourcilière plaquée, creusée d'une profonde gorge. Les yeux en cabochons circulaires sont maintenus par une vis de fusil européen, arme de traite généralement fabriquée en Angleterre ou en France entre 1780 et 1820. La bouche est embossée en deux courbes superposées traversant une bande de cuivre, qui parcourt verticalement le visage. Les deux ailettes latérales se prolongent en deux pendeloques cylindriques. Un large croissant sommital se déploie, débordant la largeur de la face, un blason central en éventail le décore en une série de piquetages. Soutenant le visage, le cou est travaillé en une succession de motifs annelés. Le losange, destiné à ficher l'objet dans son panier reliquaire, est plaqué quant à lui sur sa moitié supérieure. Au revers, l'âme en bois dense présente un motif de losange en haut relief, étiré sur toute la hauteur de l'objet. Les agrafes, comme les plaques de métal, revèlent une grande ancienneté.

À l'intérieur d'un style classique identifié dans l'étude d'Alain et Françoise Chaffin sous le groupe 17 (L'art Kota, pages 214 à 224), ce reliquaire se distingue par ses proportions équilibrées, et l'intensité mystérieuse de son regard. Époque présumée: fin XIXe siècle.

Figure de reliquaire Kota, Gabon Bois dur, cuivre, laiton H. 56,4 cm Kota reliquary figure, Gabon H. 22.2 in Provenance: Collection Maurice Nicaud, Paris Collection privée français…

Lot n° 13 - Masque-heaume zoomorphe - Cracheur de feu, Sénoufo, Côte d'Ivoire
Bois et pigments naturels
L. 83,5 cm - l. 22,6 cm

Zoomorphic helmet-mask - Fire-eater, Senufo, Ivory Coast
L. 32.6 in - W. 8.6 in

Provenance:
- Collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française

Publication :
Marceau Rivière, Les chefs-d'oeuvre africains des collections privées françaises, Editions Philbi., Paris, 1975, p. 36.

La population Sénoufo occupe la région nord de la Côte d'Ivoire, et le sud du Mali, dont elle est la principale composante ethnique dans laquelle s'est fondue la religion islamique. Cette mixité avec l'Islam n'empêche pas la survivance d'une culture animiste dans laquelle la société des masques garde une place importante notamment avec ces masques-heaumes zoomorphes. Et, c'est l'institution du Poro, base de la vie communautaire, qui initie les jeunes et les accompagne dans leur vie d'adulte.
Durant les cérémonies agricoles ou les rites funéraires, les esprits des ancêtres et les génies de la nature régissaient depuis toujours la vie de la population et se manifestaient à travers ce très élégant masque-heaume zoomorphe. Il trouve son équilibre entre la gueule ouverte du crocodile aux dents menaçantes sous un long nez fin et ses longues cornes incurvées de gazelle, qui partent du sommet du heaume. L'appendice des oreilles parallèle aux cornes, rabattu, allongé, donne vie à la course de l'animal.
Le mélange de cette patine d'usage noire et profonde sur le sommet du heaume et de ces pigments naturels rouges et blancs donne ce surcroît de vie à ce masque-heaume lui conférant une esthétique exceptionnelle.

Masque heaume zoomorphe Cracheur de feu, Sénoufo, Côte d'Ivoire Bois et pigments naturels L. 83,5 cm l. 22,6 cm Zoomorphic helmet mask Fire eater, Senufo, Ivory Coast L. 32.6 in W.…

Lot n° 18 - Cimier tji wara Bamana, Mali
Bois dur à patine brune, métal
H. 61 cm

Provenance:
- Collection Maurice Nicaud, Paris
- Collection privée française

Reproduction:
- Dominique Zahan, Antilopes du soleil
- Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, planche 43, fig. IM 156

Les Bamanas sont un peuple mandingue principalement implanté au Mali. Six sociétés initiatiques régissaient leur vie sociale et religieuse et l'ensemble de la communauté masculine passait de l'une à l'autre suivant de complexes cérémonies de passage de grade accompagnées par des masques distincts, le plus souvent zoomorphes. La cinquième société était la société tji wara dont les danses exaltaient la fertilité de la terre et de l'ensemble de la communauté. Les cimiers étaient toujours portés par paire, l'entité masculine évoquant le soleil, la féminine, la terre. Les mythes fondateurs bamanas nous enseignent par ailleurs qu'une antilope-cheval (Hippotragus equinus) mâle a offert à l'homme la première céréale et lui a enseigné l'agriculture.
Debout, comme à l'arrêt sur une petite base rectangulaire, notre animal mythique supporte de ses longues pattes un corps stylisé à l'extrême. Le long cou en zigzag renvoie vers l'arrière, dans une position de défiance, l'importante tête surmontée de trois cornes et encadrée d'oreilles immenses. Si de face son faciès paraît humain -surmonté de ses cornes il ressemble à un masque-, le profil montre clairement une gueule largement fendue comme un hennissement de douleur.
Les belles solutions plastiques proposées ici par un sculpteur de grand talent, notamment dans l'attache des membres et le traitement du corps et du cou, confèrent à ce cimier un rang premier dans le corpus des œuvres Bamana connues à ce jour. Sa magnifique patine noire et laquée montre un usage répété et portant tout le soin et la vénération dont il était l'objet au sein de la société des danseurs de l'époque.


Bamana tji wara headdress, Mali
H. 24 in

Provenance:
- Former Maurice Nicaud collection, Paris
- French private collection

Reproduction:
- Dominique Zahan, Antilopes du soleil
- Arts et Rites Agraires d'Afrique Noire, Edition A. Schendl, Vienne, 1980, planche 43, fig. IM 156

The Bamanas are a Mandinka people mainly settled in Mali. Their social and religious life was organised by six initiation societies. All the male members of the community progressed from one to the other, after complex rites of passage involving distinct, mostly zoomorphic masks. The fifth society was the tji wara society, with dances exalting the fertility of the soil and of all the community. Crest masks were always worn in pairs, with a male element evoking the sun, and a female element illustrating the earth. The Bamanas' founding myths recount that a male roan antelope (hippotragus equinus) brought the first cereal to the humans and taught them agriculture.
As if posed at a standstill on a small rectangular base, our mythical animal stands on long legs supporting an extremely stylised body. In an attitude of distrust, the large head is thrown backwards by the long, zigzagging neck. The head is crowned with three horns and framed by huge ears. While the face seems human the profile clearly shows an animal's mouth open in a primal scream.
The great skill shown by the talented sculptor, especially the way the limbs are joined to the body, and the work on the body and neck, gives the crest mask a prominent place among the Bamana works that have come down to us. The magnificent black patina shows repeated use and consequently all the care and veneration given to the object in the society of dancers from the period.

Cimier tji wara Bamana, Mali Bois dur à patine brune, métal H. 61 cm Provenance: Collection Maurice Nicaud, Paris Collection privée française Reproduction: Dominique Zahan, Antilop…
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