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Auction highlights

MILLON - Collection Aurance
Wednesday 18 September 2019
Mercredi 18 septembre, la maison Millon dispersera à Drouot la précieuse collection d’art précolombien de Manichak et Jean Aurance. La collection de Manichak et Jean Aurance est le fruit d’une rencontre inattendue.

Alors que l’exposition « Chefs-d’œuvre d’Art Mexicain », au Petit Palais en 1962 les avait émerveillés, c’est au feu de la rue Bonaparte, un soir d’hiver 1963, que leur regard se pose sur la seule vitrine éclairée de la rue, celle de la célèbre galerie Le Corneur. De cette découverte artistique est née une passion.

Dès le lendemain, le jeune couple se précipite dans la galerie de Monsieur Olivier Le Corneur. Le marchand d’art et collectionneur témoigne alors de son amour pour les pièces qu’il présente, ouvrant tous les tiroirs, montrant chaque objet. Avec patience, il en explique l’origine, le contexte de réalisation. Ce jour-là, Manichak et Jean repartent éblouis avec leur première pièce : une statue Colima qu’ils apprécient pour la singularité de son profil, un grand nez qui leur évoque « celui du Général ». Débute alors une profonde amitié avec Monsieur Le Corneur.
 
   


C’est ainsi que naît la collection Aurance. Au croisement d’une passion naissante pour les arts précolombiens de deux artistes, mari et femme, et de la relation étroite se nouant avec leur marchand. Le tandem Olivier Le Corneur et Jean Roudillon, très vite célèbre sur le marché des arts extraeuropéens, les guide dans leurs acquisitions et leur permet également de rencontrer un nombre important d’antiquaires et de collectionneurs tels que Gérald Bejonneau, Charles Ratton, Henri Kamer mais aussi Messieurs Perpitch, Audoin, Rasmussen ou encore Pierre Langlois. Jean et Manichak savourent cette effervescence. Eux qui ont vécu les privations de la Guerre vivent avec excitation la profusion d’objets qui arrivent sur le marché.

Lui, diplomé des Beaux-Arts de Paris, devient illustrateur de dessins-animés chez Paul Grimaut puis designer pour le cinéma et la publicité. Elle, sort des Arts décoratifs, devient graphiste puis travaille plus de trente ans pour l’ORTF. Tous deux ont un point commun : un regard d’artiste, une même quête esthétique. Au fil du temps, leur collection s’enrichit de plusieurs oeuvres maîtresses telles que les déesses aztèques Coatlicue et Chalchiuhtlicue ou encore le Prêtre-Seigneur maya de l’île de Jaïna.

Les objets sont sélectionnés pour leurs courbes, volumes et proportions. Chacune des œuvres est préservée en l’état, sans dénaturation ni restauration, afin de conserver son authenticité archéologique. Manichak et Jean se plaisent à dire qu’ils étaient les gardiens fidèles de leurs acquisitions et se devaient de les transmettre dans leur intégrité.

Constituée année après année, avec amour et passion, cette collection qui a rempli leur vie est aujourd’hui dispersée sous le feu des enchères. Conservée dans une magnifique demeure Art Déco, nichée sur le bord d’un lac au cœur du Vésinet, elle est le reflet d’une vie de bonheur, de découvertes, d’interrogations et de rencontres. Aujourd’hui, Manichak se souvient de l’histoire de chaque acquisition et des moments de complicité partagés avec son mari et souhaite voir naître de nouvelles vocations.
 
   
Pierre volcanique sculptée et polie.
Aztèque, Mexique. Époque Impériale, 1400-1520
34,9 x 20,2 x 22,8 cm
Estimation : 50 000 - 80 000 €


Cette sculpture Aztèque, sculptée en pierre volcanique au Mexique pendant la période Impériale (1400-1520), représente la déesse de la fertilité et de la terre Coalticue. Elle se trouvait probablement dans un temple de la grande cité de la Tenochtitlán.

Coatlicue occupe une place prépondérante (selon le codex de Florence) dans le panthéon des divinités aztèques. Elle est la déesse de la fertilité et de la terre dans la mythologie. Surnommée « Mère des Dieux », elle donne naissance à la Lune, aux étoiles et au Dieu du Soleil et de la Guerre Huitzilopochtli. Elle était également nommée par les aztèques Toli, qui veut dire « Notre Grand-Mère ». Ses doigts de pieds joints dans une contorsion témoignent de sa nature divine. Les représentations de Coatlicue sont très rares, la plus connue est une immense sculpture monolithique découverte par l’astronome Antonio de Leon y Gamaen en 1790 lors des travaux de restauration de la cathédrale de Mexico.

Les attributs, les parures et les vêtements diffèrent sur chaque représentation de la divinité, tout comme les postures. Cependant sa poitrine reste flasque et étirée du fait de l’allaitement.

 
            
Pierre volcanique sculptée et polie.
Aztèque, Mexique. Époque impériale, 1350 - 1521
32,4 x 17,5 cm
Estimation : 40 000 - 60 000 €
Ce qui caractérise le mieux la collection Aurance, c’est la recherche de la vérité archéologique. Un objet sorti de terre doit être présenté tel quel. Pas de résurrection grâce à la magie d’un talentueux restaurateur. La folie du parfait état pour certains collectionneurs a poussé, parfois, le milieu marchand a leur donner satisfaction. Ce qui conduit à ce que j’appelle les objets « photoshop » : aucune cassure, aucune fêlure. Alors, on rebouche, on recolle et on complète. Voici l’objet parfait. C’est ainsi que la beauté des mannequins est magnifiée dans les magazines. L’effet photoshop !! Heureusement il y a des exceptions. Jean et Manichak Aurance ont compris que le fragment d’un objet créé par un grand sculpteur apportait plus d’émotion que l’objet complet de faible facture. C’est le point important qui doit nous conduire dans l’analyse et l’acquisition des objets Aurance… Attention : il y a des « gueules cassées » qui sont des chefs-d’œuvre. Gérald Berjonneau, co-auteur de « Chefs-d’oeuvre inédits de l’art précolombien » - Payot 1985

 
Chalchiuhtlicue, en nahuatl signifiant « Celle qui porte une jupe de jade », est l’une des principales déesses aztèques. Elle est celle des eaux vives, des rivières et des lacs. Elle était particulièrement vénérée dans le haut plateau central mexicain. Épouse de Tlaloc, mère de Tecciztecat, elle règne sur Tlalocan et personnifie la pureté de l’eau. Elle est à ce titre considérée comme la protectrice des naissances et des bains purificateurs qui accompagnaient la venue au monde d’un nouvel être. Également redoutable, elle pouvait faire apparaître les ouragans ou les tourbillons et causer la mort par noyade des malfaisants.

Cette œuvre se caractérise d’abord par son huipil étagé, unique en son genre. La présence de deux nattes latérales caractéristiques, la coiffe accentuée par des motifs symboliques évoquant probablement des planètes ainsi que l’architecture parfaite de ses proportions sont remarquables. Le modelé intense du visage peut quant à lui sans nul doute la classer parmi les plus belles sculptures connues de ce type.
 
Terre cuite polychrome.
Maya. Époque Classique, 600-900
42,3 x 12 cm
Estimation : 4 000 - 7 000 €

Un important et singulier vase Maya sera également proposé aux enchères. Sur celui-ci est représenté un probable masque personnifiant le dieu Chaac, porté par les prêtres au cours des cérémonies. Le décor de ces vases était souvent peint par les seigneurs eux-mêmes, qui rivalisaient de dextérité afin d’en obtenir un rendu des plus aboutis. Le dieu Chaac, divinité de la pluie et de la fécondité, est l’un des plus importants du Panthéon Maya. Il existe sous quatre formes différentes, liées aux quatre directions de l’univers, chacune d’elle associée à quatre couleurs. Il est le créateur de la pluie, produit les éclairs et fabrique la foudre avec des haches de pierre. On le trouve le plus souvent représenté avec un long nez à déformation grossière, deux crocs recourbés et une coiffure élaborée.
 
Terre cuite orangée avec restes de polychromie
Maya, île de Jaïna, État de Campeche. Mexique.
Époque Classique, 550 - 900
28 x 11 x 9 cm
Estimation : 5 000 - 8 000 €


L’art Maya se révèle à son apogée dans la production de statuettes en terre cuite comme celle-ci. Elles représentent entre autres, des scènes de la vie quotidienne, des nobles vêtus de leurs plus beaux ornements, des guerriers ou bien encore des prêtres (telle que cette statuette). Provenant pour la plupart de l’île de Jaïna, située au large de la Côte Ouest de la péninsule du Yucatan, ces œuvres témoignent d’une grande richesse historique et stylistique. L’île abritait notamment un centre cérémoniel de première importance entouré d’habitations modestes. Un grand nombre de sépultures – on en compte environ vingt mille – indique que Jaïna servait de nécropole à la population du continent durant au moins cinq siècles.

Cette œuvre se distingue par sa taille importante, la noblesse du prêtre représenté en position hiératique et l’association de celui-ci au jeu rituel de la pelote. Son visage présente les traits caractéristiques Mayas : le front plat, les yeux étirés sous l’effet de la compression crânienne, le nez fin et longiligne prenant sa source au centre du front et les lèvres ourlées, dessinées avec soin.
 
Vente aux enchères publique - Drouot - Salle 4
Mercredi 18 septembre - 15h

Exposition publique - Drouot - Salle 4
Samedi 14, lundi 16
et mardi 17 septembre - 11h / 18h
Mercredi 18 septembre - 11h / 12h

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CARNETS DE VOYAGE

Lots exhibition: mardi 17 septembre - 11:00/18:00 - mercredi 18 septembre - 11:00/12:00
Sale:
Salle 4 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
Auction house
Millon
Tel. 01 47 27 95 34

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